Mardi 01 Mai 2001  

L’humilité et la douceur de la Vierge dans l’imagination médiévale, 

sa blancheur et son parfum délicat.  Il fleurit au moment de l’Annonciation.

 

 

11h36 : Un cœur simple

Une heure et demie que je suis réveillée et je ne me sens capable que maintenant d'attraper mon clavier pour tout vous raconter... J'ai retrouvé Peter vers 21h à l'arrêt de bus. J'étais trop rafraîchie par l'attente pour marcher jusqu'au QG, nous nous sommes donc rendu là bas en métro. Après un petit moment de réflexion nous avons opté pour un billard dans un lieu très cher à mon cœur. Le lieu de toutes mes victoires, le pub de mes amours de jeunesse, notre antre de perdition avec Chiara. Nous nous sommes installés, avons commandé un breuvage et mis les boules sur la table, du bleu sur nos "procédés"... J'avais un peu perdu la main par rapport à ma "grande époque" mais j'ai quand même, de plus en plus facilement, gagné les trois premières parties, au grand dam de Peter qui commençait à se poser des questions sur cette jeune fille d'apparence plutôt maladroite qui s'avérait plutôt douée finalement... héhé, bien sûr, je ne m'étais pas étendue sur mon passé de joueuse... Entre les parties, nous entamions de grandes conversations philosophiques sur les rapports humains sans toutefois aborder le sujet de notre avenir commun...

 

Vers 1h, alors que nous allions entamer notre 4ème partie, une bande de racaille s'est installée à notre table où seule présence de notre passage subsistaient encore nos sacs et nos manteaux. Je déteste les a priori et je chariais un peu Peter quand il jeta un regard sombre vers nos affaires : "Alors Peter on a la peur de l'arabe ? Tu sais, faut arrêter de penser que parce qu'ils sont habillés par Lacoste, ce sont forcément des voleurs !" Nous avons continué à jouer... Et puis, machinalement, j'ai jeté un oeil entre deux boules... L'un d'eux avait littéralement la main dans mon sac ! Il faisait doucement coulisser la fermeture éclair, fragile hymen le séparant de mes trésors et autres carte bleue... Je m'approchais, étrangement calme, lui souris et pris mon sac en retirant sa main, puis mon blouson sans mot dire, devant la bande des gars qui observaient leur pote, rouge de honte, qui me dit tout à fait innocemment : "ah ? C'est ton sac ? (piqué au vif) Ben tiens, r'prends le !!". Ce n'est que dix minutes plus tard que je m'aperçus que j'avais oublié de reprendre également mon paquet de cigarettes, sur lequel trônait, d'après mes souvenirs, sous mon briquet également oublié...

 

"Excuse moi, ça ne t'ennuierait pas de me rendre mon paquet ? Tu sais, celui qui se trouvait devant toi, là, juste en dessous de briquet que tu vois là ?"..."- Zy va, j'lai pas ton paquet, bouge de là..." Je crois que ce jeune homme et moi souffrions d'un notoire manque de communication, et je décidais à me montrer plus explicite, tout en gardant le fair play qu'il sied dans ce genre de conversation avec des êtres de lumière susceptibles de posséder un cran d'arrêt... J'ai montré que je n'étais pas dupe, que moi non plus je ne roulais pas sur l'or, que je voulais bien les "dépanner" en clops mais qu'ils aient au moins la décence de m'en "lâcher" à moi aussi, quelques unes... Je fouillais au fond de ma mémoire pour retrouver des paroles plus usitées depuis mes années collège comme "arrête de ça, ça s'fait trop pas d'voler une meuf, t'as pas d'honneur ou quoi ? " et d'autres choses de ce genre... Surtout ne pas faire mon intello, ne pas instaurer de barrières, parler doucement, la main sur le cœur, montrer qu'on a pas peur, qu'on est comme eux, pas d'agressivité mais de la poigne... Je savais bien que mon paquet était perdu, que le type n'oserait pas, devant tout le monde, avouer son larcin, mais une force m'amenait à le pousser dans ses dernier retranchements, je voulais qu'il ait honte... 

 

Je décidais de porter un coup terrible à sa virilité... (non, pas celle là, celle là, j'aurais bien aimé aussi y donner un coup de canne bien placé mais ça aurait fait désordre au milieu de tous ces jeunes...) Je préférais plutôt le prendre pour un enfant. Me penchant tout prêt de lui je lui dis : "On va dire que ce paquet n'a pas été volé, qu'il a simplement disparu, on va dire que je vais retourner jouer tranquillement et qu'il va réapparaître là, sur cette table, pendant que j'aurais le dos tourné". "- Comme la petite souris ?" dit l'un deux auquel il manquait 4 dents de devant et pas mal de neurones... "-voilà mon pote, comme la petite souris" (dis-je en pensant, que la petite souris avait dû pas mal lui rendre visite vu sa dentition...) Je retournais jouer notre dernière partie et ne la gagnais pas, sans doute tirais-je trop fort, avec trop de rage... Ou peut être que d'un coup, Peter devînt bon... ;o) Pendant ce temps, notre Peter restait à l'écart, et je l'en remerciais vivement... Un mot, un geste de lui et ça aurait la bagarre... Je le regardais dans son imper écossais Burbe, son col roulé beige impeccable, son grand parapluie et son sourire distingués et trouvais que c'était plutôt une bonne chose qu'il reste en dehors de "l'embrouille"... Là où il me déçu un tantinet c'est quand il proposa que l'on quitte l'endroit... Et puis c'est tout ??? Non mais on ne va pas leur faire ce plaisir ! Déjà qu'ils ont mes clops je ne vais pas leur laisser ma table ! On finit lentement la partie et je retournais voir mes nouveaux amis pour juger, très déçue, que mon paquet n'avait toujours pas refait surface... Je vous avoue que mes mains tremblaient d'envie de pousser la table de manière à coincer ce gros connard dans une sorte d'étau près de la fenêtre mais ma bonne éducation et la présence de Peter m'en empêchèrent... Mais que faisait donc Batman pendant ce temps là ?? (Sans doute était-il occupé à frapper Jean Ed à coups de marteau pendant que Loana s'échappait du loft...) Je ne pouvais décidément ne compter que sur moi...

 

J'usais de ma tchatche pour rallier toute la bande à ma cause, partagée entre le sentiment insupportable de devoir avoir une attitude de supplique pour un bien m'appartenant et sachant pertinemment que c'était là la seule attitude à avoir... Le moment le plus extrême, celui où je dus réunir toute ma patience et ravaler ma colère fut celui où, plutôt généreusement, et après avoir sorti mon paquet de sa poche en me disant que c'était le sien, l'exécrable blatte me tendit 2 cigarettes en me disant qu'il me les offrait de bon cœur. Un seul de mes regards le fit se lever de sa chaise, me dominant d'une bonne tête avec l'air de dire "bon, ça a assez duré maintenant si tu continues je vais me fâcher..." Quelques joutes de pupilles plus tard, tous ses potes m'offrir tour à tour leur paquets de cigarette pour que je m'en aille... Je refermais leurs mains sur leur objets en les remerciant, ajoutant que je n'étais pas là pour les déposséder mais juste pour qu'ils fassent remarquer à leur ami, une fois que j'aurais quitté les lieux, qu'il n'avait aucun respect, aucun honneur et que c'était un peu la honte de se balader en sa compagnie... Après m'avoir courtoisement salué, les types ont entouré leur pote et j'ai profité de leur dispute pour m'éclipser... Les larmes me montant aux yeux sitôt la porte de l'établissement passée... Peut être aurais-je du avoir des a priori finalement...

 

J'aurais dû le frapper ce gros connard, ici, je peux bien le dire... :o( J'ai ravalé ma colère tout le long du trajet pendant que Peter essayait de me faire rire... Nous sommes rentrés à pieds et peu à peu la conversation a basculé sur "nous deux"... Ce n'était pas une nuit à bisous... Je n'étais pas emballée, si vous me passez l'expression ;o) Peter a tôt fait de me refroidir en me parlant de son ex, du fait qu'il se demandait s'il était vraiment capable de s'offrir à quelqu'un. Que s'il n'avait pas réussi avec elle, qui pourtant l'avait aimé pour deux, il craignait de ne pas savoir "donner". ça va merci, j'ai compris le message... Je le laissais à son indépendance, contente, pour une fois, d'avoir compris qu'il n'était pas le bon avant de trop lui avoir offert de ma personne... Sa rupture est trop fraîche et je n'aime pas la distance qu'il met dans ses relations avec les autres. Je n'aime pas le fait qu'il ne sache s'impliquer ni en amour, ni au nom de la justice... Je lui proposais donc, pour un temps (comprendre : avant que je ne me lasse) de rester son amie, son oreille attentive, puisqu'apparemment c'est la seule chose dont il ait besoin. Il me raccompagnât galamment et m'envoyât même un sms une heure plus tard qui disait : " 3 à 1, j'ai perdu cette fois mais je serais redoutable pour la revanche... Bon muguet, Peter" Voilà mes amis, la triste histoire de ma soirée d'hier. Me voilà rendue loin des loups, dans ma bulle, et croyez moi je m'y sens bien...

 

19h16 : Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent...

Je vais écrire ici une chose extraordinaire : je n'ai rien contre le fait de retourner bosser demain. Ne vous y fiez pas trop, je sais que si ça ne me fait rien c'est que demain c'est mercredi et qu'en me levant je pourrais me dire : "après demain c'est de nouveau un week end de 4 jours !" ;o) Incorrigible la petite Scrib'... Je suis fatiguée et ne pense qu'à une chose, manger un grain de raisin, un demi macaron, et plonger sous la couette pour regarder la télé avant d'éteindre... William Wallace est enfin épinglé sur mon mur. Il a belle prestance son épée à la main et les cheveux en "bataille"... Près de lui cette phrase : "every man die, not every man really lives..." Soudain, la révélation ! J'aime plus les hommes à épée que les hommes à parapluie, je les aime échevelés plutôt que coiffés à la Brandon Walsh... Je suis revenue au bercail de mes rêves, pardon messieurs, j'hiberne, réveillez-moi si l'un de vous vaut vraiment la peine d'être traité en héros !

 

Béca vient de partir. Nous avons passé une charmante après-midi. Je sais désormais user de tous les effets compliqués de mon caméscope ! Yalhaa ! J'ai commencé par filmer ma plus vieille copine façon Mireille Dumas. "Présente toi", "si tu était une fleur...", "quelle phrase résume pour toi notre amitié ?", "quel message souhaites tu transmettre aux peuples extra terrestres qui peupleront un jour notre terre ?" etc... Elle a fait de même pour moi... Mon Dieu que je suis laide... Il faut vraiment que je me fasse refaire le nez, et liposucer de toute urgence !! Nous sommes passées ensuite aux choses pas sérieuses... J'ai conçu le projet "fou" de refaire le casting du loft. Ma blonde préférée a joué "Loana" et j'ai fait un mix des autres. De l'impro à couper le souffle ! Hey ! Nous sommes les nouvelles "Eric et Ramzy" arf... Lorsque nous avons repassé nos scènettes sur la télé nous nous sommes crampées de rire (comme si nous manquions de magnésium, oui, voilà !) Je ne suis pas belle, mais alors, laissez-moi vous dire que je suis très drôle à voir ! Je ne savais pas à quel point j'étais capable de dire de si grosses bêtises en gardant un calme olympien ! Ma pauvre Béca  était obligée de faire de nombreuses pauses tant son rire parkinsonnait l'image ! Après mûres réflexions, nous nous sommes rendues à l'évidence : je joue exactement comme Marina, la fille des Robins des bois et suis bien meilleure sur un registre de dérision que sur du Corneille. Ah ! Si Maurice Attias, mon prof des cours Florent m'entendait, lui qui m'avait plébiscité pour jouer Phèdre au spectacle de fin d'année... Vous trouvez que je me lance des fleurs depuis deux jours entre mes victoires au billard et mes talents de comédienne ? Je ne sais bien faire que cela, alors, autant le signaler. Je fais tant d'autres choses très mal ;o)

 

Je suis un peu grise de ne pas avoir eu un brin de muguet pour parfumer ma chambre. Ce sont pourtant mes fleurs préférées... Silvio, il y a trois ans, alors que nous n'étions que des amis, m'en avait offert un petit bouquet. Je le revois là, près de ce café, m'attendant, ses petites clochettes blanches à la main et je sens monter une grosse bouffée d'amour en repensant à lui... Ces derniers temps notre complicité passée me manque et pas un jour ne passe sans que je songe à ma chère Bem et à ses petites princesses... Et "elle", la nouvelle, l'aime t'elle autant qu'elle m'a aimée ? A-t-elle de longues conversations le soir en la prenant dans ses bras comme elle le faisait avec moi ? J'ai envie d'écrire ici un petit secret, je me doute que Bem ne me lit plus alors je me le permets... Je meurs d'envie qu'un jour mon ancienne "belle doche" m'appelle pour me dire qu'elle aussi m'a gardée une place dans son cœur et qu'elle est toujours cette grande sœur affectueuse et drôle que j'admirais tant... Quand je la revois en photo, je repense au pain chaud qu'elle faisait, aux pizzas party, à ses cheveux fous, à ses yeux pétillants, à son rire. Parfois même l'envie me prends de revoir les vidéos où elle figure en train de biner le jardin ou de câliner ses chiens, mais je ne m'en sens pas encore la force... Peut être plus tard, quand je pourrais revoir les filles également sans avoir la gorge nouée... Arf...

 

 

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