Mardi 24 Juillet 2001
Montréal : J-7 !
"Les
idées, c'est comme les mômes
Il ne suffit pas de les avoir, il faut les élever."
Daniel Picouly
13h20 : Toute patraque
Depuis hier soir je me tape une grosse déprime. J'aurais presque envie de tout annuler tellement j'ai peur. Je vous préviens tout de suite que tout ce que vous pourrez dire n'y changera rien. Je sais que je vais entreprendre un fabuleux voyage, je sais que je vais voir ou revoir des gens charmants que j'aime beaucoup du peu que je les connais pourtant rien à faire je suis morte de peur à en pleurer ! JLo a un peu changé ses plans, je suppose que cela ne remettra en rien à ce qu'on avait prévu de faire (ou si peu) mais le moindre "contretemps" au programme détaillé prévu me déstabilise, j'ai peur de me retrouver toute seule à cogiter là-bas, à me demander pourquoi je suis partie. J'appréhende de déranger Hélène, ses amis qu'elle reçoit, j'ai peur de n'avoir ma place nulle part, j'ai l'impression que finalement pas grand monde n'attends ma venue (et c'est bien normal, qui suis-je donc pour "être attendue") Mon amie Annie que j'avais prévue d'appeler durant la première semaine de mon arrivée pour la voir le plus tôt possible part finalement en vacances et ne rentrera que le 18. Bien entendu je ne l'en blâme pas et je suis très contente pour elle qu'elle se repose et s'amuse dans une fraîcheur plus supportable que la canicule de Montréal mais j'aurais bien aimé la croiser un peu à mon arrivée, pour me sentir un peu plus chez moi auprès des amies que je connais. Pas grave, j'attendrai son retour. J'attends aussi le 15 août, tellement intensément que cela m'en fait mal. Vite, mon refuge, reviens vite ma doudouce, mon "transfert", ma gentille pleine de rire, que j'embrasse tes belles joues.
Quand je pense que mardi à la même heure j'y serais ! Quand je pense que je ne peux plus reculer, que je dois encore vivre une semaine, pétrie d'angoisses, j'ai envie de me claquer de m'être mise dans une telle situation. Pourtant je sais que j'ai enclenché ce voyage autant avec mon cœur (mon rêve de toujours) qu'avec ma tête (le dépaysement, l'aventure, voilà de quoi faire grandir "de force" le grand bébé que je suis) mais bien sûr, comme toujours lorsque je me lance, une violente appréhension m'étreint à la toute dernière minute. La même terrible peur que quand j'ai sauté à l'élastique. C'est inhumain d'avoir la trouille comme ça !! Et si je n'étais pas capable, comme cela m'est trop souvent arrivé, de m'adapter à la nouveauté ? De composer avec le quotidien nouveau ? De parer au pire comme de me réjouir du meilleur ? Je me sens bête, nulle, nouille, trouillarde... Tous ces défauts que j'exècre. Je me déteste d'avoir peur comme ça ! Je suis ridicule : une petite minute et je me reprends, je regarde droit devant moi, je me dis que ce ne sont que des vacances, que je vais bien savoir m'habituer et la minute suivante je ressens le manque insoutenable de bras qui m'enserrent, d'une voix qui me chuchote des mots rassurants : "je suis là, toujours près de toi, et je t'aime. Tout va bien se passer parce que je suis là..." Et revoilà les larmes qui coulent toutes seules de nouveau. Je n'ai pas cette voix et ces bras près de moi. Personne qui attendra mon retour à Paris, pas d'être tant attendu qui m'embrassera à mon arrivée... Je n'ai jamais été habituée à manquer d'amour, j'ai toujours eu, d'aussi loin que je me souvienne quelqu'un à aimer, un homme toujours à cajoler comme lui, me soutenait. Je pourrais l'avoir cet homme, voilà 9 mois que je me retiens, que j'annule des soirées galantes, que je me terre encore une fois par peur. Peur de me faire "avoir", peur de ne jamais savoir m'adapter, de donner peu lorsqu'on attends peu de moi et beaucoup quand on attend beaucoup. Peur de faire peur en étant possessive, peur de glacer quelqu'un qui ne saurait quoi faire pour me réchauffer... J'ai beau être à l'écoute de mon cœur, il n'y a aucun prince qui toque à cette porte.
J'ai décidé de tout faire pour ne plus penser à ce voyage. Il arrivera bien assez tôt, un peu comme un rendez-vous chez le dentiste. "la peur n'évite pas le danger" Un jour prochain je serais catapultée de l'autre côté de l'océan, les yeux rougis des larmes versées pendant le voyage, comme un lapin de six semaines, planté au beau milieu de la route et qui voit les phares d'une jeep se rapprocher de plus en plus... Alors j'y serais. Je tremblerai mais je pense que je serais un petit peu fière de moi d'avoir posé un pied (le gauche) sur le sol canadien. C'est pas Dieu possible d'être émotive comme ça ! Je vais enguirlander ma mère, elle avait pas le droit de mettre au monde une timorée comme moi.
Chiara est partie il y a 20 minutes. Je suis à fleur de peau. Elle me connaît bien elle me dira "au revoir" au téléphone, pas devant l'ascenseur. Pour qu'il n'y ait aucun malaise. Elle me manque déjà... Pourquoi j'ai envie de pleurer comme ça ! Pourquoi je le sens si mal cet avion ? Vous pensez comme j'ai envie d'aller à un entretien d'embauche dans 1/4 d'heure ! Top shape... Grrr... J'ai une maudite envie d'annuler... Ah, non, ça ne va pas recommencer, allez ! Un pas et puis l'autre, je pleurerai quand j'aurais le temps. A tout à l'heure, peut être...
20h31 : Panique à bord...
Ici Mister J qui vous parle...
Voilà, on rend visite à la Scrib pour prendre des nouvelles et on se retrouve embarqué dans une merveilleuse histoire de "il était une fois un joli petit virus..." Déjà, sur le chemin, un message me prévient d'un léger retard de sa part. Rien de gravissime me direz-vous.... C'était juste annonciateur de catastrophe. Mais 10 minutes plus tard, une voix un peu plus angoissée m'annonce que le vénérable PC de Dame Scrib est confronté à un virus. Et c'est en preux chevalier servant que je débarque dans cette histoire de virus - il paraît qu'on s'attendait à me voir entrer dans la tanière de la Scrib avec un slip par dessus mon pantalon, va savoir pourquoi ? Ah bon ? Y fait ça Superman ? - J'ai donc attrapé un grand verre de thé frais, l'ai goulûment avalé et me suis mis au service de Scrib en (grande) détresse. Il faut dire qu'elle n'en menait pas large :( Elle revenait, de plus, de son entretien et d'après ce que j'ai crû comprendre, cela ne s'est pas très bien passé... J'ai cherché longtemps la trace de ce vicieux virus et ai finalement (au bout de plusieurs scannages Nortoniens) mis la main dessus... C'est quand même du beau boulot :) Après quelques sueurs froides (celles de Scrib, moi je n'ai jamais douté de l'issue de cette bataille LOL, c'était pas mon PC !) son journal est donc enfin "sain" et guéri (désolé pour les pauvres lecteurs qui sont passés avant 19h30) J'ai eu droit à un bisou (pour l'appareil photo jetable panoramique que je lui ai amené et à une demande en mariage, sitôt le virus maîtrisé. (soyez pas trop jaloux :)) je vous rappelle tout de même que j'ai été le tout premier amoureux virtuel de la Scrib ! "héhé" comme elle dirait). Maintenant qu'elle a enfin repris ses esprits, je vous la repasse :) Bonne soirée, ravi de vous avoir "écrit" et une grosse bise à ceux qui me connaissent ;-) P.S : la vue est vraiment belle !
21h40 : J'en ai marre...
Si je résume ma journée elle est assez bad... Une amie en peine ce matin au réveil, un coup de blues au départ de Chiara, un entretien avec 3 connes qui m'ont entretenu à peine 15 minutes après m'en avoir fait poiroter 40, qui n'ont rien compris à mon travail et qui apparemment recrutaient plus les beaux mâles musclés que les jeunes filles surdouées. "on a vu beaucoup de candidats, et même des beaux, *coup de coude* pas vrai Nadine ?" , un baptême "métro" aller retour en prime. En arrivant un virus auto-reproducteur (j'avais bien envie d'essayer du Head & Shoulders pour voir si ça marchait sur lui !). Pas le temps de discuter tranquillement avec Mister J, si gentil, de répondre à mes mails, la peur au ventre, toute la journée pour le voyage, pour le journal (suis je obligée de l'arrêter si je suis tant que ça un danger public véhiculant des viri ?) En bref, grosse journée de meeeeeerde !! Vivement qu'elle se termine ! J'ai même loupé le dîner avec mon père qui rentrait de la campagne. (plus d'un mois que je ne l'avais vu et il repart demain, autant dire que nous ne nous retrouverons qu'à la rentrée :( Ce qui me fait le plus mal c'est que ça n'a pas l'air de le déranger plus que ça... J'ai encore plus envie de pleurer... Demain je ne sors pas de chez moi, j'ai besoin de recoller les morceaux ! :(( Merde, j'allais oublier, je suis sensée déjeuner avec Alice... Bon, alors si elle n'annule pas "encore", je ne ferais que cela et ensuite hop ! sous la couette. See you.
météo
intérieure du jour :
Pour m'écrire, cliquez ci dessous