Dimanche 5 Novembre

 

8h06 : Je vous écrit à 130 km/h dans la voiture de Silvio. Renaud nous interprète « Mistral gagnant » et le brouillard se lève par intermittence… Cela fait une heure dix que nous sommes partis de Lyon (non sans mal car cette ville est très mal indiquée)

Le petit déjeuner ? C’est pour la prochaine arche d’autoroute… J’avoue que j’ai un peu faim à cause de ma diète de hier soir… Je n’ai pas super bien dormi, les minutes s’écoulaient inexorablement et le réveil approchait dangereusement alors que je grelottais de froid et que mon ventre me faisait souffrir… Je ne cessais de me répéter : « Dors ! Dors ! Dors ! » Mais vous devez savoir que c’est dans ces cas là qu’on dort le moins…

Je suis très intriguée par ce nouvel appart dans lequel nous allons vivre et que nous n’avons jamais vu… J’espère beaucoup avoir un coup de foudre immédiat avec… Sinon ma vie là bas sera un véritable enfer. (si je ne peux même pas trouver de réconfort dans la vision mon propre logis… Alors !!)

 

Ça y est l’automne est là, même dans le massif central ! Les quelques talus de bord de route que nous arrivons à percevoir sont orangés et le froid se voit à l’œil nu ;o) Qu’est ce que c’est glauque une autoroute l’hiver !!! Je pense à ma chère connexion internet qui me permet d’être virtuellement parmi vous… ça me manque de ne pas pouvoir lire vos mails… Ahhh… Vivement qu’on arrive que je puisse retrouver mon « cher écran » ;op

ça doit être le simple fait de vous avoir mentionner, mais le soleil est revenu ! Le ciel est bleu… ciel et quelques traces d’avion le sillonnent… Maman nous suit à bonne distance et les Bangles nous chante leur plus célèbre titre… Le sourire me revient… A plus tard, sur le bateau, ou arrivée…

 

14h47 : Première déprime… Nous sommes à Nice, dans la file des voitures prêtes à embarquer sur le NGV…

Je viens de demander à Silvio si nous pouvions rentrer dans un mois (gros cadeau quand on sait comme j’ai souffert de rester déjà tout le mois d’août, à me faire chier dans cette prison dorée qu’est cette île alors que tout mon corps me hurlait de repartir chez moi) et il m’a répondu : « tu ne crois tout de même pas qu’on est venu ici à deux voitures pour repartir dans un mois ! » J’ai réalisé à quel point je m’étais faite piégée… Oui, piégée ! Silvio n’a pas plus que ma mère ou la sienne remarqué à quel point je me sacrifiais… Je ne supporterai pas cette situation, les douleurs (jusqu’à physiques) qu’elle m’impose, plus d’un mois ! Il est absolument hors de question que je travaille là bas ! Hors de question !!! Et même seule avec mon gros colis de la Sernam je m’en retournerai en avion vers ma capitale et tout ce qu’elle détient de trésors ! Fini cette autoroute de merde, fini ce bateau plein de roulis ! J’aimais la corse pour de courtes vacances, je me refuse à aller m’y enterrer moi qui suis une parisienne dans l’âme !

Si vous saviez le sentiment d’impuissance et de rage qui m’habite à cet instant ! Ah… Si vous saviez… J’ai envie de tout casser autour de moi, la voiture dans laquelle je suis, les colis que nous transportons… J’ai envie de griffer Silvio jusqu’au sang, j’ai envie de me jeter du haut de ce bateau de merde dans lequel nous montons… Comment ai je pu permettre tout ce gâchis ?

Je ne m’interroge plus sur l’appartement dans lequel je vais être emprisonner… Je m’en fous ! Vous me trouvez folle ? Je le suis, définitivement… Folle de tristesse…

 

17h34 : Je suis sur le bateau, la nuit tombe… Nous avons une heure de retard. Nous arriverons vers 20h30… Ce voyage n’en finit plus…

 

23h25 : Je souffle enfin, je suis arrivée au bout de la route… Enfin presque, je suis chez les parents de Silvio. Je suis dans cette chambre où j’ai passé tout le mois d’août, assise sur le lit où nous avons tant ri avec Hélène ma doune du Québec ;o) D’ailleurs ma chère amie vient de m’envoyer un gentil télémessage… Je ne sais pas pourquo,i puisqu’elle n’est restée qu’une petite semaine, mais c’est tout de suite à elle que j’ai pensé en entrant dans cette pièce…

Je sors d’une bonne douche chaude et je n’ai qu’une envie : me coucher dans la couette qui m’attend… Ma mère a enfin rencontré les parents de Silvio. Je sais qu’elle a dû être surprise par leur mode de vie très différent de la nôtre mais je pense qu’elle les a trouvé sympathiques. En tout cas, eux, ont eu l’air de bien l’apprécier… Il faut dire qu’elle s’est très vite faite aimer des petites sœurs de Silvio : Charly, Tinou et Juju.

Silvio vient de l’a ramener à son hôtel d’Ajaccio et nous la retrouverons demain matin… Je vais me sentir bien seule quand elle va repartir ma chère petite maman…

Nous ne savons pas encore si c’est demain ou après demain que nous emménagerons… Grrr… Quand vais je pouvoir vous retrouver en live ????

En attendant de pouvoir vous en dire plus, je vous souhaite quand même une très bonne nuit. Pour ma part je vais essayer de dormir, j’en ai grand besoin, tout s’est bousculé si vite que mon organisme ne suit plus…

 

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