
Clyde Ebanks, vice-président d'une compagnie d'assurance se trouve au 103e étage d'une des deux tours du World Trade Center (WTC) lorsque son patron l'interpelle: ''Regarde ça''. Il se tourne et voit avec effroi un avion percuter l'autre tour jumelle. Il est 8h50.
Pour Peter Dicerbo et 44 collègues de la First Union National Bank, c'était le début de la journée de travail au 47e étage de la tour. Soudain, ''j'ai senti le bâtiment trembler. Je suis tombé au sol. Il y a eu un terrible fracas et le bâtiment a commencé à bouger, c'est ce qui m'a vraiment fait peur''. Au rez-de-chaussée, Harriet Grimm, a entendu un grand boum ''et nous avons vu un tas de débris tomber''.
Dix-huit minutes plus tard, à 9h08, Luigi Ribaudo, qui travaille près du WTC, a entendu un avion faisant selon lui un bruit étrange. Il a regardé en l'air et a vu l'appareil volant ''trop bas''. ''Il allait percuter quelque chose et il s'est encastré dans (la deuxième tour) et a explosé à l'intérieur''. L'appareil était un Boeing 757 d'American Airlines reliant Washington à Los Angeles.
Les attentats ont immédiatement donné lieu à des scènes de chaos. M. Dicerbo et ses collègues ont descendu 47 étages par les escaliers. Il est sorti du bâtiment les vêtements déchirés. Les employés du WTC étaient hébétés et sous le choc.
''A peine suis-je sorti du bâtiment que la deuxième tour a explosé'', a déclaré Jennifer Brickhouse, 34 ans. ''Des débris ont commencé à tomber et la fumée à se propager. Les gens criaient, tombaient et sautaient des fenêtres'', depuis des étages élevés. Les véhicules de secours ont afflué vers la pointe de Manhattan, où se trouvent les deux tours.
Vers 9h30, un appareil s'écrase sur le Pentagone à Washington, provoquant un incendie dans le centre névralgique de l'armée américaine. Une partie du bâtiment s'effondre, envoyant des nuages de fumée sur la capitale fédérale.
A 9h50, une heure après le premier crash, une des tours du WTC s'effondre. Il y a eu un bruit étrange d'aspiration, puis celui des étages s'effondrant, et un énorme déplacement d'air suivi par un vaste nuage de fumée, de poussières et d'autres débris.
Vers 10h, le vol UA93 de la United Airlines reliant Newark à San Francisco s'écrase à 130km au sud-est de Pittsburgh. Le Boeing 757 avait décollé à 8h01 avec à son bord 38 passagers, deux pilotes et cinq personnels de bord.
Les bâtiments du pouvoir fédéral commencent à être évacués dans tout le pays, notamment le Capitole et la Maison Blanche. L'Administration de l'aviation civile (FAA) suspend tous les vols dans le pays. Les Nations unies ferment leurs portes. A New York, les tunnels et les ponts sont fermés.
A exactement 10h30, la seconde tour jumelle s'effondre à son tour après l'explosion du sommet du bâtiment dans un nuage de fumée et de poussières. Des personnes fuyant en courant le bâtiment pour se mettre à l'abri sont projetées au sol. Une nouvelle chape de fumée et de poussières recouvre la zone.
A 12h, United Airlines annonce le crash d'un autre de ses avions dans un endroit non précisé. Il s'agit d'un Boeing 767 transportant 56 passagers, deux pilotes et sept personnels de bord. Le vol UA 175 avait quitté Boston à 7h58 à destination de Los Angeles.
NEW YORK, 11 sept (AFP) - Mardi matin a Manhattan, une de ces superbes journées de la fin de l'été new yorkais. Et soudain l'enfer se déchaîne. "J'ai vu une énorme boule de feu blanche, et la tour s'est embrasée", dit Lawrence, un employé de Wall Street. Il était quelques minutes avant 09h00, à l'heure où ce quartier de la finance grouille de monde.
Une des deux tours jumelles de 110 étages qui font la fierté de New York vient d'être touchée de plein fouet par un avion. "Il y a eu une énorme explosion, les vitres ont volé en éclat", dit un garde de sécurite de la compagnie téléphonique Verizon, dont l'immeuble est voisin du World Trade Center.
"Les gens ont commencé à descendre en courant, ils criaient, et j'ai été renversé", ajoute-t-il. Des dizaines de chaussures jonchent le sol.
Mais après cette panique initiale, des milliers de personnes se sont rassemblées non loin des tours. "Tout le monde regardait, c'était comme irréel, mais personne ne réalisait vraiment ce qui se passait. C'était presque beau, avec la tour en flammes qui se détachait sur le ciel bleu", dit un jeune financier allemand, Thorsten.
Mais un quart d'heure plus tard, un deuxième appareil vient s'encastrer dans l'autre tour, le One World Trade Center. Dans la confusion, personne ne sait vraiment quelle heure il est, de quelle sorte d'avion il s'agit.
"C'était un avion commercial argenté qui s'est délibérément jeté sur la tour", affirme Lawrence. Mais un autre témoin affirme avoir vu un hélicoptère.
"Ca m'a rappelé le film Independence Day, lorsque l'OVNI détruit un immeuble", raconte Dominic Lombardo, un analyste financier de 34 ans qui travaille au 82ème étage de la tour 2 du World Trade Center.
Dans tout ce quartier du sud de l'île de Manhattan, centre mondial de la finance, c'est alors le chaos, des centaines de gens courent en tous sens.
Selon les témoins, les premiers secours sont arrivés très vite, police, pompiers, ambulances, le FBI, dans une cacophonie de sirènes. "Ils étaient là en quelques minutes", dit Thorsten.
A l'intérieur de la tour, c'est l'enfer. "Nous avons entendu une énorme détonation, tout le bâtiment a tremblé et des choses ont commencé à tomber du toit", a declaré Ciara Linnane, journaliste à l'agence financière AFX, une filiale de l'AFP, dont les bureaux se trouvaient au 52ème étage.
"Cela nous a pris une heure pour descendre les escaliers et quand nous sommes arrivés en bas, il y avait des pompiers qui montaient avec beaucoup d'équipements", a-t-elle dit.
"Il y avait de la fumée dans les escaliers, dans le couloir. Quand nous sommes arrivés dans le hall, il était complètement détruit, il y avait du verre et de l'eau partout", a poursuivi Ciara Linnane.
"Nous étions complètement trempés. Nous avons dû courir à travers le hall. Le bâtiment était très instable, ils pensaient qu'il allait s'effondrer", a-t-elle ajouté.
Alors que des milliers de personnes regardent, la foule soudain se fige: "mon dieu, mon dieu", crie une femme hébétée, alors que seules les sirènes brisent le silence.
Devant la Mairie de New York, à quelques centaines de mètres des tours, personne ne réalise immédiatement ce qui se passe. Dans un grondement semblable à un tremblement de terre, le sommet de la tour sud craque, puis les 415 mètres de béton et de verre s'effondrent, comme au ralenti, projetant des débris partout à la ronde.
Puis un énorme nuage de fumée, acre, très épaisse, s'élève lentement et commence à recouvrir tout le quartier. Après de premiers instants de paralysie et d'incrédulité, la foule fuit ce nuage, comme si c'était un nuage toxique, courant et criant. Une femme s'évanouit.
"Ce fut soudain la nuit. Il faisait si sombre que l'on ne pouvait voir son voisin", dit Lawrence.
Couverts de la tête aux pieds de poussière blanche, les premiers mots de ces témoins évoquent un spectacle de guerre, même d'hiver nucléaire. "Je pense que c'était comme à Hiroshima", ville japonaise qui fut rayée de la carte en 1945 par une bombe nucléaire lâchée par un avion américain, dit l'un d'eux.
NEW YORK
- Des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées dans les rues de Manhattan après le double attentat qui a frappé les tours jumelles du World Trade Center.
La plupart des magasins ont fermé et les bâtiments officiels ont été évacués après l'effondrement des immeubles de 110 étages, dans lesquels se sont encastrés deux avions en début de matinée.
La gare centrale de New York, où convergent tous les trains de banlieue, a également été fermée. On ignore si elle rouvrira avant la fin de la journée.
Les transports publics ont été interrompus et quasiment toutes les routes menant à l'île de Manhattan ont été coupées.
Selon la télévision WCBS, les véhicules personnels peuvent sortir de New York par les ponts et les tunnels qui relient la ville au New Jersey mais personne ne peut entrer.
Chaque jour plus d'un million de personnes empruntent les tunnels.
"L'Amérique s'est arrêtée", dit Linda Bosfield, une assistante de direction travaillant dans Midtown, la partie centrale de Manhattan. "C'est la guerre".
Des centaines de piétons, d'employés et de touristes se sont postés sous les immenses écrans de télévision de Times Square pour suivre les derniers développements dans un silence religieux.
Dans les rues, des ambulances et des voitures de pompiers circulent à vive allure en direction du bas de Manhattan où se trouvaient les deux tours.
"Je regarde le vide"
Sur les trottoirs, une foule compacte marche lentement.
D'importantes files d'attente se sont formées devant les cabines téléphoniques publiques, les réseaux mobiles étant trop surchargés pour fonctionner.
La New York Public Library a fermé ses portes. Devant le bâtiment, situé sur la cinquième avenue, des passants regardent les immenses colonnes de fumée noire s'élevant au dessus des lieux de la catastrophe, à une quinzaine de kilomètres plus bas.
Bruce Rebnan, qui travaille à Manhattan, raconte qu'il a vu le deuxième avion s'écraser contre la deuxième tour du World Trade Center depuis la cafétéria de ses bureaux.
"Les gens s'agrippaient aux portes des ascenseurs, ils hurlaient, certains étaient en état d'hyperventilation", explique-t-il.
Un groupe de six techniciens ayant dû quitter leurs bureaux par mesure de précaution attend dans la rue des nouvelles du réseau ferroviaire pour savoir s'ils pourront rentrer chez eux.
"C'est comme la pire heure de pointe qu'on ait jamais vu et il n'y a pas un seul train qui sorte", dit l'un d'eux.
En larmes, Rob Gangemi se tient au croisement de la 42e rue et de la cinquième avenue. "Je suis sorti tout à l'heure et j'ai vu une tour en feu. Maintenant, je regarde le vide", confie-t-il.
Près du grand magasin Macy's, une voiture de police s'est arrêtée pour inspecter un véhicule en panne pendant que des policiers en civil demandent aux vendeurs de rue de remballer leur marchandise. Mais le plus grand magasin de la ville est resté ouvert.
NAPLOUSE
Des centaines de Palestiniens ont accueilli dans la liesse les attentats qui ont frappé New York et Washington, dans la ville sous autorité palestinienne de Naplouse, en Cisjordanie, et à Jérusalem.
Des centaines de Palestiniens distribuaient des bonbons, tandis que d'autres ont tiré des coups de feu en l'air, dans la ville de Naplouse.
Pendant ce temps, plusieurs dizaines d'autres Palestiniens exprimaient leur joie dans les rues de la partie arabe (Est) de Jérusalem.
"J'ai l'impression d'être dans un rêve. Je n'avais jamais cru qu'un jour les Etats-Unis pourraient être amenés à payer le prix de leur soutien à Israël", a déclaré Moustafa, un jeune Palestinien armé de 24 ans.
"Nous sommes si heureux que l'Amérique ait été frappée. L'Amérique s'oppose à nous dans son soutien à Israël", a déclaré un autre manifestant.
Faisant écho à ces expressions de joie, des Palestiniens armés ont tiré des coups de feu en l'air dans des camps de réfugiés du Liban à l'annonce des attentats, dont des images sont retransmises par des télévisions locales.
"Les Etats-Unis et Israël ne font qu'un. C'est le résultat de la politique américaine", a déclaré l'un des hommes armés.
Mais dans le reste du Liban, les réactions étaient plus mitigées.
Comme le président palestinien Yasser Arafat, le Premier ministre libanais Rafik el-Hariri a quant à lui rapidement adressé ses condoléances au président américain George Bush, déclarant que ces "actions tragiques sont en contradiction aveec toutes les valeurs religieuses et humaines".
NEW YORK
Les attentats de New York ont fait un "nombre terrifiant" de morts, a déclaré le maire de la ville Rudolph Giuliani, sans toutefois donner de chiffres.
Il a demandé à la population de garder son calme et d'évacuer la partie sud de Manhattan.
Le maire a précisé qu'il n'avait reçu aucune menace ou alerte avant les attentats.
"Il y avait des gens qui sautaient du World Trade Center. C'était une situation horrible, horrible", a-t-il ajouté.
WASHINGTON
"Nous sommes détournés": avant de mourir, certains passagers des avions transformés en bombes volantes par les terroristes qui ont frappé mardi l'Amérique ont raconté par téléphone à leurs proches ce qui se passait à bord.
Mardi, 09H58 : un appel parvient au 911 (numéro des services d'urgences) du comté de WestMoreland, en Pennsylvanie: " Nous sommes détournés, nous sommes détournés".
L'homme dit être un passager enfermé dans les toilettes de l'avion qui devait s'écraser quelques minutes plus tard près de Pittsburgh (Pennsylvanie) avec à bord 38 passagers et six membres d'équipage. Aucun n'a survécu.
Ce passager a également déclaré que l'avion perdait de l'altitude . "Il a entendu une sorte d'explosion et a vu de la fumée blanche sortir de l'avion et on a perdu le contact avec lui", selon un responsable des services d'urgence Glenn Cramer, cité par le quotidien USA Today.
Un autre homme à bord de ce même vol, Tom Burnett, 38 ans, vice-president d'une compagnie californienne de matériels médicaux et père de trois enfants, a appelé sa femme Deena en lui indiquant que lui et d'autres passagers étaient en train de maîtriser les pirates de l'air.
"Nous allons mourir mais trois d'entre nous vont essayer de faire quelque chose", a-t-il dit à sa femme, selon un religieux, le père Frank Colacicco, cité par le quotidien californien San Jose National.
Mark Bingham, 31 ans, était également à bord. Ce chargé de relations publiques de l'Etat de Californie, a réussi à téléphoner à sa mère, Alice Hoglan, apparemment à l'aide du téléphone de l'avion attaché à son siège.
"My son phoned me. He was aboard the plane. He said to me : Mom, we've be hijacked.
In case I never see you again, I want to tell you that I love you."
Mark a dit "Maman c'est Mark Bingham. Il m'a donné son nom de famille , il était tellement ébranlé", a-t-elle déclaré. "Je t'aime beaucoup, beaucoup, au cas où je ne vous verrai plus", a-t-il ajouté.
D'autres appels de passagers des deux boeings qui se sont encastrés dans les tours jumelles du World Trade Center à New York témoignent de la violence des scènes avant le drame.
"Ils ont commencé à tuer des hôtesses de l'air à l'arrière de l'appareil pour faire diversion. Le pilote est alors sorti pour aider et ils ont pu ainsi entrer dans le cockpit", a raconté une personne ayant demandé à rester anonyme au quotidien Boston Herald.
Les pirates ne portaient pas d'armes à feu mais avaient apparemment dissimulé dans des bagages à main et des nécessaires de rasage des armes ressemblant à des couteaux, avec des manches en plastique et des lames de rasoir.
"Nous avons plus d'avions, nous avons d'autres avions. Ne faites pas de conneries, vous ne serez pas blessé (s)", ont lancé les pirates de l'air en anglais au pilote de l'un des deux avions, selon un contrôleur aérien cité par le journal Christian Science Monitor.
"Un des pilotes avait branché son micro de sorte que la conversation entre le pilote et la personne dans le cockpit puisse être entendue", selon ce contrôleur aérien.
Les terroristes de l'avion qui s'est écrasé sur le Pentagone étaient également armés de couteaux, a indiqué avant de mourir une passagère Barbara Olson, à son mari Ted Olson par téléphone.
"Les pirates de l'air n'étaient armés que de couteaux et de cutters. Ils ont regroupé tous les gens à l'arrière de l'appareil, y compris le pilote, a-t-elle ajouté, selon CNN, pour laquelle elle travaillait. "Que dois-je faire ?", a-t-elle demandé à son époux dans un ultime appel à l'aide.
Le couple Olson était très connu à Washington. Ted Olson est le représentant du gouvernement fédéral (solicitor general ) auprès de la Cour suprême.
Il avait représenté George W. Bush contre Al Gore devant la Cour suprême dans la bataille juridique qui avait opposé les deux candidats à la Maison Blanche après l'élection présidentielle en novembre 2000.
Au total, les quatre avions utilisés par les terroristes transportaient 266 personnes.
''Nous faisons don de nos humbles capacités (au président américain George W. Bush) et au peuple américain'', a déclaré Yasser Arafat à l'hôpital Chifa de Gaza.
Un parmi plusieurs centaines de Palestiniens qui ont participé à la collecte, Yasser Arafat a souri aux médecins qui ont effectué la prise de sang sur son bras droit.
A sa sortie de l'hôpital, environ 200 Palestiniens se sont mis à scander ''Nous sommes prêts à donner notre âme et notre sang pour vous''.
Interrogé sur l'éventuel message qu'il souhaitait livrer au peuple américain, le président de l'Autorité Palestinienne a simplement répété: ''Dieu vous bénisse, Dieu vous bénisse, Dieu vous bénisse''.
A l'issue d'une réunion extraordinaire à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères des Quinze ont appelé ''tous les Européens à observer trois minutes de silence'' vendredi à 10h00 GMT.
''Nous déclarons également le 14 septembre 2001 jour de deuil'' dans l'UE, soulignent-ils dans une déclaration commune. ''Nous sommes tous des victimes de cette attaque'', a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie belge Louis Michel au cours d'une conférence de presse.
La déclaration des Quinze précise que l'Union ''ne fera l'économie d'aucun effort pour aider à identifier, à traduire en justice et à punir les responsables.'' Les ministres ajoutent qu'''il n'y aura aucun havre de paix pour les terroristes et ceux qui les soutiennent.''
Cette réunion spéciale visait essentiellement à exprimer la solidarité de l'UE avec les Etats-Unis et à débattre des mesures de sécurité à prendre pour renforcer la sécurité dans les lieux publics et les aéroports européens.
L'Europe en deuil s'est figée pendant trois minutes
BRUXELLES, 14 sept (AFP) - De Dublin à Prague, quelque 800 millions d'Européens ont observé vendredi à 10H00 GMT trois minutes de silence à la mémoire des victimes des attaques terroristes contre les Etats-Unis et en signe de sympathie et de solidarité avec leurs proches et le peuple américain.
Vendredi a été déclaré journée de deuil dans les 43 pays membres du Conseil de l'Europe où les drapeaux ont été mis en berne à la mémoire des victimes des attentats de mardi dernier à New York et à Washington.
A Londres, les députés de la chambre des Communes se sont levés pour observer les trois minutes de silence. Dans le centre de la capitale britannique, des piétons et des voitures se sont immobilisés, sur le trottoir et sur la chaussée, à la mémoire des victimes des attentats.
Les Madrilènes ont observé les trois minutes de silence devant la Tour Picasso, la plus haute de la ville, qui abrite de nombreux bureaux. La bourse de Madrid et le personnel des administrations, ainsi que diverses institutions se sont joints à cet hommage.
A Stockholm, le métro, les autobus, les taxis et de nombreuses voitures se sont arrêtés, les guichets du métro ont fermé, la plupart des passants s'immobilisant.
A La Haye, le Premier ministre Wim Kok et l'ensemble du gouvernement néerlandais ont déposé une gerbe devant l'ambassade américaine, avant d'observer trois minutes de silence.
En Italie, les chaînes de télévision privées et publiques ont interrompu leurs programmes durant trois minutes à midi.
La Russie avait rendu jeudi hommage aux victimes des attentats: une minute de silence a été observée à 12H00 locales et les drapeaux mis en berne, alors qu'en Turquie aucune journée de deuil n'a été décrétée.
A Varsovie, le Premier ministre Jerzy Buzek, le chef de la diplomatie Wladyslaw Bartoszewski et les ambassadeurs des quinze pays de l'UE se sont recueillis devant l'ambassade américaine.
En Allemagne, les cloches des églises se sont mises à sonner à midi, heure locale. Une messe oecuménique à
Duesseldorf, à laquelle assistent des personnalités du monde politique allemand a commencé par trois minutes de silence.
En République tchèque, une journée de deuil national a été proclamée par le gouvernement et les drapeaux mis en berne sur les bâtiments publics. Le trafic automobile s'est arrêté à Prague et dans d'autres villes pendant trois minutes alors que sonnaient les cloches et qu'hurlaient les sirènes.
A Bucarest, portant bougies, fleurs et petits drapeaux américains, des centaines de Roumains se sont rassemblés place de l'Université, dans le centre-ville, pour observer les trois minutes de silence à midi locales (09H00 GMT), avant de se rendre devant l'ambassade des Etats-Unis.
A Tirana, plusieurs milliers d'Albanais réunis place Skanderbeg, au centre de la ville, ont observé 3 minutes de silence.
En Autriche, les radios, publiques et commerciales, ont interrompu leur émissions, pendant une minute.
En Bulgarie, vendredi était une journée de deuil en "signe de compassion à la tragédie aux Etats-Unis suite à l'acte barbare de terrorisme".
A Zagreb, la minute de silence demandée par le gouvernement a été observée par la télévision nationale mais pas dans les rues de la capitale croate, où les gens ont continué à vaquer à leurs occupations.
A Bruxelles, les principaux responsables politiques de l'Union européenne ont observé ensemble, vendredi à midi devant le bâtiment du Conseil des ministres européens, les trois minutes de silence organisées à la mémoire des victimes des attentats aux Etats-Unis.
Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, et le Premier ministre belge Guy Verhostadt, dont le pays préside actuellement l'UE, se sont recueillis sur le Rond-Point Schuman, au coeur du quartier européen de la capitale belge.
En Slovaquie, trois minutes de silence ont été observées et le président Rudolf Schuster a présenté ses condoléances à l'ambassade des Etats-Unis, où les Slovaques viennent depuis mardi pour déposer les fleurs et allumer les bougies.
A Genève, plus d'un millier de membres du personnel du siège européen des Nations Unies ont participé à une marche silencieuse à l'extérieur de l'enceinte du palais des Nations.
En France, l'activité a été suspendue. Drapeaux en berne, églises sonnant le glas, métros à l'arrêt, programmes de télévision interrompus et rassemblements sur les places publiques ont marqué les trois minutes de silence.
Le président Jacques Chirac a présidé une cérémonie officielle dans la cour d'honneur de la présidence et à Matignon, siège du Premier ministre Lionel Jospin, trois minutes de silence ont aussi été observées.


"Je ne connais rien de plus servile, de plus méprisable, de plus lâche, de plus borné qu'un terroriste."
Chateaubriand