Dimanche
03 Juin 2001
"Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de
volonté."
Alain
15h01 : Je dors debout
Et j'écris couchée... Petit bout de tissu dans le frais de ma chambre, je ferme les yeux et m'endors sur mon clavier dépoussiéré... Je suis trop vieille pour ces conneries. Reprenons le cours de mes pensées en attendant le coup de fil de l'amie de Montréal... Il me tarde d'entendre son accent, il me tarde de discuter enfin de vive voix, dommage que la mienne soit embaillée de sommeil :o) Hier soir donc, j'ai gardé Carry à dîner, elle a fait la connaissance de maman qu'elle a trouvé jolie et à qui elle a donné 15 ans de moins que son âge véritable (le sourire de ma mère quand je lui ai rapporté ces flatteuses paroles !! héhé) Un blanc de poulet et une croc au sel plus tard, nous prîmes la route du village ciné cité Bercy pour y boire un verre avec Peter. (Oulaaa, je suis tellement fatiguée que je viens d'écrire son véritable prénom, ces choses-là ne m'arrivent jamais, merci la touche backspace !) Après avoir dégusté mon premier Ginger Ale depuis 15 ans, un terrible souffle au cœur m'a pris. D'habitude fugace, cette douloureuse sensation a duré jusqu'à notre arrivée au Batofar... Mon cœur se tendait tel un arc de compétition et à chaque respiration je le sentais tirer jusqu'à claquer... Grosse frayeur, mal intense qui me rappelle que si je souffre je suis encore vivante grâce à mon cœur qui bat et auquel je ne prête aucune attention !
Le Batofar est une drôle de boite de nuit à l'intérieur d'une sorte de chalutier posé sur la Seine comme un bloc de métal rouge et noir sur une eau sale. Hier soir, 3 DJ berlinois faisaient de la techno house... Space... De multiples petits salons engoncés dans des cales ridicules, une salle réduite où l'on servait des chèvres - salade baignés d'huile d'olive aux herbes en écoutant un papy croulant qui mixait du Gainsbourg avec du Jean Michel Jarre. Une foule intense, hétéroclite, mal rasée, entre 35 et 50, habillée de logos SNCF et Forclum, de nippes hype et crado-branchouille, homos, hétéro, gamines et vieux Gauthier, tout le monde se mélangeaient au rythme intrépide des grosses basses qui faisaient trembler mes pieds... Je ne me sens pas à ma place... Je m'arrête de danser, en nage, mes longs cheveux me collant au visage... Au bar, on sert des larmes de tigre (rhum au gingembre, menthe, citron vert) dans des gobelets en plastique. Les bancs sont penchés et l'on boit en reprenant son souffle devant les hublots en regardant les clapotis déguelasses. J'ai une terrible angoisse, j'ai envie de rentrer dans mon nid. On part, Peter reste. Les deux amis de Carry nous raccompagnent. La fille a un bagou qui me séduit dans la minute. Arrivées chez Carry, démaquillage et soins de peau réglementaires, elle me passe de l'after sun en couches industrielles dans le dos. Je me sens mieux dans mon short Snoopy. Un morceau de mozzarella et un thé vanille plus tard nous nous retrouvons dans son grand lit où, jusqu'à 6 heures du matin nous parlons. Son voisin frappe lourdement au mur. On a plus le droit de parler ! Un comble ! L'envie nous prends de frapper à notre tour sa cloison quand, 10 minutes plus tard, il se met à ronfler à grand renfort de turbine. On se relève grignoter des biscuits à la noix de coco et on s'endort enfin. Plus vieilles d'une journée. Henri n'est pas venu...
16h30 : Quelle douceur !
C'est une Carry guillerette qui me réveille pimpante à 11h. Expédition à la boulangerie rebeu du coin qui nous vend du coca, des pains aux choc trop cuits, un minuscule pot de Bonne Maman à la pêche et un jus d'ananas. Petit déj de café, thé et du reste des provisions en regardant des clips de hip hop sur mtv. Carry doit se rendre à un barbeQ, elle m'en propose un autre pour ce soir chez Benoît Magimel et Juliette... L'affaire n'est pas encore certaine et je suis vannée de ma nuit. Je décline. Nous prenons un taxi, le gars arnaque les deux endormies que nous sommes en prenant le périf, Carry l'installe sans complaisance. Son assurance et ses paroles tranchantes forcent mon admiration. Le taxi me dépose, 80 balles plus tard et sitôt débarquée dans mon nid je m'attaque au ménage sachant que les deux prochains jours je n'en serais pas capable. Je grignote avec une maman disponible et charmante et à 15h la sonnerie de mon téléphone retenti. Le Québec m'appelle... Sa voix est d'une douceur et d'un calme à faire pleurer. Elle me prend dans ses bras à chaque mot qu'elle prononce. C'est madame Lune, chez qui je vais loger une partie du mois d'août. En peu de temps on fonce dans les profondeurs des confidences. J'aime la confiance que nous partageons. C'est si facile, si simple. Je suis cajolée comme un papillon. Que de douceurs encore une fois, que de prévenances ! J'imagine Madame Soleil aussi douce, aussi paisible, mais je la sais brûlante et passionnée, j'ai hâte de bisouter en vrai mes deux marraines si semblables, si complémentaires... Madame Lune me propose d'organiser une boum, chez elle, pour me présenter du monde, pour rire et bavarder. N'y a t il pas qu'un ange pour mettre les gens aussi à l'aise ? Qu'ai-je donc fait au bon Dieu pour me faire apprécier de gens aussi formidables ?
Les rendez-vous avec les autres se précisent. J'ai de l'argent, des personnes adorables qui ne m'inspirent que de la douceur et de la confiance, qui m'ouvrent leurs bras, des amis qui m'espèrent, me guettent déjà de leurs fenêtres en attendant de me regarder de leurs beaux yeux, descendre de l'avion et j'ai l'assentiment de mes parents. Qu'est ce que j'attends pour prendre mes billets d'avion ???? Mais rien !!!! Alors, ça y est ? Je fonce ? Mon rêve fou va se réaliser, je vais partir pour de bon ! Je vais m'envoler à l'aventure ? Vrai de vrai ? Tourlou :o)))) Je suis heureuse à exploser, merci à vous, ceux qui me lisez et qui, d'une manière ou d'une autre m'avez aidé à réaliser mon rêve, merci de m'avoir donné la force de me révéler à moi même, merci de m'avoir soutenu si fort que je tiens désormais seule sur mes jambes. Ces jambes qui, encore tremblantes, vont pourtant me porter si loin...
22h14 : Amitié
Encore une surprise pour demoiselle Scrib aujourd'hui. Non contente d'être bombardée de mails plus doux les uns que les autres, Madame Soleil m'a, à son tour, appelée ! Quel bonheur d'entendre sa voix chantante et douce comme un rossignol ! Elle m'a dit que je n'avais pas tellement l'accent pointu que l'on reproche aux français, tant mieux, tant mieux ! Encore une fois la conversation a duré. Impossible de raccrocher, sans cesse quelque chose à ajouter : un détail pratique, un fou rire, une visite aux réserves indiennes à planifier, une question sur les baleines, et on récapitule le programme... Un pur délice ! Délice que j'ai prolongé en souvenir pendant que je dégustais un léger repas composé de papaye, de pain Poilane nappé de beurre salé avec des radis et qui s'est harmonieusement terminé sur des cerises que j'ai avalé en faisant un vœu. Premières cerises de 2001 ! Guess ze vœu ? ;o) Ensuite, pour une digestion agréable j'ai téléphoné à Carry, d'abord pour la remercier de son accueil et de ces dernières 24 heures passées en sa compagnie et puis aussi, toute excitée que j'étais, pour lui raconter les heureux évènements de mon après midi. Je lui ai parlé de mon programme au Québec, me suis étendue sur les qualités de mes amies, la gentillesse de mes lecteurs, je crois qu'elle a compris que je n'étais pas loin de m'évanouir de bonheur :o) Maintenant je suis épuisée par tant d'émotions je pense que je vais aller me coucher et mettre ma tête sur chargeur secteur :o) Je vous retrouve demain mais... ;o) pas trop tôt !
P.S : Ne vous en faites pas pour les mails, je réponds dès demain, je ne vous oublie pas !
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