Lundi 5 Février 2001
"Vivre non pas pour être, mais pour devenir"
(Anonyme)
11h50 :
Un seul modem vous manque est tout est dépeuplé…
Début de journée sur les chapeaux de roues ! La voix empâtée, l’esprit embrumé par ma veillée à lire jusqu’à 1h30 les aventures de Martin Gray, j’ai écouté les messages de mon répondeur… 3 nouveaux messages : deux de Béca qui a besoin de mon ordi pour travailler son cv et un de mon commanditaire. Je les rappelle l’un et l’autre, prends rendez vous avec Béca pour cet après midi et apprend de mon commanditaire qu’il n’y a aucun retour de l’éditeur quant à mon manuscrit… Jusqu’ici tout va bien, sauf que « finalement » le livre sortira en septembre prochain (je ne suis pas prête à toucher donc l’autre demie moitié de mon cachet pfff… ) Il faut maintenant que je rappelle mon pote « réparateur » afin qu’il m’aide à retrouver ce maudit port qui fera marcher mon maudit modem…
16h37 : Yessssssss !
Ayé
j'ai résolu le problème comme une grande ! Pas besoin d'aller voir le
réparateur ! Pour les informaticiens qui me lisent, le problème venait du fait
que le réparateur ne m'avait pas branché le modem sur le bon slot. J'ai du
donc rouvrir ma tour (maintenant je ne me fais même pu mal héhé je maîtrise
!!) enlever la carte modem et la replacer dans le bon slot, à savoir deux
rangées au dessus. Le reste se fait tout seul ! Youpiiii... J'ai mis à jour
mon anti virus qui en avais bien besoin, j'ai mis à jour (tant que j'y étais)
mes drivers de carte son et de carte vidéo (une sacrée prise de tête pour la
novice que je suis :o( et me voilà enfin prête avec, ma foi, un dinateur qui
tient vachement mieux la route ! La vie est beeeeeeelle ! Pour fêter ça : un
nouveau petit gif de mail ! Yahlaaaaaaa :o))
18h42 : Sitôt dit, sitôt fait !
A peine avais-je récupéré mes fonctions vitales de surfeuse invétérée je me suis lancée à la recherche de l'emploi de mes rêves... Mais il n'y a vraiment qu'à moi que le temps a paru long parce qu'on ne peut pas dire que les entreprises ont renouvelé leurs offres... Mauvaise pioche ! Qu'à cela ne tienne je recommencerai demain (cf pub pour les ptits gâteaux Mont St Michel "demain, j'recommencerai !) Béca a passé un long moment à la maison à peaufiner son cv... Je crois que moi aussi j'aurai du faire un bts "assistante de direction", parce que sûr qu'à l'heure qu'il est j'aurais du travail... Pfff... Po grave... On a reparlé de sa soirée, décortiqué un à un les invités et on en a conclut qu'elle avait été tellement bien organisée cette fête et surtout tellement réussie qu'on allait très vite remettre ça ! On a également prévu une soirée pyjama avec "la sœur" le jour où l'homme de Béca serait "de nuit".
19h28 : Je vous parlais hier soir de mon livre de chevet, bien moins amusant qu'Harry Potter, et qui s'intitule "Au nom de tous les miens" de Martin Gray... Pour laisser ici une trace de cette troublante lecture mais aussi pour emmener mon petit caillou à l'édifice des souvenirs, pour véhiculer le message de ceux qui se sont sacrifiés, pour le devoir de mémoire que chacun de nous porte en lui, je vous ai tiré des extraits de ce livre témoin. J'espère choquer, j'espère que le choc vous fera, comme moi, prendre conscience de la facilité de vie que nous connaissons, en France par exemple, parce que nos pères se sont battus pour cette paix que nous consommons sans en goûter toute la saveur. Certains ont connu l'atroce guerre, certains vivent même, à l'heure qu'il est, de pareils tourments... Primo Levi disait en sortant du camp d'Auschwitz "N'oubliez pas que cela fut, gravez ces mots dans votre cœur, pensez-y chez vous, dans la rue, en vous couchant, en vous levant, répétez les à vos enfants, mais n'oubliez pas..."
Âmes sensibles, ne surtout pas s'abstenir ! S'il y en a qui ont vécu ses moments, folies de science fiction, vous pouvez bien les lire... Je ne vous donne pas de leçon, je transmets celle que l'Histoire m'a apprise...
"j'entends leurs cris, les aboiements des chiens, leurs voix. J'ai glissé dans la merde, jusqu'à la taille d'abord, puis plus bas encore, jusqu'à mon cou, mon estomac pris dans des spasmes de dégoût, ma bouche pleine de bile amère. Ne pense pas, Miétek, survis, Miétek... J'ai replacé les planches au-dessus de moi, posant les bras sur la couche de glace autour de moi mais qui fondait peu à peu. Dehors toujours les chiens près de la baraque : un soldat est entré, ses bottes écrasant les planches, sa lampe les éclairant. Il parlait à son camarade resté dehors : "Salaud de juif, il ne faudra rien dire à Bloch." J'entendais ses bottes gratter le sol et sa merde est tombé dans mon dos..." (extrait de l'un des évasions de Martin Gray)
"Les corps étaient nus, enchevêtrés comme des lianes, les corps étaient jaunes et du sang avait coulé de leur nez sur leur visage. Et c'était ma mère, mes frères, Rivka, mon peuple. Nous avons imité les autres, saisi à pleines mains les corps, couru. Nous nous sommes arrêtés devant les prisonniers qui, munis de tenailles exploraient la bouche des cadavres et arrachaient les dents en or, et nous avons couru jusqu'à la fosse creusée dans le sable jaune de Treblinka. Au fond, debout sur les morts, des prisonniers rangeaient les corps, ceux de ma mère, de mes frères, de Rivka. Et nous avons jeté notre premier corps. Puis d'autres, toujours courant, chargeant parfois trois corps d'enfants en travers du brancard et les Ukrainiens faisaient descendre dans la fosse ceux qui ne couraient pas assez vite, ceux qui ne chargeait qu'un corps léger. J'ai jeté cent fois ma mère, mes frères, Rivka, au fond de la fosse. Ici c'était le fond. Le fond de la vie, le fond de l'Homme" (extrait du passage de martin Gray dans "le camps du bas" de Treblinka)
"Dans une pièce un homme est assis, qui parle la tête baissée, les bras appuyés sur ses jambes croisées, autour de lui c'est le silence : il a vu, au 6 de la rue Gesia, les Allemands incendier ce qui servait d'hôpital au ghetto (ndl : le ghetto de Varsovie), il les a vus fracasser les têtes de nouveaux nés contre les murs, ouvrir les ventres des femmes enceintes, jeter les malades dans les flammes. Il les as vus."(extrait de l'insurrection à Varsovie)
Références :
Au nom de tous les mien - Martin Gray
Le livre de la vie (suite) - Martin Gray
Si c'est un homme - Primo levi
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