Mercredi 7 Février 2001
"Parce que le même ciel nous enveloppe. Parce que nous sommes taillés dans la même étoffe.
Parce que nous sommes tous des hommes. Et que la parole, quand elle est vraie, peut aider, comme une main fraternelle"
Martin Gray - Le livre de la vie
11h13 : Du pain sur la planche !
Pourtant hier soir je me suis couchée "presque" tôt... minuit et quart et mes yeux se fermaient sur mon livre, j'ai éteint, mais ce matin réveil à 7h40 (trop tôt), puis 9h (arg... peux po...) 9h30 (faut que je me lève) 10h30 (Quoi ??? Mais putain, il faut que je me lève tout de suite !!) Et me voilà encore bien fatiguée mais écœurée de ne pas avoir fait ce que j'avais dit... Je me suis fait un planning hier soir, d'autres annonces à répondre, d'autres coups de téléphone à passer alors il faut que je m'y mette ! Et sérieusement avec ça !! Sans compter que je n'ai pas vu la cassette que j'avais loué hier... Et je ne savais pas que le film durait deux heures trente ! Quand est ce que je vais pouvoir trouver deux heures trente de libre pour le voir avant de le rendre ce soir, hein ??? Comment ? Je sais, j'aurais du le regarder hier soir, mais papa avait envie de jouer à Pompéi et ma foi, passé onze heures, je n'avais pas le courage de me lancer dans un grand film... Bon, y'a pas, faut que je laisse ce journal quelques heures... Le temps de tout faire...
17h38 : Il pleut, il mouille, c'est la fête à la Gribouille !
En fait il ne pleut pas au sens où pourraient l'entendre nos amis bretons, il "breen" plutôt. Breen est un mot que Dean et moi avons inventé une nuit où il m'avait tenu compagnie alors que je gardais (pendant les vacances d'été) un centre gériatrique. Il y avait un scrabble qui traînait dans la salle commune et nous avions inventé d'autres règles... Une sorte de Scrabble à l'envers. On devait placer sur la grille uniquement des mots inventés et interdiction formelle d'y mettre des mots du dictionnaire. Pour chaque mot inventé le joueur devait donner une définition de son mot. Je ne sais plus qui avait mis "breen" mais je me rappelle très bien de la définition... Breen : petite pluie fine anglaise ! Héhéhé... Donc c'est sous la breen que je suis allée ramener mon film. "Anna et le roi" est une bonne cassette, un film d'aventure qui nous emmène au Siam en 1860 et des brouettes... Un bon divertissement quand il "breen" dehors un jour de semaine !
J'ai envoyé de nouvelles candidatures, passé mes coups de téléphone (notamment aux assedics avec qui j'ai pris rendez-vous pour la semaine prochaine), j'ai fait le grand ménage de ma chambre et je suis contente d'avoir rattrapé le temps perdu. Maman a dormi cette nuit dans la "chambre d'amis" (à savoir le salon) Il me semble que les choses deviennent sérieuses... Je ne comprends pas ce qui s'est passé entre elle et papa et à ce que j'en ai vu, il ne s'est rien passé de pire que d'habitude... Ce qui me fâche le plus, c'est qu'elle a l'air de m'en vouloir à moi aussi... Ce pourrait-il qu'elle se sente lestée devant la complicité nouvelle qui s'est créé entre papa et moi ? Elle devrait savoir pourtant que c'est vers elle qu'a toujours été ma préférence. Papa est venu se hisser près d'elle dans mon amour mais pas au dessus d'elle ! D'elle, qui a toujours été là, quand lui n'y était pas... Je pense qu'elle subit un ras le bol général et que je fais juste partie des pots cassés, c'est une déprime passagère, ça passera... Ce qu'elle nous reproche le plus c'est notre façon de la traiter, d'après elle comme : "une bonne, une moins que rien" elle nous reproche de ne pas avoir de considération pour son travail, ses états d'âme... Elle ne peut qu'avoir raison, il faut que nous nous comportions autrement puisque, pour ma part, elle ne voit pas de cette façon, que je l'aime... Pour ce qui est de papa, il m'a dit "à force de me traiter comme un chien, je me comporte comme tel et je mords"... D'une manière générale ce qui les concerne eux ne me regarde pas et je ne prendrais ni parti, ni ne chercherai à en savoir plus... Bon, à plus tard, ou à demain si il n'y a rien de neuf...
Dites, au fait, vous autres, ça fait longtemps que vous ne m'avez pas envoyé de photos de vous "petit", et moi je fais comment pour mettre à jour l'album d'or ? Allez, allez, oui, vous les nouveaux lecteurs, envoyez moi une photo de vous à moins de 15 ans très vite !
20h32 : Je pète un cable de plus !
Impossible de rester calme en face d'elle !! Cent fois dans la même minute je m'accroche à mes phrases clés "épargne là", "ne te lance pas dans cette conversation stérile", "laisse tomber", "ne relance pas la polémique", "dis amen à tout, elle s'arrêtera bien à un moment ou à un autre", mais c'est plus fort que moi, j'ai cette sourde envie de claquer des portes, d'exploser des baies vitrées, de tourner un remake de la scène de Matrix où Néo et Trinity explosent tout le hall d'entrée et je parle de plus en plus doucement comme une vague qui va chercher au loin la force de venir s'écraser contre les rochers... Elle, elle hurle, elle crie, elle devient rouge, elle m'invective... Je lui demande calmement de me donner à moi aussi le respect qu'elle attend... Peine perdue, elle crie toute sa haine encore plus fort...
Elle me lance à la figure un à un, tous mes échecs, elle en rajoute, elle me répète sans cesse que "si je l'avais écouté..." ahhhh... oui, si je l'avais écouté ! Je n'aurais pas quitté Paris pour la corse (je me devais d'essayer), je n'aurais pas quitté mon emploi (plus que tout comptait pour moi de retrouver cette famille que j'aimais tant au mois d'août dernier) j'aurais passé ces maudits uv d'éco et de droit des média (ce n'est pas pour autant que je ne suis pas rentrée en maîtrise conditionnelle !! )... Si je l'avais écouté, je serais dans ses jupes à faire encore de l'allemand (beuuuuurk) et du piano (re-beuuuuurk) je n'aurais pas vécu ces expériences nécessaires à l'apprentissage d'une vie, je n'aurais pas connu cet amour fulgurant, je n'aurais tout simplement pas ÉTÉ ! Si je l'avais écouté, je serais restée cette enfant docile et timorée que je rejette chaque jour un peu plus, j'aurais réalisé SES rêves au lieu des miens, j'aurais végété restant cette prodigieuse petite affreuse qui aurait fait sa fierté dans ses réunions de consommation "oui, ma fille vient d'avoir son DESS, elle part au États Unis faire son dernier stage"... Mais j'ai osé aller contre sa volonté, j'ai défié ses foudres, j'ai glissé et suis tombée certes, mais par ma seule faute et ma seule volonté ! Et grâce à mes erreurs, mes coups de cœur aussi, je suis devenue ! Avant, quand je vivais ce genre de scène c'est Bem qui j'appelais, à elle je disais tout, je me confiais comme à une sœur à peine plus âgée qui s'était battue avant moi pour cette liberté de penser, maintenant je n'ai que vous à qui dire mon abattement et ma peine de vivre de tels moments... Dieu qu'elle me manque...
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