Dimanche
08 Avril 2001
"Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple,
son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel."
Jean Cocteau
20h10 : L'angoisse de la page blanche
Celle sur laquelle on n'ose écrire le pire... Je me suis "faite minable" comme on dit dans le sud et je me sens "minable" comme on dit dans le nord. Je ressens pour la première fois la différence entre un journal papier et un journal clavier. Sur celui ci je n'ai pas envie d'écrire mes pensées de ce soir. Je vais relater les faits et comprendra qui pourra... Hier soir je suis allée chercher the skulls (à chier, point) j'ai retrouvé les copains 1,2 + Mathieu à la salle et nous avons décidé de nous retrouver au bowling sitôt ma représentation théâtrale achevée... Ce que nous fîmes... La pièce : "L'année du bac" m'a mise les larmes aux yeux, c'était extrêmement bien interprété... Nous avons félicité les acteurs en loge et biser la vedette amie que nous étions venues encourager... Au retour j'ai quitté la sœur de Béca et j'ai surfé un peu à la salle (10 francs les 15 minutes, une honte...) en attendant des nouvelles de Mathieu. C'est pendant cette attente que j'ai eu Bébert au téléphone. Lui et un autre collègue vont essayer de réparer mon ordi. Je suis supposée amener ma tour au bureau mardi et la récupérer "diagnostiquée" mercredi... Croisez les doigts siouplé...
Pourtant je vous écris ce soir depuis ma chambre... J'ai volé l'ordinateur familial et l'ai rebranché sur mon écran... Pour deux trois jours (en croisant les doigts) je bénéficierai de ce beau P3... Je reprends donc le récit de ma soirée d'hier... Une partie de bowling et quelques verres plus tard nous revoilà chez Mathieu avec les copains 1 et 2 d'hier + un copain "3" (apparemment sans logis, sans amour et sans ami ? Cela dit, très gentil) Nous avons à nous tous vidé la bouteille d'hydromel payée à prix d'or par ma très maigre bourse et avons vu le film. Tout le monde est parti vers 7h30 ce matin... Je suis restée... J'ai cédé ... J'ai pleuré... Je n'ai pas pu bluffer... Je sentais son cœur qui tambourinait dans ma poitrine, il me l'a fait remarqué. Le mien semblait s'éteindre... Il m'a dit : "tu vois comme il bat vite mon cœur ? Hé bien, ça me fait toujours ça, tu te rends compte à chaque fois ça me fait pareil !"... Charmée de voir que je ne suis que le trophée d'un homme qui aime les statistifier... Je suis partie en fin d'après midi, je n'arrivais plus à cacher ma nausée, je n'ai même pas pu regarder mes yeux charbonneux en face dans ma salle de bain en rentrant... Plus de next, plus jamais, plus de Mathieu, plus jamais, plus d'entorse à mes valeurs, plus jamais. Je suis en malus, j'ai saisi la morale de la non histoire, Mathieu part demain ou après demain, je ne m'y frotterai plus, le souvenir du mépris que j'ai ressenti pour moi même restera à jamais imprimé dans mon esprit...
Me voilà de retour, si soulagée d'avoir la journée de demain pour me recomposer, pour répondre à vos mails (enfin), pour venir ici, relativiser mon manque de veine. Je vais vous laisser, j'ai dormi seulement quatre heures aujourd'hui et j'ai besoin de récupérer en pensant à autre chose qu'au passé, à autre chose qu'à mon corps qui me fait horreur. Merci de vous abstenir de commentaire cette fois. Bonne nuit à tous et à demain.
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