Samedi 12 Janvier 2002
"Si tu m'dis qu'elle est moche, tu lui manques de respect, je t'allonge une avoine ce s'ra pas du cinoche. Mais si tu m'dis qu'elle est belle, comme je suis très jaloux, je t'éclate la cervelle faut rien dire du tout"
Renaud (Ma gonzesse)
18h47 : La vie devrait se comporter toujours de cette façon au lieu de faire l'imbécile
Jet lag. Je suis arrivée chez Alice vers 21h30, maman m'avait déposée comme une petite hirondelle. Le chéri d'Alice était dans ses bras, pieds nus, et ça sentait le bonheur comme une tarte aux pommes dans une maison de campagne. Il est parti vers 22h30, heure à laquelle j'ai eu Gurty au téléphone qui avait du mal à convaincre ses amis de sortir en boite. Finalement, le seul qui a bien voulu le suivre c'est JP, son ami et collègue qui vient de Trois Rivières (au Québec of course ;o) On s'est donc retrouvés tous les 4 au Tchoutchou, cette boite à la mode du côté du Moulin Rouge... Gurty nous a dégoté une table au carré vip surplombant la fosse des danseurs avec tequila et whisky. JP m'a dit qu'en 9 mois de vie parisienne il n'avait jamais vu une petite française connaître autant d'expressions de chez lui et que je disais absolument parfaitement "tabarnak"... Arf... C'est sûr que j'ai été à bonne école pantoute ! Bref, c'était mourant, trippant et bien l'fun de jaser avec un smatt de québécois comme ça :o) Alice et Gurty étaient assez amusés de nous regarder faire d'ailleurs :o) Tout le monde s'est parfaitement entendu, nous avons beaucoup dansé, parlé et la soirée s'est déroulée comme dans un rêve. Vers 3h JP nous a offert une belle bouteille de champagne qui nous a pas mal fait retomber en enfance Gurty et moi. Nous avons joué pendant une heure à ce truc idiot qui consiste à mettre ses mains à plat sous celles de son partenaire et de savoir les retirer à temps pour ne pas se les faire "claquer". Impossible de s'arrêter avant d'avoir les mains bleues, c'est vraiment idiot :o) Heureusement Gurty savait se faire pardonner ses tapes, il me faisait des petits bisous dessus juste après ;o) J'ai vraiment retrouvé mon ami de toujours hier soir. Il était redevenu ce petit homme touchant, tendre, doux, drôle à la limite du clownesque presque... Du bonheur ! Il m'a passé des glaçons dans le dos (nu), m'a ensuite essayé avec son t-shirt (après l'avoir enlevé héhéhé) et chose qui m'a vraiment rappelé la belle époque il était toujours là pour faire reculer d'un seul regard tous les vilains... Râââ quel amouuuuuuur...
A 5h nous avons quitté la boite, JP a pris un taxi de son côté et avec Gurty nous avons raccompagné avec le notre Alice, en bas de chez elle. Quand je lui ai demandé de me raccompagner à mon tour il m'a proposé de venir boire un dernier petit café avec lui. Je lui ai fait remarquer que les cafés n'étaient pas encore ouverts asteur et il m'a répondu qu'il m'invitait chez lui. "Mais y'a tes parents qui dorment !!" Arf... Le bon vieux temps (bis). Au moment de tourner la clé, la télé qui retentit... "Merde ! qu'est ce qui fout debout mon père !? Ah oui... Il va chez l'antiquaire..." Puis chuchotant : "viens, entre chuuuut"... Je ne suis pas rentrée. Nous avons attendu dans la cage d'escalier que le papa s'en aille en pouffant de rire comme deux adolescents :o) Une fois la voie libre, nous sommes allés dans sa chambre, il m'a fait un thé et nous avons parlé, couchés sur son lit en murmurant entre deux fous rire. Il a mis le réveil à 9h30 et nous nous sommes couchés en nous collant parce qu'il faisait un peu froid. Pauvre ti pèpère plus enrhumé que moi, il ronflait comme un diesel mal réglé et moi, grosse débile, je trouvais ça attendrissant (mon oreiller collé sur les oreilles tout de même !) Ensuite je crois que j'ai fini par dormir, mais je sentais parfais sa main qui me caressait le dos, le ventre et trop crevée pour dire quoi que ce soit je me rendormais... ça n'avait rien de sexuel, c'était juste deux enfants plein de tendresse qui se retrouvaient comme si jamais onze ans de vie ne s'étaient écoulés. Il m'a fait des p'tits mamours tout mimi jusqu'à ce qu'il me réveille à 9h20, heure du couvre feu. Il m'a raccompagné, m'a dit de bien prendre soin de moi et qu'il m'appellerait cette semaine. C'est un vrai baume du tigre ce Gurty. Une seule nuit à rire, à parler, à danser et dormir tout collés, à l'entendre me dire que je suis de plus en plus jolie à mesure que passent les années et j'oublis tous mes soucis, la vie est belle, de nouveau. C'est de la magie. Rien d'autre. Il est mon guérisseur de peines d'amour. Mon loulou et puis c'est tout.
Sous la brume épaisse de ce samedi matin je suis rentrée toute emmitouflée et décalée, ai apporté un croissant au nouveau vendeur du vidéo club, lui ai échangé contre Pearl Harbor que je vais regarder tout à l'heure avec mes parents et je suis allée m'enfouir sous ma couette à 11h du matin pour ne me réveiller que 4 heures plus tard au coup de fil de Béca. Je passe l'après midi chez elle demain. Comme ça tombe bien ;o) J'ai eu aussi Alice au téléphone tout à l'heure qui revenait d'un tennis dans la purée de poix et qui m'a donnée ses positives impressions sur notre soirée d'hier. Elle a dit de Gurty et de moi que nous étions hier soir "deux excellents amis qui se chamaillent et qui se cherchent un peu" Arf... Bon sang que j'étais bien quand il avait son nez enfoui dans mes cheveux au petit matin. Un moment comme ça, ça vaut tout l'or du monde... Merci petit bonhomme, de m'avoir fait tant de bien.
La lune et le miel
Lynda Lemay
T'avais
peut-être quatorze ans
T'avais encore la tête velue
T'avais des clôtures plein les dents
La première fois que je t'ai vu
Tu jouais encore avec ta fronde
Je jouais encore à la marelle
Quand on s'est promis mer et monde
Et puis la lune et puis le miel
Tu as été mon premier homme et moi, ta première pucelle
Et c'est sur la banquette arrière
De la voiture de ton père
Que j'priais Dieu pour qu'y m'pardonne d'être déjà en train de faire
Ce qui, pour moi, ne pouvait être
Que de l'amour éternel
T'étais peut-être en train de jouir
Ou peut-être en train de muer
Quand tu m'as dit : Ça fait plaisir
D'savoir que l'on est le premier
Un peu jaloux, un peu conscient
Qu'aimer toujours, ça dure longtemps
Surtout quand on a quatorze ans
Et qu'on a toute la vie devant
T'avais le crâne dégarni quand je t'ai vu y a quelques jours
T'es déménagé près d'ici
T'as des clôtures dans ta cour
Tu jouais encore comme un gamin à faire le tour de ta maison
À faire le tour de ton jardin
Sur un p'tit tracteur à gazon
T'avais peut-être 34 ans
Et encore une bonne dose de charme
T'avais la garde de tes enfants
Mais t'avais pas gardé ta femme
Moi, j'étais plus ronde et plus blonde
Sans aucun doute, un peu moins belle
J'n'avais connu ni mer ni monde
Et ni la lune et ni le miel
J'étais là, devant ta demeure, plantée comme un grand tournesol
T'es descendu d'ton petit tracteur
Tout en sueur, en camisole
Tu m'as fait le cœur tout crispé et le visage tout écarlate
Quand ton sourire m'a dévoilé
Ta belle rangée de dents droites
On est sorti de nos trentaines
On a rechaussé notre jeunesse
Dans une voiture qui était la tienne
On s'est aimé à toute vitesse
T'étais peut-être en train de jouir
Ou peut-être en train de pleurer
Quand tu m'as dit : Ça ferait plaisir
D'savoir que je serais le dernier
météo intérieure du jour :
Jour précédent/ Jour suivant/ Il y a un an...
Pour m'écrire, cliquez ci dessous