Mardi 12 Juin 2001

 

"C'est formidable le poker. Ce qui compte, ce n'est pas de disposer 

de bonnes ou de mauvaises cartes mais de savoir jouer avec les mauvaises." 

Bernard Werber 

 

08h36 : Salut les p’tits clous (copyright top 50 ;o)

Me voilà de retour au travail ! Cette journée va compter puisqu’à 15h j’ai rendez vous avec mon boss pour savoir s’il me laisse quitter la boite deux mois (du 15/07 au 15/09) pour me reprendre ensuite à mon poste… J’ai, du coup, eu encore beaucoup de mal à dormir hier soir et me tournais et me retournais sans arriver à trouver le sommeil. Ce matin, forcément, j’ai failli mourir de fatigue quand le réveil a sonné... Je me meurs encore d’ailleurs, toute héroïne cornélienne que je suis… Ce soir, mon père revient de la campagne… J’aimerai avoir cette grande nouvelle à lui offrir en cadeau de bienvenue. Et puis, finir le boulot le 15 juillet quel bonheur ! Je pourrais aller chercher madame Lune à l’aéroport et lui faire visiter Paris les 24h qu’elle y restera, je pourrais voir Franck aussi, avant son départ pour Montréal, préparer tranquillement mes valises, prendre le temps de choisir des petits présents pour mes amis de là-bas, acheter un prise 110 Volts, organiser des dîners avec mes copines, prévoir de les retrouver en septembre pour tout leur dire, et faire bien d’autres choses encore ;o) … Il faut qu’il dise oui le boss !!!

 

Je crois qu’exceptionnellement je vais devoir absorber du café. Même s’il est dégueulasse, allongé d’eau froide et sucré deux fois je sais qu’il me fera de l’effet… Lui, au moins (arf, mais qu’est ce que je raconte moâ ce matin ??? Désolée, je suis exténuée… ) Je me demande qui la France reçoit d’Italie, j’ai vu les drapeaux de nos deux pays border l’avenue des Champs Elysées. (Berlusconi, Nek, La Cicciolina ???) Ont-il pensé à apporter de la colombe aux amandes et aux fruits confis ?

 

11h19 : L’angoisse…

J’ai de plus en plus les chocottes pour l’entretien de tout à l’heure. Alice s’est excusée de ce qu’elle n’avait pas fait pour arrondir les angles avec le boss mais ce dernier n’a pas desserré les dents… Vraiment, si j’arrive à faire quelque chose de ce gaillard là, j’aurais un sacré mérite ! Tiens, le voilà qui passe devant moi justement… wow… Je prends des risques là :o)) Mon horoscope me dit pourtant : « Pas de crainte à avoir, vous allez avoir les coudées franches et pourrez mettre vos atouts sur la table. Le succès ne devrait pas vous griser. » Top moumoute non l’horoscope du matin ? ;o) Pourquoi j’y crois pas ?

19h28 : l'ultime combat

Aujourd'hui j'ai donné du 100% de scribouilleuse fraîchement pressée, et ce soir je suis vidée, morte, épuisée nerveusement, physiquement et je n'aspire qu'à dormir. J'ai tout donné et ça n'a pas complètement marché. Je vous explique : j'ai vu mon boss à 15h comme prévu et il m'a tout accordé, les deux mois (soit disant au Québec), le CDI en revenant, tout ! Et même une clope en prime ;o) J'ai discuté agréablement avec lui, et j'ai même pu lui toucher un mot sur Alice, lui dire le bien que je pensais d'elle, le bon travail qu'elle faisait, comme c'était une fille sensible et surtout comme elle avait été touché douloureusement par leur dernière querelle. Il m'a promis qu'il ferait plus attention à elle ;o) En sortant de la salle de réunion j'exultais, trop facile, trop fou, trop bon... Je lui ai remis mes dates et on a vite vite parlé du CDI que je devrai signer avant de lui remettre ma lettre de démission. Quelques minutes plus tard, il me re convoquait dans son bureau pour me dire que le big boss était trop frileux pour me faire signer maintenant mon contrat pour septembre... Les larmes me sont immédiatement montées aux yeux - je le savais que c'était trop simple. Boss m'a dit que le mieux serait que je rencontre Big boss pour lui exprimer mes motivations, et lui montrer ainsi que je n'allais pas lui poser un lapin en septembre. Le Big boss fait très peur, c'est un con, faut bien l'avoir en tête ça pour comprendre la hantise que j'avais en posant mon postérieur en face de lui quelques minutes plus tard. ça y est, elle est là ta vraie partie de pocker... Je lui ai refait le speech du super job de deux mois à Montréal, le coup de l'expérience unique, la carte "j'aime trop cette entreprise, c'est comme une deuxième famille, blablabla... Je serai plus riche en rentrant et j'apporterai mon nouveau savoir à la boîte, blablabla..." Je savais bien que nombreux étaient ceux qui l'avaient déjà lâché après lui avoir fait de touchantes promesses. Il m'a dit qu'il appréciait mon travail, que j'étais la meilleure qu'il avait eu à ce poste depuis longtemps mais qu'à part une promesse écrite reconnaissant mes compétences et stipulant son souhait de me reprendre à la condition que personne n'ait pris ma place jusque là (10, 15% pas plus d'après lui), il ne pouvait rien faire d'autre pour moi.

 

Il parait chacun de mes coups, une vraie bataille rangée ! Un requin ce type c'est moi qui vous le dis ! J'ai même utilisé l'arme fatale des larmes (à moitié, pas trop dur à faire dans mon état), usé aussi de l'humour (mon brelan d'as !) en lui disant que mes collègues mettraient du sel dans le café de "la nouvelle" si "nouvelle" il devait y avoir... Mais il est trop trop fort ce type ! Il forcerait presque mon respect s'il n'était pas ma mouche du coche... Il a voulu me bluffer... Mais moi aussi je sais le faire, et voilà à quoi j'ai pensé, rassemblant mes idées dans un ultime effort : 1/ Je sais que c'est mon boss qui est sensé embaucher la personne susceptible de me remplacer si besoin est et il m'a dit en me regardant droit dans les yeux que si "quelqu'un" se présentait il trouverait comme par hasard quelque chose à lui reprocher jusqu'à mon retour, ou lui mènerait une telle danse qu'il la ferait se barrer au mois de septembre, parce qu'il me croit lui ! Il sait que je vais revenir ! 2/ Le Big boss m'a parlé de la période creuse de Juillet / Août et m'a proposé de lui faire des free lance depuis le Québec 3/ Je lui ai même proposé de travailler cet été gratos pour lui montrer ma bonne fois. Bon, il a refusé... Il préfère me payer, arf ! 4/ Le poste devait être cassé avant mon arrivée, ça serait bien le diable si tout à coup en pleine période de temps mort il avait besoin d'une armée de rédactrices ! 5/Il m'a assez louée pour que je ne tombe pas dans son bluff... Donc, je lui ai dit "et bien soit, je prends le risque, je pars et je vous fais la promesse que je ne postulerai pas ailleurs parce qu'ici je suis capable de faire de grandes choses !" Paf ! Sur ce coup là j'ai abattu toutes mes cartes... PATATRA ! :o) Il a souri et je suis partie en me séchant un peu les yeux (ouahou très faux de l'amour tout ça :o)

 

Mon boss est revenu encore après ça pour m'offrir son soutien et son appui en toutes circonstances et je pense que, même si ça tient à un clic, j'ai une place en septembre... Le Big boss a juste essayé (et on le comprend) de me retenir parce que ça l'arrangeait mais je pense qu'il tient à moi - en tant que petit soldat oeuvrant pour la gloire de son entreprise bien sûr !- A moi et à mes amis de me rendre indispensable jusque en septembre... Mon boss m'aidera en n'embauchant personne (c'est pas de la confiance aveugle, c'est du pocker et de l'intuition !), je ferai bien mes free lance, et je les appellerai fin août pour me rappeler à leur bon souvenir. Alea jacta est... Ce soir je dirai à mes parents qu'on a dit du bien de moi au travail et que même s'ils n'ont pas besoin de moi pendant deux mois, un CDI m'attend en septembre... Je crois que là, je mise mon lit mais bon, je suis pour ainsi dire "interdite de casino" alors il faut bien que je donne libre cours à mon vice ailleurs... On est pas sérieux quand on a 27 ans...

 

 

météo intérieure du jour : 

Jour précédent/ Jour suivant

Revenir au sommaire

Pour m'écrire, cliquez ci dessous

 

Inscrivez votre e-mail pour être avisé lorsque ce site sera mis à jour.

Ajout Retrait