Lundi
11 Juin 2001
"Seuls les faibles mettent des années à s'affranchir d'une émotion.
Celui qui est maître de soi peut étouffer un chagrin aussi aisément qu'inventer un plaisir."
Oscar Wilde
Voilà, j'ai mon passeport. Je n'en retire pas la joie que j'escomptais... Pourquoi ? Parce que j'ai la trouille. La trouille de m'être lancée dans une aventure que je ne suis pas sûre de mener à bien. Hier soir, après avoir reçu son mail, je suis restée perplexe. Je ne comprenais pas, j'en avais des brûlures terribles au ventre... Comment peut-elle s'être méprise sur mes bonnes intentions ? Comment n'a t elle pas su voir que mon amitié ne s'exprimait que part mes mots à moi, des mots vrais, écrits pour elle dans lesquels je mettais tant de tendresse. Depuis ce mail je suis bloquée, je doute de tout, j'ai l'impression que les rares certitudes que j'avais sont ébranlées et j'en souffre... Je suis si fragile en ce moment. Un rien me rappelle tant de trahisons, tant d'abandon... Impossible de fermer l'œil jusqu'à 3h cette nuit... Trop mal au ventre, trop l'envie de tout abandonner. J'ai monté mes volets et j'ai cherché dans la lune un réconfort. J'avais envie de mots simples, de douceur, qu'on me berce, qu'on m'explique simplement pourquoi. Quelques heures plus tard, finalement, rassurée par la douce clarté de mots prononcés en pleine nuit je me suis recouchée et j'ai dormi. Ce matin je n'y voyais pas plus clair. Pourquoi l'astre blanc et laiteux ne brillerait il pas aussi en plein jour ? Ce soleil m'aveugle, il me fait peur, me pèse. J'étouffe et me recroqueville en attendant que la nuit revienne...
J'ai passé la matinée au poste de police (bah voui j'ai buté quelqu'un cette nuit, j'avais envie, et ça m'a fait beaucoup de bien ;o) Pour une fois, à part le stylos noir, rien ne manquait pour effectuer le passeport vers Montréal. Je suis exceptionnellement tombée sur des gens souriants et compréhensifs. Une chance ! Me voilà titulaire d'un titre européen. Je fais partie de l'avenir, j'ai le timbre fiscal et la photo ignoble de circonstance. Good. Mais j'ai toujours les yeux marrons et ne dépasse pas le mètre 70. Pour ça, me dit la dame, il fallait s'y prendre avant ;o) Je me console avec un happy meal. J'aime le yaourt à la fraise et le furby's que Mac Donald m'offre gracieusement... Je pense aux petites sœurs de Silvio... Leurs Furby's se déclenchaient toujours en pleine nuit quand on rentrait sur la pointe des pieds de notre pizzeria en amoureux. "Moâ dormmmiiiiir encôôôre..." qu'ils disaient. ça nous faisait toujours rire aux éclats.
Hier soir, j'ai vu "Lautrec", j'ai aimé ce nabot génial toujours sur le point de rire. J'aime la beauté quasi irréelle d'Elsa Zilberstein, ses grands yeux verts plantés comme des couteaux dans ceux de ses partenaires et son sourire si doux. J'ai beaucoup aimé les scènes de french cancan et les dialogues gouailleurs de Montmartre. Heureusement que ce film était là pour me divertir, j'avais l'âme bien trop pleine pour écrire...
17h19 : Pause Toblerone
"Pourquoi tu prends cet air pensif ?", "-figure toi que c'est parce que je pense à quelque chose. ça t'étonne ?"... Je regarde Le Mépris et je pense à Béca et à son cerbère. Hum. Elle vient de m'appeler, elle a revu Dean, il s'est passé quelque chose dans leurs yeux. Gazou, sa sœur a eu un monumental coup de foudre dans un train de nuit, elle va quitter son mec. Béca envie ma liberté de mouvement. Anne C. de Ste Maxime vient d'arrêter la pilule, je dois aller passer un week end chez elle début septembre pour féliciter la future maman, le futur papa et leur raconter mon voyage pendant qu'ils me raconteront le leur... Leur voyage de noce aux states. J'ai promis. J'irai. Le Mépris est angoissant. Imparable. Inéluctable. Je peux presque dire que je comprends la souffrance sous jacente de Paul qui grossit comme une tumeur. J'ai des frissons sur toute la colonne vertébrale. C'est pour ça que j'ai fait une pause Toblerone ;o) J'ai ouvert la fenêtre aussi. Comment peut il faire aussi frais alors qu'il fait si beau.
C'est le bac Philo. "Pourquoi doit-il y avoir un devoir de mémoire ?" Je m'en souviendrai toute ma vie de ce sujet ;o)... La preuve qu'il est encore d'actualité et que j'aime en parler. J'en parlerai toute ma vie de ce "devoir de mémoire". J-lo m'a appelé, héhé, c'était drôlement sympa. Même pas le temps d'être mal à l'aise, je lui ai tout de suite parlé de ce qui n'allait pas, comme à un déjà vieil ami. Samedi on ira faire du roller. Hum. Est ce bien raisonnable d'être ridicule si tôt ? On en reparlera demain soir, il me rappelle :o) Chic alors ! J'aimerai bien faire des vacances de journal online d'un coup. J'ai l'impression de censurer mes écrits pour mes amis qui me lisent, pour J-lo, et puis aussi pour moi, parce que depuis deux jours je me sens oppressée et je n'ai pas envie de vous dévoiler tout ça... Mais je pense que ce n'est qu'un creux de vague. Que j'en ai déjà connu d'autres et qu'il faut que je m'accroche à ce truc. Parce que "ce truc" c'est la seule chose de ma vie que j'ai créé de toutes pièces et que je laisse grandir en moi depuis 9 mois. Une fois accouchée je ferais quoi ? Non, non, un baby blues, rien de plus ne vous en faites pas...
Mon mail vient de sonner, ding dong, "bonjour, c'est des compliments, encore, pour Scrib ! Je pose où ?" Là, là... Merci, je signe où ? Peux mettre une croix, je sais plus mon nom ? Et là je lis : "je ne pensais pas que mon petit mail allait tant te toucher. Je précise qu'il était sincère. Après avoir lu ton journal de dimanche que j'ai imprimé pour mieux lire je voudrais ajouter: 1) as-tu vraiment écrit tes petits exercices en treize minutes (18h 35 - 18h 48), sans idée préalable, comme ça (ici, main levée, claquement du pouce et du majeur)? j'ajoute que ce genre d'exercices pour moi est partie intégrante du journal, ça fait partie de sa respiration. 2) le gros danger qui te menace est ta trop grande facilité d'expression, il semble que tu écrives sans difficulté aucune, sans effort. 3) complément au dithyrambe: ce qui me séduit le plus c'est que ton écriture reflète exactement le mouvement de ta pensée, avec ses démarrages, sa vitesse, ses ralentis, ses flottements, ses hésitations, ses rebonds, ses retournements, ses souffles, avec une énergie, une vitalité que l'on sent derrière les mots (et la ponctuation - arf, argh, :o((, etc.). 4) peux-tu me communiquer les adresses des diaristes qui sont plus dignes d'éloge que toi? je ne les connais pas tous et les rares où j'ai fait des incursions m'ont plutôt déçu. Pour conclure: si tu continues comme ça (11000 signes pour la journée de dimanche), je vais proposer à Lejeune de faire une communication sur la "scrib." à son colloque sur les journaux-fleuves, journaux-monstres (voir son site)."
Arf. Apparemment je ne me suis pas trop faite taper sur les doigts par mon lecteur pour avoir recopier son mail dans mes pages, alors, impénitente que je suis, je me permets de réitérer très honteusement et orgueilleusement bien sûr :). Pourquoi ces mails là arrivent toujours au moment ou je sens ma pensée vaciller ? Est ce qu'il l'a senti le monsieur lecteur ? Est ce qu'il a voulu me dire : "allez, reste là, c'est bien" comme une tape sur l'épaule ? En tout cas je trouve qu'il tombe à pic ce mail. Sauf que je ne comprends toujours pas pourquoi on félicite quelque chose que je fais, oui, sans effort ? C'est pas du jeu... J'ai toujours eu honte de réussir quelque chose autant que de ne pas réussir toutes les autres choses. Je vais aller répondre à ce lecteur. Lui dire que oui, l'idée de l'exercice m'a plu et que ma langue clavière s'est déliée en 10 minutes, pi même que c'était trop fastoche ! Les autres vont me haïr et ils auront raison, c'est très effronté ce que je viens de dire. Et c'est le moment où jamais de me jeter des caillous les copains ;o)
M'sieurs, dames, révérences... je me retire à votre présence pour aujourd'hui !
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