Dimanche
10 Juin 2001
"Si on n'est pas
prêt à tout, on n'est prêt à rien."
Paul Auster
Maman m'a taquinée toute la matinée. Elle me sort des trucs hallucinants comme par exemple de garder mes lunettes la journée. Out of question, je me hais avec des lunettes ! J'ai l'air d'une intello naïve. D'ailleurs même Carry dit : "ça te change !" C'est vous dire ! Non, non, non... Je sais pourquoi elle me dit ça ma mère : pour qu'elle retrouve dans ma physionomie quelque chose de sa petite grosse des années 80. Out of question ! C'est ou bien mes lentilles, ou bien rien du tout pour voir de mes yeux myopes le scintillement des lampadaires du périphérique ! Hier soir, entre nous, avec du chocolat pour elle et une rondelle plastique de bouteille d'eau, nous avons regardé "Rien sur Robert". Luchini est, comme toujours, extraordinaire et les deux actrices qui lui donnent la réplique sont très drôle pour Kiberlain, très belle pour Valentina Cervi. Piccoli est lui aussi phénoménal dans son rôle de ponte caractériel. J'ai pensé à Henri lors de plusieurs répliques. Arf, ça ne m'étonne pas qu'il ait aimé à ce point. Ce film lui ressemble tellement :o) les dialogues sont déjantés et il y a une tonne de bons mots que j'aurais voulu noter pour ici. Je n'en ai retenu que deux, forcément les moins bons des meilleurs : 1/ le héros vient d'avoir un gros choc et il est tombé dans la baignoire de son hôte. La maîtresse de maison, qui est médecin, lui demande ses symptômes, "-Des vertiges ?", "-Non merci"... Et puis quand Sandrine Kiberlain, qui trompe son homme à maintes reprises lui dit "C'est toi que j'aime, lui je le déteste" Arf... Bon, j'abandonne, je raconte mal... :o(
Encore une nuit où le sommeil n'a frappé mes paupières qu'à 3h du matin... Qu'est ce qu'il m'arrive en ce moment ? Je pense à mes amies au Québec, je pense à ce mail xtra que j'ai reçu hier soir et qui disait : " Il y avait plus de quinze jours que je t'avais délaissée (je veux dire ton journal), je viens de lire d'une traite toute la semaine. Je ne peux que t'écrire pour à nouveau t'exprimer quelque chose qui ressemble à de l'admiration. Je crois que d'un certain point de vue, il est parfait (ce journal). Pas poussiéreux, "mode" (mais sans ce que cela peut avoir de péjoratif, je veux dire ancré dans ta génération pour des fois du mauvais, mais surtout pour du bon), non, pas mode, contemporain. De l'émotion et un humour agréable en bonne proportion. Et ce que les vrais amateurs de journal recherchent: la liste de ce que tu as mangé ce midi, tes petits bobos, l'heure ou tu vas dormir, celles que tu passes devant la télé, et de vraies réflexions (et comme tu n'es pas une lourde intello mais d'une subtile intelligence ça ne gâte rien), mélange - je me répète - bien équilibré, harmonieux. Bien sûr que nous ne sommes pas toujours d'accord avec toi, et que tes opinions changent, c'est aussi l'intérêt des journaux). Le tout nappé d'une belle spontanéité d'écriture. Quand tu auras publié ton roman tu devras le mettre sous pseudo parce que nous voudrons nous tes fans l'acheter et le dévorer. J'arrête, j'arrête, parce que tu vas dire "ouh la la quelle pommade, qu'est-ce qu'il cherche çui-là".". Quel sourire j'ai eu en le lisant celui-là ! Un sourire mêlé d'incompréhension... Pourquoi moi ? Il y a tellement de diaristes qui écrivent mieux que moi, tellement de jeunes filles qui paraissent plus digne d'éloges, (je pense à une en particulier qu'Henri aime lire passionnément) et j'ai l'impression de ne pas être à ma place dans de telles critiques. Un peu comme Grosjean après avoir gagné son match contre un Agassi qui lui tournait le dos à chaque service... Hum...
Nino n'a pas appelé. J'en ai conçu un grand désarroi et puis je lui ai fait la "scène" promise et il n'a pas aimé. J'ai cru l'avoir déçu, lui aussi, j'ai "culpabilisé"... Je lui ai écrit pour essayé de me faire un petit peu pardonner... Et ce matin il m'a écrit, de nouveau, comme si de rien n'était, joignant à son mail une photo de lui et quelques couchers de soleil... Dans son mail aussi, la promesse un jour, de m'appeler. Je dois le rencontrer samedi prochain lors de son passage à Paris. Je suis carrément intimidée... Morte de trouille devrais-je dire. Argh. Pourquoi donc ? J'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs lecteurs et lectrices, et à part un petit picotement d'adrénaline, ça ne m'a jamais fait ça... Je crois comprendre que ce qui me gène, c'est que toute à jouer de mon aura de diariste et lui de sa séduction de lecteur, il y a eu dans nos mails comme un goût d'aventure amoureuse. Ce rendez-vous de samedi ressemble donc plus à une "blind date" qu'à une sympathique rencontre amicale... Ouatch !
C'est pas du jeu ça quand même ! Je suis en carence romanesque et lui débarque dans ma vie en me jouant la valse d'Amélie et celle de Sinatra. Mais qui dit que sorti du contexte, les cordes des violons ne feront pas d'accords dissonants ? C'est pour cela que je voulais qu'il m'appelle. Non pas pour savoir si "lui et moi ça pouvait coller", je ne goûte pas de pain de mie là (et les aventures virtuelles, les rencontres sur Internet je les maudis), mais plutôt pour savoir si nous avions le potentiel de nous entendre comme des potes, si nous avions les moyens de devenir des grands amis comme Mister J et moi le sommes devenus alors que ce dernier avait depuis longtemps le statut d'amoureux virtuel ;o) Nino est fou d'aventure, de grandes scènes du IV, de surprises enchanteresses mais moi je suis fragile, j'ai besoin de me rassurer, de savoir qu'il n'est pas un loup. J'ai besoin de savoir si je ne mets pas les pieds sur une mine. Rendez vous compte que je parle de gens qui, comme vous, lisent ma petite vie, savent tout de moi. C'est pas du jeu, non quand même ? :o) Mister J et tous ceux que j'ai connu via le journal l'ont compris et ont marché doucement sur des oeufs avant de m'approcher. Je pense qu'ils ne le regrettent pas maintenant. Après une phase de reniflage, tout le monde est détendu et les rapports humains deviennent faciles, fluides et là, tout devient permis selon que l'alchimie fonctionne ou pas. Tout le monde est sur le même pied d'égalité. La barrière est franchie, c'est la vraie vie, les cartes sont alors rebrassées, distribuées équitablement, le jeu de la RL peut vraiment commencer, pas de triche possible dans ce casino là.
Ma Chiara m'a appelée en larmes hier soir, Miguel lui a fait une scène de ménage sur sa sortie d'avant hier avec ses copines d'école. Mince ! Il a choisi le jour ! C'est vraiment nul de sa part de lui demander des comptes (incongrus quand on sait à quel point Chiara est une fille droite) le jour où elle se bat courageusement avec une maladie pas drôle ! Pff... Ah ! Sacré LEF celui-là ! Quant à moi je me repose toujours, je réfléchis aux papiers qu'ils me faut préparer pour le voyage et prévois demain de m'occuper de mon passeport. Je suis à la recherche de petits cadeaux à faire à mes amis du Québec et je ris beaucoup en y pensant. D'ailleurs je ris souvent toute seule en pensant à tout cela... Gurty m'a téléphoné hier soir, je le verrai peut être un soir dans la semaine pour le filmer dans mon herbier à souvenir. Je m'autoénerve d'avoir oublié mon caméscope le soir du concert de Jérôme. Grrr... Mais où avais-je la tête ! (au CPPM ???) Cette soirée était géniale, une des meilleures depuis longtemps !! Mince, zut, flûte, mer...credi !
Dîtes les copains, j'ai envie de faire quelque chose de fou, d'inconsidéré, d'in à propos et de suicidaire... J'ai envie d'annuler mon rendez-vous travail de demain matin 9h pour faire la grasse matinée à la place ! J'ai envie de croire que ma bonne étoile va m'accorder de reprendre le travail dans ma boîte en septembre ! C'est kamikaze étant donné que je n'ai pas d'autres pistes, non ? Héhé, et bé je vais le faire !! Allez hop, je profite que c'est dimanche pour envoyer lâchement un mail au type et lui dire que je ne viendrai pas demain... hahahaha, j'adooooore croire en ma bonne étoile, j'ai l'impression de dominer le destin, qu'il ne me fait pas peur, que je joue avec comme à la roulette russe... "wish upon your star..." Arf ! Vous allez voir, y vont me reprendre en septembre, et je pourrais le balancer à mon père qui prédit de me couper les vivres si je n'ai pas un job en rentrant de Montréal !... Je suis folle ! Youpiii... Oui, je sais, je viendrai pas pleurer !... Si ! Je viendrai pleurer, d'abord !
18h35 : Exercices de style de Raymonde Quenotte
(Attention ! Exercice purement récréatif, toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé est purement fortuit ! De plus rien de tout ceci ne fait parti du journal de bord de la Scribouilleuse et des évènements qu'elle a vécu. Plaisir d'écriture, exercice de style purement récréatif, je le répète ! :o)
...à Henri
Le bleu Nicolas de Staëlien brûlait mes yeux verts. X changeait de maillot dans sa cabine éponge et je me demandais ce que je faisais là au lieu de boire un pu-erh sous la pluie Auteuillienne en regardant des écolières de mangas sortir de leur composition de français le sein léger et le crayon planté dans un chignon fou. X partit rejoindre Nicolas Bernard dans l'eau plutôt mouillée en l'éclaboussant de petits rires chevalins. D'autres se seraient dit qu'il eut mieux valu les laisser seuls, fétus de paille rohmérien, si beaux dans le miroir de mes yeux. J'avais plutôt envie de les rejoindre et de leur proposer un truc à trois. Je plongeais mon slip Sonia Rikiel encore humide dans ma pochette Muji et, nu comme un chèvre frais, je composais alors ma plus belle chanson.
Je n'aime pas la plage. Les gens sont ennuyeux posés sur leurs serviettes. On dirait qu'ils s'amusent. Y'm font chier à s'amuser ces petits fonctionnaires qui ont compté les jours les rapprochant de Palavas les flots. Et Mireille qui rigole, comme une brêle. Qu'elle y aille donc, retrouver l'autre vieux beau qui parade dans l'eau comme un canard boiteux ! Si elle croit que je ne me doute pas de ce qu'ils ont envie de faire. Pendant ce temps j'attrape des coups de soleil. Ma peau a pas l'habitude du soleil. ça fait des bandes rouges et blanches quand je me lève, à cause de mes bourrelets. J'ai envie de rentrer et de prendre le métro pour parler enfin à des vrais gens. Je ne sais pas ce que j'ai, je me sens aussi amère aujourd'hui qu'au jour de ma naissance...
mer bleue, sable fin comme des grains de semoule. j'aime la semoule qui coule entre mes doigt, celle au sucre roux. chapeaux de paille, paillasson, somnambule, bulletin, tintamarre, marabout, bout de ficelle, selle de cheval, cheval de trois, trois petits chats. miaou. je ne veux pas savoir s'il y a une vie avant la mort. je suis amélie, bérénice, madame arnoult, ophelie, et même prince de lu que j'ouvre en deux pour lécher le chocolat à l'intérieur, peu m'importe je suis heureuse et la mer est bleue. robi joue dans l'eau avec alice. je suis au pays des merveilles. qu'elle est belle alice. moi aussi je suis belle, pour robi je suis une fleur qu'il cueille entre des draps bleus, bleus comme la mer. l'azur me caresse comme un coquelicot, je brille, je suis soleil, jaune, or, je lis oui oui en repensant au piano. piano d'ébène au pakistan. je ne t'ai pas oublié, je m'oublis moi parce que je suis vivante ! Quand je vois cette mer si bleue, j'ai envie de prendre un bain chez moi.
Génial !!!!! Enfin youpi roucouli :)))) roucoula je suis en train de bronzer sur ma serviette "le Grand bleu" (j'adore ce film, je l'ai vu 8 fois et à chaque fois je pleure quand la fille dit à jean marc Barr "go and see my love") mon gros bébé d'amour est déjà dans l'eau avec Claire ma meilleure amie. (vous savez celle qui m'a offert le bracelet brésilien quand on a passé le bepc !!! :)))) elle a de la chance de bronzer comme ça, elle. Moi je crame. Mon chéri aussi bronze vite lui, c'est parce qu'il est de Nice, sa peau est plus préparée. Moi à Tourcoing j'ai pas cette chance. Je suis contente qu'on s'entende aussi bien lui et moi, pourtant c'est que la deuxième fois qu'on se voit. C'est décidé, ce soir je lui chante la bando de roméo et juliette en entier. Il aime bien que je chante quand on fait hum-hum. Chai pas pourquoi. (????) :))))) Il se fait tard je vais m'éclipser pour lui acheter cette peluche ballon de foot qu'il a vu tout à l'heure sur le port. Claire veillera pendant ce temps sur lui, ils s'entendent si bien... vite, je reviens.
Hier, sur la plage je regardais les seins de mes copines. J'ai beau être contente des miens j'enviais le rebondi des siliconés qui tout seuls se tendent vers le ciel comme hurlant de désir. J'avais envie de les caresser. Je n'y repense que maintenant. Je note sur ma short list : 1/voir s'ils sont durs et fermes. 2/ goûter leurs bouts brûlés par le soleil de St Tropez. Plus j'écris plus la chaleur monte entre mes cuisses humides. Vous savez comme j'aime raconter ces fantasmes qui me hantent dès que la température monte. Al nageait près de Sylvie, en string elle aussi. Je les rejoints, ondulante, invitant mes amies à se joindre à nous. "Plus on est de fous, plus il y a de vits" comme on dit ! Sous l'eau, un joli ballet aquatique restait visible pour les plongeurs de passage qui pouvaient admirer de gros membres musculeux s'enfonçant dans les mousses tendres des naïades. ça suçait à tout va et chacun perdait sa chacune pour la retrouver sous l'eau plus que salée de nos ébats. J'attrapais Claudie pour lui mordiller... Merde, maman arrive, je dois vous laisser...
18h48 : Hahaha
Désolée pour la fin en queue de poisson (ou en eau de boudin ;o) du dernier paragraphe mais, même s'il fallait quelque chose d'excessivement difficile pour le final de mes exercices de style, je n'assume pas du tout d'écrire des lignes aussi éloignées de mes écrits habituels. arf. Je sais, je suis une petite joueuse. Bon, c'est fou tout de même les idées saugrenues qui passent par la tête d'une scribouilleuse les dimanche ennuyeux ! héhé. Mais l'idée d'Henri était bien alléchante... Prendre différentes plumes diaristiques pour raconter la même histoire. C'était plutôt divertissant à relever comme challenge. J'aurais pu faire mieux mais j'avais envie de rajouter au défi de le faire en 10 minutes chrono et je trouve que le pari est réussi ! Allez les krokros, bonne soirée et à demain ;o)
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