Samedi 18 Août 2001
"Si
tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,.."
Rudyard Kipling
19h56 : Magnifique journée nichée auprès des miens...
A 40 km de Nemours il y a une petite maison posée comme dans un rêve devant le bois du petit loup, celle où quand on entre on chante "cromenons nous dans les bois pendant que le loup y est pas..." Et quand on voit le détour du chemin en arrivant, on entonne : "qui c'est qui voit la p'tite maison, qui c'est qui... ?" et ce, depuis mon plus jeune âge... C'est là que j'ai passé la journée avec maman, Nona et papa. A peine sortie de la voiture j'ai sauté dans celle de mon père pour l'aider à faire ses courses. Le fromager Chafraix, le boucher Chafard nous ont fourni de belles brochettes, un brie crémeux, du munster, et le sieur Casino des pêches bien mûres :o) Munis de ces délectables ingrédients nous avons fait retraite. La farniente. Allongée sur une chaise longue à me triturer les méninges sur des mots fléchés, des braises chaudes qui grillent du lard et des salades, des minuscopiques tomates rouge craquantes et vert tendre, un rosé frais comme la rosée... Le bonheur simple de contempler la course d'un papillon blanc, de jouer au rugby avec une bouteille de Volvic vide, de voir papa et maman qui se chamaillent pour finir roulés dans l'herbe, verte comme la couche des Élans canadiens. En pleine après midi, quand l'orage menaçait presque, nous sommes partis bras dessus, bras dessous avec papa cueillir des mures... Il connaît un "bon coin" ;o) Il faut s'enfoncer dans la forêt (du petit loup), vaincre la troisième crise de hoquet, se munir d'une pique, de gants solides et d'un seau... C'est bon pour une grande fille de marcher près de son père, bon de le sentir là quand on sait qu'un jour il n'y sera plus. Sentir l'odeur du savon de Marseille sur ses mains, l'odeur du seau en plastique jaune avec lequel on jouait enfant, humer le blé coupé, l'herbe fraîche, tendre sa main grandes ouvertes et pleine d'avoine aux chevaux qui paissent, libres. S'ébrouer quand une mouche, une guêpe, un grillon saute presque sur vous, et rire, rire en voyant un écureuil en planque. Se piquer aux ronces, retenir son souffle pour éviter les orties, écraser une mure entre ses doigts pour en sucer le jus sang...
En rentrant rouges et toute sourire nous avons offert le fruit de notre récolte à maman qui va en faire un unique pot de confiture. Aimer la voir détendue, jouer à "papier, puit, ciseau" et la voir sortir un flingue de ses doigts. Trouver mes mots fléchés remplis par cette grande gamine de mots comme "boudin"ou "pipi" n'ayant strictement aucun rapport avec la définition demandée. Arf. Ma mère a déjà gagné des concours de mots fléchés. C'est la meilleure mais là je pense que le soleil a dû lui taper sur la tête. :o) Ne plus penser que Brocéliande est tombé à l'eau, penser plutôt à aller voir une mimi en Bretagne en septembre avec papa (Rââââ... Voir la mer une dernière fois avant de reprendre le collier :o)) et une autre mimi au Canada pour Noël. Tout à coup la vie retrouve tout son sel. Voir Nona endormie, calme sous son chapeau de paille, voir papa tout ému et triste de nous voir partir. Such a perfect day... Nous y retournons en fin de semaine ou la semaine suivante. Je remercie le ciel d'avoir cette famille là, je n'en voudrais aucune autre. Je profite intensément d'eux. Je suis fière d'eux, d'être leur fille. Je veux goutter chaque jour leur présence. Ils me comblent...
météo
intérieure du jour :
Pour m'écrire, cliquez ci dessous