Vendredi 21 Septembre 2001
"Ce n'est ni le spleen, ni le marasme, ni le malheur. C'est quelque chose de plus âcre. C'est le désespoir."
François Hertel
12h33 : Crise existentielle sans gravité
Je suis un peu plombée par tout ce qui se passe en ce moment, dans la vie des autres d'abord (je pense autant à ceux qui ont perdu un proche dans les attentats qu'à ceux qui se préparent, dans la peur, à en perdre pendant la guerre) mais aussi, forcément, à ma petite vie sociale, à l'appel de mon ex hier, à mes amis en couple, à ceux qui se sont casés parce qu'ils vieillissent (sans doute plus tristes que ceux qui sont réellement amoureux). Je pense aux tas de sorties joyeuses que je faisais naguère et que maintenant je ne fais plus parce qu'il fait trop noir le soir, trop froid le matin, parce que l'argent manque aussi en ce moment. Je pense qu'il me faut de manière urgentissime me trouver un travail pour déjà faire taire les réflexions incessantes de ma mère et pour pouvoir offrir à mes rêves un tremplin en aluminium. Vous ne pouvez pas imaginer comme c'est pesant parfois de la voir m'invectiver comme si tout n'était que de ma faute, voir dans les yeux de sa mère la propre image qu'elle a d'elle même. Les moments de complicité se font maigres remplacés par des paroles acides criées plus que dites. Je n'ose même plus sortir de ma chambre... Il me tarde que l'association me rappelle pour m'annoncer que je vais taper des adresses toute la journée au lieu de l'entendre, elle. Je n'en peux plus de voir ce rictus haineux sur son visage, je n'en peux plus de la voir chaque jour ressembler de plus en plus à Nona, je n'en peux plus de son regard qui me juge de haut, comme si elle, elle avait fait mieux que moi. Je suis encore jeune, pas tout à fait "finie" il me semble, et je préfère être sans homme que de faire la bonne pour un type qui ne m'a jamais respecté et qui me fuit. Je préfère mettre du temps à trouver ma voie plutôt que de trimer pour vendre à des clientes fortunées des paquets que je porte sur mon dos comme un âne. Pourtant je comprends et respecte la direction que sa vie a prise malgré elle, je ne la juge que pour me donner le courage de l'affronter, sinon je n'en ferais rien. Il me faut me barricader derrière des forces. Sinon je ne survis pas à ses propos. Quand on aime sa mère comme j'aime la mienne le moindre regard blesse aussi certainement qu'un stylet... Je vous laisse pour essayer d'aller rire un peu, simplement, chez Chiara, ne m'écrivez pas pour me dire qu'elle s'inquiète pour moi et qu'elle ne veut que mon bonheur, je vous rirai au nez. Vous ne savez pas. A ce soir, j'irai mieux. Forcément.
19h05 : Je vous avais dit que c'était passager ;o)
Alala, toujours à s'inquiéter pour la petite Scrib, héhé. Z'êtes chou ! Je suis allée me faire réchauffer le cœur à base de fous rire, de thé et de pains au chocolat chez ma chère Chiara et même si lors de certaines conversations j'avais un nœud dans la gorge elle a su, comme toujours, me remonter le moral mieux qu'une sœur ! Je suis rentrée toute seule comme une grande et quand maman m'a appelée pour me demander si elle devait toujours venir me chercher je lui ai dit "je suis à la maison !" Non mais, c'est qu'on a sa petite fierté tout de même ! :o) Finalement ce soir je sors. Voui, voui, voui !! Je vais au QG qui fête ses un an avec moult dee jays, serveurs à tomber par terre et boissons gratuites jusqu'à 4h du mat !! Wow. La caïpirinia coulera à flot c'est moi qui vous le dit !! (faut que j'arrête de fumer, de boire et de me peser, on dirait Bridget Jones !) Je serais accompagnée par S. que je n'ai pas revu depuis ma soirée d'adieux et ô joie extrême cher Henri viendra nous rejoindre vers 22h avec des amies et des amis (ce qui a principalement deux avantages : 1/je vais enfin le voir draguer en "live" et 2/je vais connaître ses copains........... suivez mon regard ;o) Ce soir j'oublie deux secondes ma mère, j'oublie aussi que j'ai pas d'argent et je retire 100 balles -augmentant mon découvert- sans sourciller et surtout j'oublie que j'ai pas de boulot, j'oublie que je suis triste. Arf. J'oublie aussi mes kilos en trop, ma tronche de cake, et enfin, j'arrête de faire des listes parce que je ressemble encore plus à Bridget Jones ! (alors que je suis moins grosse qu'elle mdr...)
PS : un bisou spéciale pour ma folle préférée...
météo intérieure du jour :
on va dire ça ;o)
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