Samedi 22 Septembre 2001
"La vie est une ivresse continuelle : le plaisir passe, le mal de tête reste."
Proverbe persan
14h15 : Ouille, ouille, ouille...
Je ne vais pas faire long feu aujourd'hui... Trop fumé, trop bu, trop dansé... Lo lo, vraiment chu pu cababe :o) Mais avant de m'écrouler il faut que je vous raconte... Vers 22h après avoir marché avec S. dans la douceur d'une soirée plutôt clémente, nous sommes arrivés au QG2. Comme la marche ça fait soif, j'ai accepté avec plaisir la vodka/citron/sucre de canne que m'a tendue gracieusement le serveur à mon arrivée. (Iark ! Un pulco pur oui !! Je ne sais pas où se cachait la vodka mais passons...) Henri est arrivé peu après avec un ami (très sympathique) et deux jeunes filles à qui je n'ai malheureusement pas beaucoup parlé (comme dit Henri : "on ne s'entend pas avec tout ce bruit !") Tout ce que je peux vous dire d'elles c'est qu'une ressemblait à la fois à Béatrice Dalle et à Jeanne Mas et que l'autre était plutôt le genre Heidi qui a gagné un concours pour assister à "Fan de". (ceci dit sans connotation péjorative, vous me connaissez ;o) Tandis que Henri sirote prudemment un coca light, ses amis et S. carburent à la bière. J'aime beaucoup la façon qu'il a de se distinguer, héhé... Pour ma part, vous savez ce que je bois. Laissant un petit moment les autres à part je m'entretiens longuement avec Henri. Ses paroles ont une étrange résonance en moi. De grosses larmes me viennent aux yeux, reliquat de tout ce que j'ai retenu dernièrement. Je sors prendre l'air et observe les couples qui sortent du cinéma assise sur un banc de bois. Show must go on. Je pénètre de nouveau dans le bar. Là, je demande à Henri ce qui cloche chez moi (je résume là ;o) Mon cannibalisme, ma façon de vampiriser les hommes sans leurs laisser la chance de me découvrir. Je n'ai aucun mystère à cacher, je suis trop "entière". Il n'a vraiment pas tort... Il n'est d'ailleurs pas le premier à me le dire... Aïe... Je suis si ridicule quand je fais des mystères. C'est un rôle que je joue parfaitement mal. Comment résoudre ce problème ? Si je change cela je ne suis plus moi. Il faut que j'y réfléchisse, tout cela est sûrement du à mon manque de confiance en moi. Je fais tout pour plaire à tout prix dès la première rencontre alors je donne, je donne, je donne et... Hum. Y'a du boulot !
Pour me changer les idées S. m'emmène danser. Dans le fond de la salle des anglais et des américaines se dandinent en rythme et en rires. Donnie Brasco croise Marilyn et tout le monde reprend les refrains de nos belles années jusqu'à aujourd'hui. Vers une heure tout le monde à envie de rentrer. On se quitte au bar. S, sur le chemin de chez moi me harcèle pour aller en boite. Lui, apparemment si fatigué tout à l'heure veut, maintenant qu'il a pris l'air, s'envoler en taxi aux Bains Douches... Je lui précise que je n'ai plus un sous vaillant pour payer les différents taxis et l'entrée de la boite (ma consommation de tout à l'heure était un très grand luxe pour mes finances actuelles.) Il a décidé de flamber : "Qu'importe le taxi pourvu qu'on ait l'ivresse !" (et Dieu sait que l'ivresse, hier soir, il l'avait l'ami S. !) Nous voilà donc dans un taxi (pris à 2 minutes de chez moi... Ouiiiinnn) en direction des Bains Douches. Le chauffeur nous dépose devant, assez dubitatif sur notre chance de pénétrer ce lieu très fermé de la nuit parisienne. La foule à l'entrée est très compacte. Deux files se regroupent devant deux physionomistes. Le black fait rentrer les privilégiés qui ne paieront pas, les stars ou les gens qu'il trouvera "beaux" tout simplement. Le grand fait rentrer les autres : pour ceux-là, en plus de se savoir moches, il devront s'acquitter d'un titre de passage d'un montant de 120 francs... Je ne sais pas comment mais en une minute nous sommes en face du black. Il me toise, je souris, je fais deux avec les doigts. Il me demande qui est l'autre. Je montre S. (sosie de Pascal Obispo lol, ça aide :o) il nous dit : "c'est bon." Wow !!! On est des starrrrrs ;o) Direction le vestiaire sans passer par la case "caisse" c'est la fête ! Une jolie nénette m'offre une petite boite de bonbons et une casquette en velours bleue. Cadeau de la maison. Ah bon. A ce moment là, croyant me diriger vers les escaliers qui me mèneront à la piste de danse je passe derrière un rideau noir. Là, un videur top baraque me laisse passer. Je suis étonnée d'en trouver encore là (c'est l'effet vigipirate aux Bains ???) je me retourne, S. vient de se faire refouler... Le rideau se referme derrière moi... Je viens d'entrer dans le carré VIP. Peu de monde, quelques tables, grandes, où le Moët coule à flot. J'oscille entre le paradis et l'enfer. ça sent le fric, le sexe, le trafic à plein nez. Je ne croise que des gens très beaux. Les filles sont des sylphides pailletées, les hommes des Ken sans camping car ou des vieux messieurs libidineux. Je ne sais pas comme prendre un air dégagé tant je suis abasourdie par cet endroit sulfureux. (J'ai drôlement bien fait de mettre mon nouveau pantalon falbala ! Hahaha)
Je ressors toute étourdie et retrouve S. à qui je raconte ma vision dans les moindres détails. Je suis surexcitée par le fait qu'il se soit fait refouler, lui, et qu'en haut il n'y ait que si peu de gens. Moi, la Scrib, j'ai pu rentrer "on m'a laissé rentrer moâ !!" le tout facilement et sans payer. Aurais je une figure bien née ???? Wow... Une fois mes esprits retrouvés et pendant que S. continue à boire des whiskies coca je m'approche d'un jeune homme très intelligent physiquement (sûre de mon super pouvoir de séduction VIP ;o) Je ne le regarde pas. Je le laisse me regarder. Du coin de l'œil puis franchement. Au bout de 4 fois consécutives je me tourne vers lui et lui demande un cigarette qu'il m'offre avec plaisir (j'ai décidé de me la jouer très très mystérieuse arf) Son ami à côté me le présente tandis que je l'observe. Châtain, coiffé tel un James Dean de Noisy, yeux bleus, chemise blanche, veste bien coupée et boutons de manchettes so sexy (surtout quand on les porte vers 23, 24 ans !) "-Stanislas". Cela lui va bien... Pour entamer la conversation il me dit : "Tu as l'air un peu perdue. Il fait chaud non ? Il y a tellement de monde, c'est plus ce que c'était les Bains ! Y'a tellement de tarlouzes et si peu de nanas ! " Là, il m'amuse grandement ! Je lui fait le regard super mystère (croquant dessus fondant dedans) et lui rétorque : "d'ailleurs, moi même, je ne suis pas vraiment une fille, tu vois ?" Il ri. Merde. Je vais encore être reléguée à l'état de sœur, de cousine, de bonne copine... Je m'en vais. Quelques minutes après il a quitté les lieux. Je vous passe ma performance sur le podium, les fous rire avec S. devant les gars défoncés, les racailles qui passent leur temps à répéter "wow, je suis rentré aux Bains, je ne pensais jamais que je pourrais !" (Tout ça pour quoi finalement ? La piste fait 5 m², les boissons sont hors de prix et... Il y a beaucoup de tarlouzes ;o) Stanislas a raison : les Bains, c'est plus ce que c'était. Arf.
Nous rentrons en taxi vers 3h30. Quand je lui donne le nom de ma rue le chauffeur fait mine de ne pas la connaître. Je lui dis (très en forme vu l'heure vous noterez) que c'est la première fois qu'un taxi me fait marcher. S. me dit qu'il a passé une excellente soirée et que ça lui manque que je sois pas avec lui et Alice à rigoler comme "au bon vieux temps" au travail. C'est gentil. Je le remercie comme il se doit pour tous ces taxis qu'il a payé. Je n'ai vraiment pas l'habitude qu'on m'entretienne comme ça. Je me demande si S. me prend vraiment pour sa "sœur" ?... Je pense qu'il ne tente rien de peur de se prendre un râteau (il n'a pas tort) mais qu'il n'en pense pas moins. A 4h11, un grand verre d'eau près de moi, les pieds douloureux je m'enfonce dans mes draps frais. Quel bonheur ! Ce matin ma tête bourdonne comme une ruche, maman est toujours désagréable, je n'ai toujours pas reçu mon chèque pour le livre mais la poste m'a apportée une carte postale de ma tantine chérie et cette sortie d'hier soir m'a fait du bien. Dehors il fait soleil, ça aide à relativiser. Je crois que je vais me coucher devant la télé en attendant que la journée passe, quant au mal de tête...
21h25 : Comme un dimanche
Les lessives qui tournent, sans mon pyjama, bien sûr, juste pour m'ennuyer, Nona qui vient prendre le thé que je bois comme je broie, noir. Je ris des déconvenues d'Ally, seule devant ma télé et dîne seule aussi après avoir préparé le dîner pour deux (du blé d'inde, ça réconforte :o) Quand je croque dedans je me retrouve à la table de Mireille...) Pour la troisième fois de la semaine ma mère a préféré son plateau à ma présence. J'écoute le Thème de Camille de Delerue. Mépris ce soir pour les gens heureux. Heureusement Carry et Chiara sont là pour me redonner confiance. "Quelque part, quelqu'un, pour moi, tout le temps".
- Mais dis leurs !
- 23h24 !
- Arrête tes conneries dis LEURS
- Non !!
- Mais si allez, puisque ça te préoccupe, tu dois l'écrire dans ton journal
- Non, après tout le monde va se moquer, ou pire s'attendrir, et tout ça sans oublier les galeux qui vont se pointer avec leurs paroles douces à la gomme...
- Et puis alors ?
- T'es folle je veux pas d'une rencontre virtuelle, épistolaire ou que sais-je encore. Je veux de la chair, des os, ou rien du tout.
- T'es qu'une conne
- J't'emmerde
- Moi aussi
- Tu fais chier
- ...
- Tu me saoules avec ça depuis trois semaines au moins, tu peux bien leur dire, ils vont pas te bouffer
- Merde, j'ai dit non !!
- Alors moi je vais le dire
- Si tu fais ça je te tue
- Tu peux pas je suis toi héhé, tu te trouves bête là
- Si tu fais ça je ne t'aimerai plus
- Tu ne t'aimes déjà plus alors quelle différence. Alors voilà ce qui la préoccupe...
- Arrête !!!!!!
- Scrib aimerait bien avoir un amoureux !
- T'es conne. Pff... L'écoutez pas elle dit n'importe quoi
- Si c'est vrai ! D'abord !
- Pouffone !
- Héhé
- Je te parle plus
- Tu fais du boudin ?
-... Tu te crois maligne avec ton scoop à deux balles ?
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