Vendredi 23 Février 2001

 

"Tout ce qui est exquis dissimule une tragédie. L'éclosion de la fleur la plus humble a exigé un monde de travaux"

Oscar Wilde in Portrait de Dorian Gray

 

11h10 : Devinez ce que je lis en ce moment ?

Bah, voui, "Dorian Gray" ! Au début, je voulais surligner toutes les phrases qui me plaisaient et puis j'ai dû me faire violence, sinon je soulignais tout le livre ! Mais quel personnage extraordinaire tout de même, cet Oscar ! J'aurais vraiment aimé le côtoyer... Tant pis... J'en ai plus que marre d'écrire "tant pis", il serait grand temps que "tant mieux" fasse sa grande entrée en scène dans le journal :o) Je vais vous en inventer moi, une d'histoire pleine de "tant mieux", ça me manque trop ! (parce que oui, j'en ai quand même connu, des histoires pleines de "tant mieux", je me rappelle très bien comment ça fait...) C'est parti ! 

 

Cette nuit j'ai fait un rêve et c'est tant mieux ! J'ai rêvé d'un garçon que je ne connais pas, que je n'ai jamais vu... Je ne savais rien de lui dans ce rêve, juste son visage... (d'une étrange une précision pour quelqu'un que je n'ai jamais croisé dans ma vie éveillée...) Je le rencontrais en pleine rue. Mon cœur a bondi et comme dans un ralenti, nos corps se sont croisés... Presque épaule contre épaule... En rentrant chez moi ce soir là, j'avais un message sur mon répondeur : "tu n'es pas là, je rappellerai"... Il a rappelé. Sans n'avoir jamais entendu sa voix, je savais que c'était lui, le type croisé dans la rue... Je ne me rappelle d'aucun mot échangé, je sais juste qu'une terrible impression de bien-être mêlé de crainte m'envahissait... Des picotements au creux de l'estomac, des papillons dans la tête et un diable de tazmanie dans le cœur... Il m'a invité à dîner dans un grand restaurant demain soir. Mille interrogations m'ont envahies... Mais j'étais comme droguée, hypnotisée, j'ai bafouillé un oui et me suis réveillée. J'ai donc rendez-vous demain soir, dans un restaurant paradisiaque, en rêve, avec mon bel inconnu... Et c'est TANT MIEUX !

 

17h38 : M'ennuie...

Monotonie de ce jour où je baille toujours... Oula, je fais des vers ;o) ça m'apprendra à regarder les routes du paradis un vendredi après midi ! Cette petite bluette m'a quand même permise de voir Helen Hunt, toute jeune, dans un petit rôle. Qui aurait pensé qu'elle s'était faite refaire le sourire ! Arf... Demain après-midi, je vais boire un pot avec Carry, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vues ! J'ai une terrible envie que je compte bien assouvir demain : j'ai voudrais de boire une caïpirina... Mmmm... Oui, oui, vivement demain :o) J'aimerai aussi tant que mon bel inconnu m'invite pour de bon, qu'il me serre dans ses bras, pour de bon, plutôt qu'en rêve... Là, je sens que je m'éloigne insensiblement du journal "de bord", héhéhé, il vaut mieux que j'arrête d'écrire, les bons mots ne sont pas au rendez-vous (mais qu'est ce qu'ils foutent ces mots justement, on avait rendez-vous à 17h30 ?!?!?) A plus tard...

 

20h53 : Un jour, mon prince...

Mais pas aujourd'hui. Ce soir, mon prince ne m'apparaîtra pas en songe. Ces gens-là ne paraissent que furtivement, sans crier gare et repartent sur des étoiles filantes sous prétexte qu'on a osé poser un regard langoureux sur leur beau visage... Pour qu'ils restent, il faudrait feindre de ne pas les remarquer, passer près d'eux sans s'émouvoir... Comme si on n'avait pas le cœur si meurtri, comme si on était léger et fort. Non... Il ne viendra plus et je ne le reverrai plus qu'au grand passage, prisonnière que je serais dans la barque de l'au-delà. Je suis triste de l'avoir perdu sans l'avoir connu, triste d'avoir cru l'étreindre alors qu'il n'était même pas chair. Je pense, pourtant, qu'il aurait pu m'aimer, je pense, mais n'en suis pas sûre, tellement je doute de moi à cette heure. Peut-être que s'il avait su, s'il m'avait lu, il aurait compris que je n'attendais que lui... Mais les êtres de songe ne lisent pas, ils passent, c'est tout... Sur le long chemin que je parcourrai doucement, sans conviction, guettant sa lumière, il m'était apparu dans toute sa tendresse, là-bas, tout au bout, très loin... J'ai couru à perdre haleine, et arrivée à quelques mètres de lui, il a disparu, replongeant ma route dans les ténèbres... Tant pis...

 

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