Samedi 28 Juillet 2001

Montréal : J-3 !

"La peur, c'est l'enfant en nous qui panique."
Tahar Ben Jelloun 

 

10h39 : Canicule

Chaud, chaud, chaud, trop, trop, trop... Ce matin, à peine requinquée et l'esprit tourné un peu plus vers l'optimisme j'ouvre mes mails et en trouve un de ce lecteur français qui lui aussi est parti il y a deux jours au Québec. Il m'écrit qu'il est bien arrivé, que tout va bien et qu'il fait chaud. Il termine par ces mots : " je te souhaite juste de ne pas tomber comme moi sur un voisin qui a vomi tout le long du trajet en avion". Et là je dis vive le tact, vive le réconfort ! Vous n'êtes pas sans savoir que c'est ma plus grande phobie et pour ceux qui me connaissent encore mieux que bien, vous savez que c'est une hantise qui ne me quitte jamais vraiment. Que quelqu'un soit malade pendant les 7 heures d'avion que je dois passer en sa compagnie sur ce maudit vol de merde est la réalisation la plus totale du cauchemar à mon sens !! Je suis en pleine crise de panique depuis que j'ai lu son mail. Jlo m'a rassuré une bonne heure la dernière fois que l'on s'est vu, en m'assurant que ce n'était arrivé qu'une fois en 50 vols et encore sur un vol mexicain mais jamais sur un canadien. J'essayais de me dire que vraiment cela ne pouvait pas m'arriver à moi et puis, paf, ce mail. Vous vous souvenez de ma réaction avec le type du métro ? Vous vous rappelez du traumatisme que cela avait déclenché en moi ? Alors imaginez que là, au moins j'ai pu sortir du métro, aller dans un autre wagon, sortir de la station au bout d'un quart d'heure les jambes à mon cou. Mais dans l'avion je fais quoi ?? Je dépressurise ? Je hurle ? Je me tape un sprint ou je saute dans les bras du premier Stewart venu comme si j'avais vu une araignée ?

 

Voilà à peine une heure que je suis levée et déjà les palpitations recommencent. Je sursaute au moindre bruit, je n'ai pas la moindre envie de commencer ma valise, je voudrais être au frais en Bretagne, près de mes parents ou avec des amis, retrouver la fraîcheur de la quiétude plutôt que la moiteur et l'angoisse qui me serre le cœur. Comprenez bien, je n'ai pas si peur que cela de tout quitter pour un mois, de rencontrer des personnes charmantes et de goûter à une vie différente. Tous mes proches et vous même m'avez trop rassuré sur ce point. J'ai plutôt peur de moi même, de me retrouver face à mes pires phobies, de ne plus contrôler la trouille brute que je vais rencontrer. J'ai aussi cette peur tout nouvelle de l'avion que pourtant j'ai pris 50 fois au moins. Afrique, Etats Unis, Europe j'ai décollé tant de fois... Près des gens que j'aimais, et non seule, adolescente et non adulte. Je n'avais pas peur car j'étais insouciante. Je ne savais pas. Là je sais ce qui peut arriver. J'aurais aimé ne pas savoir. Ah que j'ai hâte de rire de tout cela avec vous à mon retour. Ne vous en faites pas ça va passer... Ce qui ne tue pas nous rends plus fort cite toujours Russel. Allons pensons à lui et au week end sympathique qui s'annonce. Je reviendrai plus forte, je n'ai pas le choix.

 

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