Jeudi 29 Mars 2001


"En Provence, le soleil se lève deux fois, le matin et après la sieste."
Yvan Audouard 

 

11h57 : Lever à 10h avec... Toutes les peines du monde ;o)

Il faut dire qu'hier soir, avec tous les évènements de la journée je me tournais et me retournais dans mon lit sans avoir la moindre envie de dormir. C'est fou comme quand on est heureux ou malheureux on perd le sommeil et l'appétit. Hier je mixais les deux phénomènes, pas étonnant donc que je n'ai rien avalé de la journée et que j'étais surexcitée après plus de 30 heures de veille ! Mardi prochain le réveil va être catastrophique, j'en ai peur... Pendant mon insomnie donc, je pensais aux derniers évènements... Je pensais à l'amie qui m'a envoyée hier soir deux très beaux mails où elle me redit son amitié, j'ai pensé à Jojo, à Bébert, à Ophé, à Thalie, Carry, Toon, Russel, Daphné... Je pensais à mon papa qui dormait à côté, je "canalisais le fluide" pour que tout se passe mieux pour lui, je pensais à Mathieu à qui je ne peux rien promettre mais dont je me rappelle chaque attention, je souriais en songeant aux plaisants sophismes de Lord Byron, je pensais à mon nouveau job qui commence très bientôt, à Béca avec qui je m'entends étrangement bien, à ma Chiara toujours là pour tailler une bavette sur des sujets aussi futiles que profonds, je réalisais enfin que la noire période était clairement révolue et je me suis endormie sur une énième hypothèse de fin de "roman"... Mmm... Réveil difficile mais plutôt douce nuit...

 

Mes parents sont actuellement à l'hôpital, j'attends impatiemment qu'ils me donnent des nouvelles. Quand mon père a évoqué une possible tumeur au cerveau, je le sentais tellement calme, tellement logique, je me suis sentie complètement indigne de lui. Toute sa vie tout ne fut que froide logique. Il réussi à maîtriser ses émotions avec un brio que je ne peux que lui envier, ultra réceptive que je suis. Je n'ose penser au pire, je m'y refuse, je suis une battante des moments extrêmes et j'ai confiance en mon intuition. J'ai évité le pire, il ne se passera rien, "j'ai prévenu avant"... Dans le doute, croisons les doigts tout de même... Mais pourquoi est ce que je me sens aussi faible sur mes jambes ? Pourquoi est ce que je suis si barbouillée puisque tout va bien se passer pour lui ?...

 

17h00 : Les niouzes

Je viens d'avoir Mathieu au téléphone. Le pauvre m'a dit qu'il ne s'était pas remis du fait que je l'ai "foutu à la porte", paraîtrait que c'est la première fois... Arf... Meuh non ti pèpère t'ai po fichu à la porte... Rooo... Arf, ça lui apprendra à ce tombeur ;o) En fait le but de l'appel était le "pull oublié"... Ben oui, ça alors ! C'est tout de même trop bête on va être obligé de se revoir ! Ce qui me rassure c'est qu'il part samedi et qu'il ne rentrera pas avant trois semaines... Le temps que l'eau passe sous les ponts de la Seine en crue...  Je n'en reviens pas de réagir aussi froidement devant un jeune aussi charmant... Bof, ne nous posons pas de question, size the day :o) En attendant, il doit me rappeler après sa douche pour qu'on avise de la restitution du pull oublié :o)

 

Mes parents ne sont pas encore rentrés mais maman m'a appelé de l'hôpital, apparemment papa y subit de nombreux examens, il rentrera ce soir. Après les résultats on saura à quoi s'en tenir. Le voyage de maman en Italie semble compromis, elle ne partira que si elle est sûre que papa n'a rien de grave... Et de toute façon, je veillerai au grain pendant son absence (si elle part), et quand je veille au grain, les gens sont comme des coqs en pâte arf arf arf !

 

17h24 : Bad niouzes...

Maman vient de me rappeler, finalement les premiers résultats viennent de tomber, papa n'a pas le simple petit problème à "l'oreille interne" qu'on croyait, ils pensent plutôt à un caillot au cerveau... Il reste à l'hôpital. Demain matin scanner, demain soir doppler... Etc... Maman va rentrer lui faire un sandwich et je pense que je retournerai voir papa avec elle... Vous n'imaginez pas à quel point j'ai les boules, à quel point je hais les hôpitaux... Merde !! Vraiment MERDE !

 

21h15 : Last niouzes

Le scanner n'a rien révélé, ni tumeur, ni tâche. Par contre le taux de prothrombine de mon père est anormalement élevé. On attends très impatiemment le doppler de demain matin qui révèlera si, à l'inverse de ce que nous pensions avant le scanner, plutôt qu'une "inondation" dans le cerveau il ne s'agirait pas d'une mauvaise irrigation due à une carotide défectueuse... Reste la troisième solution, la moins alarmante, le syndrome de chaipukoi (problème dans l'oreille interne, centre de l'équilibre). Bien sûr mon père déteste partager sa chambre avec un type dont il ne connaît rien, déteste être à l'hosto tout court et n'a qu'une envie, s'enfuir en courrant. Pourtant il y a de fortes "chances" pour qu'il y reste quelques jours. Le médecin veut re régler son TP là bas. C'est rageant ! Maman vient d'annuler son voyage en Italie... Je n'imagine pas les conséquences diverses et variées de sa décision sur nona...

 

J'ai vu tout à l'heure Mathieu, je lui ai rendu son pull et nous sommes allés ensemble faire des achats de livres et de cds à la fnac. Une seule bise (accompagnée, comme c'est touchant, d'un beau coup de tête) pour se dire "bonjour" et beaucoup de gêne au moment de se quitter. On a conclut que de se serrer une dernière fois dans les bras l'un de l'autre serait la meilleure solution. On marchait un peu à reculons pour se dire au revoir, et sitôt rentrée chez moi, les larmes me sont montées aux yeux... Étrangement, et même si j'ai tout fait pour refroidir le jeune homme, j'aurais bien eu envie de passer une seconde nuit à ses côtés. Mais voilà la peur en a décidé autrement, décidément je ne suis pas prête à m'investir de nouveau... Ses bras me manquent, la douceur de ses lèvres, ses mains qui lisaient en braille mes sourires, j'aurais bien besoin de sa peau blanche contre la mienne pour apaiser mes doutes ce soir... Je me forçais à ignorer cette immense carence en tendresse, il en a pudiquement levé le voile et je me trouve en manque. Arg ! Je regrette presque cette belle nuit ! Il va falloir que je choisisse entre ma timidité et mon manque... Je vais laisser passer du temps, en espérant qu'il sera toujours disposé à me donner si gratuitement ses marques d'affections...

 

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