Vendredi 3 Novembre

J-1 :o(

 

15h58 : Comme une vache folle allant à l'abattoir j'ai fini tous les cartons... Vous m'auriez vu emballez mes habits, mes objets, en laisser d'autres... Vous auriez eu pitié ! Imaginez moi, tremblante et baignée de larmes penchée sur ma couverture "douce" celle qui fut ma compagne depuis mes premiers jours et qui reçue le dernier souffle de mon chat... Cette petite couverture verte et blanche dont la place est ici... 

Imaginez ensuite notre déjeuner à tous, ici mon père, là ma mère et à ma droite Silvio. Silvio plus tendre et compréhensif que jamais il ne fut... Heureusement qu'il est là grand dieu, sinon que ferais je ? 

 

Mon père avait l'air nostalgique puisqu'à table il n'a parlé que des facéties de mon chat et des quelques comptines qu'il m'avait apprise petite... S'il savait seulement à quel point j'avais envie de me blottir dans ses bras et de l'entendre dire qu'il m'aimait... Il a vu cependant ma peine et chaque fois que son regard croisait le mien il a eu l'air compatissant... Quel gâchis d'arriver à cet âge de ma vie pour me rendre compte que peut être, il m'avait aimé finalement et que moi je n'avais pas non plus cessé de l'aimer... Comprendre que nous nous sommes battus toutes ces années pour rien... Pourquoi est ce aujourd'hui que je réalise que ma famille n'était pas si mauvaise et qu'après toutes ces années de rébellion il faisait tout de même bon vivre dans ce foyer ?

 

Silvio m'a promis plusieurs magnifiques choses hier et si je n'étais pas si méfiante concernant ses promesses souvent non tenues je me sentirai amplement soulagée... Il m'a promis que si je ne me plaisais pas nous reviendrions et nous louerions un appartement dans le coin de Bercy, ce quartier même où je voulais tant vivre à Paris. A mes doutes sur nos finances, il répondit qu'il vendrait son ordinateur portable pour payer la caution et le premier loyer, à mes doutes sur son départ à lui de corse, il me répondit que sans moi sa vie, où qu'elle soit, n'était pas envisageable, à mes doutes sur le re-déménagement et ses complications matérielles il me répondit sur le ton de quelqu'un qui y avait déjà réfléchis : j'en remettrai une partie dans ma voiture et l'autre partie t'accompagnera en avion... Il a réussi à ébranler toutes mes objections... Il est bien gentil mon petit Silvio avec son gros amour... Tout à coup j'appréhende moins même si je sais que nous avons pas évoqué la vraie question : que dira sa mère en nous voyant repartir, elle qui nous imagine finissant nos jours en corse ?... Nous verrons bien à temps ce qu'elle dira je pense...

 

Même si je sais que je flancherai encore bien trop souvent avant la semaine prochaine, je suis tout de même rassurée d'avoir pu emmagasiner tant d'objets et d'effets personnels. Je sais que tant qu'ils seront près de moi je me sentirai moins perdue... Je me concentre désormais sur d'autres soucis, notamment celui de savoir comment nos mères vont s'entendre, comment je vais réussir à penser à toutes ces choses qui manquent dans une nouvelle maison, comment va se passer ce long voyage... etc... etc

 

Je vous écrirai de nouveau ce soir, je serais seule dans ma chambre sans vie à regarder mes cartons plein à craquer et Silvio sera chez ses grands parents pour la nuit. J'aurai sans doute grand besoin de vous retrouver... Je pense vous dire "à bientôt" demain matin puisque l'ordinateur prendra alors sa place dans la voiture. Mais j'écrirai durant le voyage, demain soir à l'hôtel à Lyon et dimanche sur le bateau si je peux, ainsi qu'une fois arrivée... La ligne téléphonique étant apparemment déjà installée à l'appart' je pense qu'il nous suffira de passer dans une agence France telecom pour ouvrir notre ligne et j'ai de grands espoirs de pouvoir mettre tous mes écrits du voyage en ligne lundi si tout se passe comme prévu... J'ai presque hâte d'y être tant ce voyage aussi bien physique qu'initiatique me pèse... Vivement qu'il s'achève puisque mon destin me somme d'aller en corse... A plus tard mes amis...

 

Loomina demandait hier à ces lecteurs de lui raconter leur plus belle journée... J'ai dû mal à me souvenir de la plus belle, je sais juste que celle ci est la pire...

 

20h21 : Je vais bientôt passer à table. 

Je suis étrangement sereine... J'en imagine la raison... Ce soir votre scribouilleuse a effectué un petit pas pour l'humanité mais un grand pas pour sa conscience... Je me suis réconciliée avec mon père... Je lui ai dit comme il m'avait manqué toutes ces années, comme je l'aimais malgré l'absence, malgré notre éloignement construit sciemment jour après jour. J'ai grandis et après avoir jugé, j'ai pardonné. Je ne suis pas allée jusqu'à pleurer dans ses bras, mais chose plus dure j'ai pleuré en le regardant droit dans les yeux... C'était dur, mais c'est toujours dur de gagner une grande bataille contre soi même... Je suis apaisée maintenant, j'ai longuement parlé avec lui, j'ai dit "pardon" pour l'agressivité "carapace" que j'ai employé si souvent à son encontre... Lui aussi a pleuré, a pardonné et m'a ouvert son coeur... Il sait maintenant que ce qu'il me restera de lui ce ne sera pas seulement "de mettre du vinaigre sur mes oeufs au plat" comme il dit... Je lui ai dit tout ce qu'il m'avait apporté sans le savoir... En le réalisant moi même... Il m'a parlé enfin de ce chat que je n'étais pas seule à perdre... 

Je sais que désormais j'aurais mes deux parents au téléphone, mes deux parents pour me conseiller, me soutenir et m'aimer et rien que pour ça, ça valait le coup de partir... Je me sens fière de moi ce soir. Je me sens en parfaite adéquation avec mon âme prête de nouveau à abattre des montagnes... Je jauge ce voyage avec toute ma nouvelle force et je sais maintenant qu'à chaque malheur il y a du bon ! C'est tiguidou ;o)

 

Peut être, finalement Loomina, ce n'est pas mon plus mauvais jour... Non, sûrement pas le plus mauvais... ;o)

Je pense à toi Loomina en parlant de mon père parce qu'à travers tes écrits j'ai lentement cheminé vers cette réconciliation, merci de m'avoir ouvert une brêche... Merci à toi aussi Russel pour m'avoir enseigné le pardon paternel, sans vous je n'aurais jamais pu... Y'a t il donc finalement un ange gardien qui met sur ma route les bonnes personnes au bon moment ? J'aime croire en toi mon ange...

 

23h25 : La maison est calme, mes parents sont couchés... S'il n'y avait pas l'ordinateur de Silvio en face de moi ni cette disposition des meubles, ainsi agencée pour améliorer l'espace de vie dans cette chambre, je me dirais presque que je suis seule à réviser mes cours de demain pour le super contrôle de math ("on dirait que j'aurais 15 ans" hihihi...)

 

En tout cas aucune injonction divine ou phénomène paranormal ne m'incite à croire que ceci est ma dernière nuit dans cette chambre... En tout cas pas plus qu'avant un départ en vacance... Ou bien je suis cinglée ou bien je suis naïve en tout cas je ne réalise rien de définitif et je compte profiter de cette pensée rassurante pour dormir bien pépère !

Je crois que je fais bien de me dire qu'il va s'agir de vacances, oui ! C'est ce qui va m'arriver, "des vacances" de 3 mois, une saison tout au plus... Et après tout, passer l'hiver en corse c'est mieux qu'à Paris non ? :o)) 

Silvio vient une fois de plus de me dire au téléphone il n'y a pas 1h que 6 mois serait le maximum... (hum... c'est long 6 mois quand même ? Non ?) 

Je m'allume une petite cigarette en contemplant la fin de l'épisode d'aujourd'hui (ma vie est un sitcom) Tout est bien qui finit bien... Sauf que Randy n'est pas dans le même lit que Cindy... heu ? ;o) Je crois que je vire aussi loufoque qu'Ally Mac Beal héhéhé... Manque plus que Barry White ! Ah bah, tiens ! Le voilà ! Je cours chanter un couplet avec lui :o)) A demain pour le grand jour !!!!

 

P.S : Vous devez me trouver bien cyclique non ? Que voulez vous, ainsi sont les femmes... pffff... ;o)))

 

 

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort... 

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