Jeudi 5 Octobre
"Qu'attend désespérément le vendredaï ? Le retour du Jeudaï !!! "...
Tel est le genre de blague que j'aurais pu sortir à Rob s'il ne m'avait pas pris de court en me foutant le cafard avant même que je mette en place un plan d'action pour le sortir de sa tristesse ! Comme d'habitude quand je sors seule avec lui, la soirée fut magique et c'est justement parce qu'elle fut si magique et que c'était sans doute la dernière que je passais ainsi en sa compagnie, qu'une petite boule de poil me resta coincée toute la soirée dans la gorge. Nous avons intensément parlé de lui, de moi, de ce con de Bob, de Silvio, de "la mer", tout en évoluant dans plusieurs "paradis"... Le premier fut le Paradis du Fruit où nous avons dîné, puis la paradisiaque Place de la Concorde où nous nous sommes promenés en voiture et enfin le "Paradise (not for me)" du dernier album de Madonna (pour ceux qui l'ont à portée de main, mettez la piste 9 et lisez ces lignes afin de percevoir la pleine mélancolie des paroles et des mystiques accords qui l'accompagnent... ) Nous avons ensuite remonté les Champs Elysées en écoutant la musique de "Gladiator" (c'est drôle tout de même ce parcours initiatique semé de clins d'oeil à "un au-delà meilleur" puisque les Champs Elysées avant d'être la plus belle avenue du monde (si si !!!) était le paradis auquel aspiraient les romains...) Étrange ces petites corrélations... J'aime ça !!!!! Si seulement vous aviez vu cette avenue scintillante, si orgueilleuse de ses trésors... Comme je vais la regretter, elle et Rob...
Quand je suis rentrée chez moi et rejoins Silvio, j'étais d'une humeur massacrante. Le voir jouer à Counter Strike c'était comme une fausse note sur un stradivarius, c'était comme un vieux bruit de perceuse qui vous tire d'un rêve fabuleux, bref, c'était affreux ! Pourquoi ne m'a t il jamais fait planer comme ça, lui ?? Résultat, après avoir piqué deux ou trois crises sur des broutilles je me suis blottis dans mon lit et j'ai finis le tome 3 de la "place de vérité" de Christian Jacq sur fond de "terroriste WIN !" Silvio couché, je ressassais encore de sombres pensées à son égard... Et chez moi, le ressentiment n'est jamais silencieux ! Je lui ai donc chuchoté ses 4 vérités d'un oeil haineux et au bout d'une heure à le voir me contempler d'un air hagard (et silencieux), je lui ai dit que je ne partirai pas avec lui "à la mer", je me suis retournée et me suis endormie avec sa main hésitante qui me caressait les cheveux, penaude...
Ce matin je n'étais pas fraîche... J'ai eu 20 minutes de retard à mon entretien d'embauche, mais rien à péter ! 'veux pu sortir de chez moi de toute façons ! Je ne me sens vraiment pas prête à entreprendre quoi que ce soit hors de mon nid douillet... Bien sûr, je me suis quand même présentée devant cet employeur et ai patienté, le sourire aux lèvres, qu'il finisse la présentation de sa boite, lui ai poliment serré la main et... l'ai sorti très très vite de mon esprit en reprenant mon métro...
En ce moment tout me fait douter de tout, je suis ultra sensible et ce n'est pas bon signe, ça veut dire que je perds un chouillat de cette assurance légendaire qui fait que tout, en général, me réussi... Je dirai même plus que si je continue à laisser les évènements déteindre autant sur moi, si je laisse les choses aller ainsi à la dérive je vais finir par adhérer à la première connerie qui passe... Comme acheter un frigo sur la chaîne télé achat, où encore vivre au Pérou avec le premier chien qui passe avec un chapeau... C'est pas bien du tout !! Hier après midi, allant récupérer un agrandissement pour ma mère à Photo Service j'ai vécu une expérience que je qualifierai de très dangereuse... L' employée m'a tendu l'agrandissement en me disant : "il y a mon collègue, là bas (je zieute... ma foi, mignon le collègue...) qui me dit de vous dire qu'il est tombé complètement amoureux de vous"... Heu... inspiration, expiration, inspiration, expiration, réponse : "C'est des choses qui arrivent..." Qu'est ce qui m'a pris de dire ça ???? J'aurais dû lui rétorquer un truc finaud du genre : "oui oui, mon copain aussi est très amoureux de moi !" Mais non, j'ai souri bêtement en pataugeant dans le couscous... Remarquez, j'aurais pu aussi répondre : "qu'il me donne son numéros de téléphone et j'aviserai si ça peut éventuellement être réciproque". Mais je suis intègre je vous l'ai dit (et puis de loin, je ne pouvais pas bien voir la marchandise héhéhéhéhé...) Bref, il faut que je me reprenne car je déteste perdre le contrôle de ma vie comme c'est le cas en ce moment...
Silvio vient de me téléphoner "la bouche en coeur" pour me demander comment s'était passé mon entretien de ce matin... Je ne sais pas vous, mais moi, je crois que le pépère sent très bien la vieille odeur de roussi qui émane de notre histoire d'amour et j'interprète ce coup de fil comme une sorte d'effort pour se faire bien voir parce qu'il sait très bien qu'il n'est pas au mieux dans les petits papiers du patron en ce moment... Je vais voir si je peux dégager la "casserole du feu" ou si j'ai envie de tout laisser cramer... C'est que ces coups là, il me les fait sans cesse : il s'améliore 5 minutes et replonge aussi sec dans l'inadmissible... Et moi, bien sûr, je tombe dans le panneau... Vais je de nouveau me laisser fléchir?
Vous le saurez dans le prochain épisode des "feux de l'amour" de la scribouilleuse ! (quelle belle chute :0) non ?)
P.S : I feel so down !
16h50 (Suite) : Dehors il fait vraiment très gris. Ma chambre est plongée dans une douce pénombre et le CD de Madonna tourne en boucle. Je suis bien dans cette maison vide où j'ai vécu tant de choses... J'aimerai que cet instant dure toujours... Il n'y a rien de glauque dans ce moment. Pas même ce temps que je trouve, au contraire, propice à rêver... Une telle plénitude m'envahie que je suis loin de tous les soucis, loin de toutes ces considérations matérielles. Je voudrais passer ma vie, seule, à écrire. Invisible à tous, m'enivrant de contes et de pensées solubles, je cueille enfin les roses de la vie ! Je vis un de ces moments de parfaite harmonie qu'un rien peut briser et ose à peine respirer... Moment magique que je vous fais partager, du bout des doigts, effleurant à peine les touches de mon clavier de peur de rompre le charme...