Mercredi 04 Avril 2001

 

 

 

11h18 : Seuls les poissons morts remontent le courant…

ça fait presque deux heures que je suis là et déjà l’envie me reprends de mettre mes jambes à gauche et à droite de mes oreilles pour faire le sprint olympien qui me mènera jusqu’au métro… C’est pas permis de farcir la tête des gens avec autant de trucs difficiles ! Merde je n’ai qu’un QI de 65 moâ ! Si j’ai bien compris, j’ai trois sortes de jobs différents… Le premier est un rôle de modérateur de courrier, ça, ça va j’ai imprimé dans ma petite tête et ça me plait plutôt bien… Le deuxième job c’est corriger les fautes sur des petits textes insipides et ennuyeux… The trouble is, la correction ne se fait pas sur word mais sur un petit programme à chier (oui, parfaitement à chier et je sais de quoi je parle !) La qualité d’un bon programmeur ne réside pas comme on le croit, dans sa capacité à faire des programmes qui marchent bien, parce que ça en général ils le font correctement, mais plutôt dans la facilité d’exécution ! Pour qu’un programme se vende bien, il faut que les programmeurs nous mâchent, à nous simples mortels,  le boulot et ça, pour eux, c’est très difficile à faire. Donc ce programme tout commercialement efficace qu’il soit est vraiment pas aisé de maniement… Je suis certaine que Silvio paurait fait un truc dix fois mieux !

 

Le troisième job consiste à rédiger de petits argumentaires sur un autre programme (ouaiiiis ! Super…) Ce programme est mieux fait (y’a pas de mal, c’est Bébert qui l’a fait héhé) mais là où c’est carrément horrible c’est qu’il faut écrire son texte directement dans une case prévue pour le produit dont je dois parler. Et trouver ce produit, le nommer, lui attribuer une case, tout cela relève du délire puisque ce produit n’est qu’une petite ramification d’une branchouille d’un gigantesque chêne virtuel…. Damned ! Je me sens largement trompée sur la marchandise là ! On m’avait parlé d’écriture, de correction, pas d’apprendre à me servir de triviaux softwares ! ! ! Argh… Je sens que cette après midi va me combler d’aise… Oh, ironie cinglante et cruelle infortune qui s’acharne…

 

11h42 :  N’attendons pas l’amor…

Il faut que je vous parle de ma soirée d’hier. Vraiment en rentrant du boulot j’avais le moral dans les socquettes… L’âme en peine j’ai ouvert ma boite aux lettres « réelles » et là mon visage s’est fendu d’un sourire… Ma tantine du Québec… La lettre avait été posté comme prévu par mon cousin vivant en France. Arrivée chez moi, je montre ma mine défaite à mes parents déconfis et coure dans ma chambre déballer mon colis… Neuf belles surprises m’attendaient à l’intérieur, les voici telles que je les ai découvertes… Un joli foulard bleu que je porte à l’instant même autour de mon cou (oui, oui, ça me donne des forces de l’avoir là, tout près…), un petit miroir pailleté bleu ainsi qu’un gloss pailleté à la framboise, Mmmm… Dans un autre paquet il y avait ce que j’ai d’abord pris pour un livre… Les larmes me sont tout de suite venues aux yeux quand j’ai compris… Un vrai journal intime, un beau livre relié griffé… Harry Potter ! Dessus il y a sa belle chouette et j’y vois comme un clin d’œil car ma tantine adorée m’appelle sa « chouette » parfois héhé, animaux nocturnes que nous sommes ;o) Il y avait aussi deux pin’s du Canada (vous dites quoi vous ? Des épinglettes ? héhéhé), une petite barquette de sucres en forme de feuille d’érable et bien sûr au sirop d’érable que je me réserve pour une grande occasion et enfin, caché dans le journal d’Harry, une lune pailletée trop mignonne à se coller dans le décolleté. Bien sûr, best of the best, la très belle carte « spéciale anniversaire de nièce » joliment écrite par la douce main de ma chère Tantine… Non seulement ce sont de très jolis cadeaux mais surtout il y a la vraie recherche de faire plaisir, de se souvenir de petits détails… Quelle tricheuse cette tantine alors ! Elle fait rien que lire mon journal alors forcément elle tombe juste pile poil à tous les coups héhé… Ma tantine si tu me lis, prends ces mille remerciements que je t’envois perdus au milieu de tous mes baisers plus nombreux encore ! ! ! Je t’aiiiiiime et vais me venger pour tout le bien que tu m’as fait ! ;o)

 

Ma soirée commençait sacrément mieux que ma journée ! Sur le chemin me menant près de Mister J à l’endroit fixé pour notre rendez vous, j’ai eu Gurty au téléphone. Gurty va toujours bien, même quand ça ne va pas, il va bien. On se verra sans doute la semaine prochaine pour manger un morceau ou boire un verre. J’aimerai qu’il cesse de me cacher les choses importantes de sa vie, s’il a besoin d’aide, je veux pouvoir être là pour lui moi ! ! Grr… Ah les hommes et leur orgueil mal placé !

 

Nous voilà donc Mister J et moi, quelques minutes plus tard, en train de deviser de choses et d’autres dans les transports en commun, (fort heureusement pas en grève ce soir là), allant au spectacle. Arrivés légèrement en avance, nous avons le temps de saluer le beau Jérôme et de lui souhaiter « bonne chance » (parce qu’on est poli) Je lui ai offert la petite rose aux couleurs rétro pour laquelle j’avais craqué chez le fleuriste du coin. Une façon parfumée de lui dire mon admiration en quelque sorte. Le spectacle a eu du retard, une classe de peintres en herbe occupait la salle mais on nous laissa néanmoins prendre place, le cours inachevé. Oh ! Stupeur… Un homme nu ! Un vrai de vrai, même pas beau en train de poser toutes coucougnettes dehors… Hum… Si c’est une intro spéciale au spectacle « lectures érotiques et musique électronique », c’est plutôt réussi, au moins, on sait tout de suite à quoi s’en tenir…

 

Jérôme, ses frères et sœurs de lettres/notes sont montés tour à tour sur scène et m’ont, l’une émue, l’autre amusé, le troisième électrisé etc… Les textes étaient très bien choisis, on oscillait entre le brûlant Luÿs, la tendre Madame Arnoux observée de loin, le truculent Ovide, Truffaut le grand, Baudelaire le magnifique et une musique « à se lever de son siège » ! Les voix étaient belles, pleines d’émotions, mais je regrette toutefois qu’on ne nous ait offert des textes appris by heart plutôt que des textes « lus »… Ah que voilà un métier que j’aimerai faire : lire de beaux textes… C’est être comédien ? Ah bon, tant pis alors héhé… Cette soirée m’a rappelé l’effervescence littéraire des cours Florent, un de ces endroits où l’on peut palper la quintessence de l’être, sentir de l’humain sur scène… C’était bon, c’était beau ! Nous avons laissé Jérôme à ses admirateurs et sommes rentrés en sens inverse vers la capitale et sa nuit sans étoile…

 

Henri m’a demandé des nouvelles de ma première journée de travail. C’est très gentil de sa part. Henri est gentil. Henri habite un château à la sortie d’un RER, il porte une fleur à la boutonnière. Oui, Henri est très gentil.

 

16h43 : Arf !

Mais comment ils font tous pour rester plus tard que 17h30 ici ! ! Moi je suis en train de mourir et il n’est même pas dix sept heure ! Je vous jure, je baille, je me languis comme une plante verte privée d’Hollywood chewing gum, j’ai envie de courir, de gambader dans les verts pâturages des journaux intimes, j’ai envie d’écrire à ma tantine pour la remercier, de téléphoner à Thalie, de répondre à Carry, de répondre enfin à Josh (désolée, Josh, suis en taule, j’ai droit qu’à un coup de fil !) mais rien n’est possible ici ! Juste aller brouter un peu de nicotine à la salle de pause et encore… Je suis pieds et poings liés… Bon, je vais essayer de tenter une percée vers ma boitomel et on verra ce que je pourrais faire…

 

Ce midi je me suis déchirée la bouche ! Bon, pour les non français j’explique… J’ai pris un « émincé au poivre avec des pâtes » au traiteur du coin pour faire comme l’autre partie de mes collègues… La première partie étant retournée à la brasserie d’hier. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait à ce pauvre émincé de volaille mais moi je peux déjà aller m’acheter le produit contre la danse des tabourets (aïe, aïeaïeaïe, aïïïe…) parce que c’était in-su-por-ta-ble-ment épicé ! ! « Ouah, la vache » comme dirait mon cher père… [On vient de me dire que « ayé » les textes que j’ai écrit aujourd’hui (de vraies créations originales et même pas des corrections hein ?) étaient en ligne… oulaaa, ça claque un max vu depuis le site ! Héhéhé… Bon, c’est quand que je rentre moâ ?]

 

Donc, tout ça pour dire… heu… rien du tout… Je tourne dans ma cage, alors mieux vaut, oui,  que je tente une percée (puisque apparemment on me fiche la paix) vers ma boitomails et que j’essaie de répondre à mes lecteurs… A plus… A tout à l’heure à la maison, on se dit ? Allez, on se dit ça !  

 

21h13 : Mortel... (au sens propre)

J'ai l'impression d'être rentrée y'a une demie heure... Pfff... Mais comment ils font les gens pour vivre dans de telles conditions ? Moi je ne peux vraiment pas vivre comme ça... En rentrant je suis passée (c'est mon chemin, je ne vais pas faire un détour hein ?) devant la salle de jeu en réseau et j'ai vu Mathieu, qui, sourire aux lèvres, jouait... ça m'a serré le cœur... Lui il est libre comme l'air, il continue de vivre comme avant, et moi, avec ma pauvre mine de 6 pieds de long je rentre du boulot, je me sens sale comme pas possible parce que j'ai passé 3/4 d'heure dans le métro et un autre dans un bus où un débile mangeait des feuilles d'oignons... (voyez les tiges vertes foncées des poireaux ? Oui, celles qu'on coupe, ben les mêmes !) Il a sorti ensuite de la poche de son bomber (wouah la grande classe) des vignettes autocollantes Panini (ça vous rappelle vot' jeunesse hein ?), un préservatif, une bouteille de Heineken et il a rangé le tout dans le sac plastique avec les oignons... Bref ! Donc, moi je rentre tout de même assez traumatisée par ma deuxième journée (pas morte, non, mais handicapée mentale à vie, déjà qu'avec 65...) et je vois Mathieu, Mathieu qui s'est bien fichu de moi, Mathieu qui se l'a coule douce devant son jeu... 

 

Je rentre chez moi en rasant les murs des fois qu'il tournerait la tête et arrive en kit à la maison. Moi qui souhaitais me ressourcer en famille, j'apprends que maman est à un défilé Courrèges... Je me fais une tartine et écoute le message de Béca sur le répondeur... Je la rappelle et à la question : "ça va ?" je me mets à pleurer à chaudes larmes... Je lui vide tout mon sac, Mathieu, le boulot, la fatigue, la solitude, l'absence... Elle est effondrée... ça fait des années que je n'ai pas craquée comme ça devant elle... Ensuite j'ai pris une douche très chaude, j'ai lavé mon âme à l'après shampoing... J'ai grignoté mes ongles et un peu de chocolat (même que j'aime pas mais c'est mon côté maso...) Sale constat pour une douce soirée pas vrai ?... Pff... Je vous laisse, si, si, c'est mieux...

 

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