Mercredi 5 Septembre 2001

"Entre auteurs et lecteurs, il y a souvent plus que des affinités : des complicités, des fringales."
Bernard Pivot 

 

 

14h00 : Hommages

Je suis émue de lire vos mails et aujourd'hui, à mon tour, j'aimerai vous faire partager ce frisson qui me parcoure moi, quand je vous lis. Dernièrement j'ai eu la joie de recevoir dans ma boite aux lettres plus que des mots. Des confidences, des sourires, des émotions. Dans 24 jours ce journal de bord aura un an. S'il continue chaque jour de vous plaire c'est surtout grâce à vos encouragements, votre soutien et le compte rendu de ce qu'il vous apporte. Hier, une jeune fille m'écrivait que j'étais la grande sœur qu'elle avait toujours rêvé d'avoir, une maman m'écrivait aussi il y a quelques jours : "aie confiance en toi : tu as un talent indéniable. Je ne suis personne pour te dire ça, ou l'inverse d'ailleurs mais la vie est trop courte pour se sous-estimer surtout lorsqu'on est douée ! Bonne route !", un homme me disait avant hier (en riant bien sûr), que si j'arrêtai d'écrire mon journal "il mourrait" :), un autre encore disait ceci : "Ce que je ressens à travers ton journal, c'est que bien sûr, les étapes Sylvio / Corse, les jobs, les amitiés scellées / remises en question, tout ça, ça compte terriblement, mais ce qui fait la vie aussi, ce sont tous les détails que tu nous donne : les soirées vidéos, les matinées de "glandouille", les repas ou RDV avec les amis... Ca veut dire que chaque moment de la journée, même s'il ne représente rien à soi seul, peut être pleinement rempli et enrichissant. Même un épisode de BH peut être un moment épanouissant (c'est un sériphage qui te parle !)... Bref, je vais continuer à te lire en espérant que tu vas continuer longtemps". Ce matin, encore, ces fleurs m'arrivaient par mail : "Merci de rendre ton journal aussi vivant, pêchu en transformant les p'tites choses de ta vie en rayon de soleil ! Ca donne du courage quand au bureau les choses (et surtout les gens) se compliquent (et c'est souvent le cas !!!). Ton écriture est dynamique, vive et jamais creuse, n'en déplaise à tes détracteurs qui ne sont à mon avis que des gros cons incultes et analphabètes !!!"  

 

Si je vous dévoile tous ces petits trésors ce n'est bien sûr pas pour me vanter. Je vous ai déjà fait part des quelques rares mais nécessaires messages désagréables que j'ai également reçus par le passé. Si je copie ici un échantillon de pensées de lecteurs c'est pour que vous réalisiez à quel point votre présence compense très largement le travail que j'effectue chaque jour en attrapant mon clavier à deux mains pour vous raconter les petites choses qui font que ma vie est ce qu'elle est. Vos mots me sont aussi précieux que ceux que je vous offre.

 

Chaque jour je doute, j'ai peur, je ne réalise jamais vraiment que ce que je vais écrire sera lu, et puis, l'écriture se déroule comme un ruban dès l'heure en chiffres tapée en haut. Sans brouillon préalable, facile, fluide, logique. Je ne triche pas, c'est la règle de mon journal. Et puis j'oublie, je ferme le logiciel, je fais ma mise à jour, avec parfois un coucou un peu plus personnel aux 38 fidèles inscrits sur ma liste de diffusion et la nuit tombe. Le lendemain, je ne me rappelle plus de la veille, une nouvelle journée commence, avec les mêmes doutes. Et vos mails arrivent. Mes petites douceurs... 

 

Parfois ces doutes d'écriture ruminent en moi la nuit. Hier soir, par exemple, j'ai regardé avant de me coucher le dernier épisode de Dawson qui est passé samedi dernier. J'ai été soufflé de voir qu'enfin, dans un sitcom américain, on montrait deux homos s'embrasser. J'ai trouvé également que Joe s'était faite plaquer de manière ultra réaliste. Cette scène a étrangement résonné en moi. J'avais presque envie de rouvrir l'ordi pour en parler. Je ne l'ai pas fait, j'ai pensé que cela vous ennuierait de lire de nouveau mes commentaires sitcommesques. Et bien j'aurais dû. Hier Mathilde Seigner disait devant un parterre d'érudits qu'elle regardait énormément la télé, de "sous le soleil" à "c'est mon choix" en passant par tout les émissions dites "débiles" parce qu'en chaque image télévisuelle elle piochait de quoi composer ses futurs rôles cinématographiques. C'est exactement ce que je ressens. Je suis une rédactrice, une publicitaire, j'écris mes accroches pour parler aux "vrais" gens, les consommateurs. Les "vrais gens" ne font pas toutes partie de l'élite intellectuelle française. Il me faut un support, de la documentation. J'écris des histoires, je crée des personnages, j'ai besoin de me transformer en éponge pour piocher n'importe où ce que je vais accommoder ensuite, par écrit, à ma sauce. Tout cela bien sûr, en dehors du fait que ces programmes me divertissent. Je n'écris pas ce journal pour me, ou vous, prouver que je suis une intellectuelle ou non, j'écris mon journal de bord avec tout ce que cela comporte de rappels à ma vie factuelle, à mes pensées, aux idées qui me viennent. Témoin de ma vie mais aussi de celles de beaucoup d'entre vous qui me lisent et qui se reconnaissent en elle. 

 

Je m'aperçois que pour une fois j'aurais mieux fait d'écrire un brouillon arf. C'est d'un confus tout ça ! Je vais essayer de résumer... Je suis profondément ancrée dans mon époque et aime tout ce que cette époque peut avoir à m'offrir. A l'ère de l'internet je crée un journal on line, je vis avec mon temps tout en préservant des principes qui me sont chers. Parmi ces principes il y a les autres. "L'attention aux autres". Je ne suis rien sans ces autres. Une touche à tout que tout touche... Ce patron qui me paie, cette main qui me nourrit, cette amie qui me sourit, ces lecteurs qui me congratulent, ce sale type qui me déstabilise et me force à me remettre en question, cette vieille dame que j'aide à traverser la route, cette autre que j'envoie chier, Marilyn qui me chante "the river of no return" et me tire des larmes et même ces couloirs de bus qui me forceront peut être un jour à voter. J'ai envie de parler de chacun, de tous, pour me sentir plus vivante, parce que sans eux, je ne suis rien.

 

Ce matin je me suis réveillée avec une grosse peur. Je suis à moins 500 francs sur mon compte... Et le chèque du livre tombe le 20 septembre. Les agios eux, vont tomber tous les jours jusque là si je ne trouve pas de solution... Aïe, aïe, aïe... Heu ? Papaaaaaa... Tu peux me prêter mille balles ? Mais oui ma fille. Merci mon papa. Me voilà soulagée :) ça vous dégoûte vous autres, hein ? lol. M'alleeez, faites pas cette tête ! Ce n'est qu'un prêt jusqu'au 20 et puis je lui ai donné des tas de coups de main dernièrement, il peut bien me rendre service aussi héhé.  Voilà une chose de réglée... J'ai téléphoné à la directrice de rédaction de l'agence de Carry. Elle m'a reconnue, c'est déjà ça, mais elle n'avait pas le temps de me parler, je dois la rappeler vendredi prochain dans la matinée. Chiara passe en fin d'après midi pour que je lui prête une k7 vidéo. Ce sera l'occasion de lui faire une belle bise à ma louloute :o) En l'attendant je vais aller déposer mon beau chèque à la banque et peut être aussi faire une balade avec papa qui finalement repart demain. Je n'ai pas de nouvelle du free lance... Hum... Il a intérêt à se dépêcher parce que moi je pars la semaine prochaine. Oui, oui, ça y est c'est en pourparler je vais avec papa en Bretagne sans doute mardi, mercredi et jeudi prochain. A moi les restos, les hôtels et les embruns ! Yesss... Vive les galettes, vive le chouchen ! :o) Tout ça pour dire que 1/ il va encore manquer trois jours de journal ouplala ;o) , 2/ le free lance a intérêt à se grouiller et 3/ il faut absolument que j'ai un rendez-vous avec la directrice de création lundi ! Je vous redonne des nouvelles... Un mail de Jlo qui m'envoie une très chouette photo de lui sur son vélo à Toronto. Chti pépère, c'que tu peux bien vivre, toi ! Hier, en rentrant des courses un message aussi très agréable sur mon répondeur. Mimi et Cath qui me parlent, font les folles, m'embrassent et me disent : "vite, on a hâte que tu reviennes..." Merci les filles, moi aussi je vous aime très fort :o)

 

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