Mercredi 10 Octobre 2001

" Le secret pour écrire. Il suffit de parvenir à garder les yeux ouverts et fermés en même temps.

 C'est-à-dire qu'il faut se souvenir et oublier, toujours en même temps."
Bruno Tessarech 

 

18h21 : Déjà ?

Je n'ai pas vu passer cette journée. J'étais bien trop enfouie sous la couche de toutes les pensées qui m'ont assaillies depuis 10 x 60 minutes ! Le Palais, une dernière fois. Tirée au sort puis récusée. Je n'aurais pas, cette fois encore, à prêter serment de la main droite pendant que la main gauche croise les doigts sous la table pour me permettre de fausser mon serment et de tout vous raconter en rentrant. Non, sérieusement. J'ai pensé, sans trop l'écrire, à ce cas de conscience que m'a fait aujourd'hui remarquer, par mail, un "fidèle lecteur". Quand on vit une expérience aussi dense qu'être juré on a besoin de vider sa conscience dans un souffle. C'est toujours difficile de mettre des mots sur une histoire qu'on a vécue comme sordide et grave en même temps. Alors, je me dis que le meilleur interlocuteur dans ces cas là, c'est bien le journal intime et mieux que la parole, la main dicte la confession. On a bien le droit de tout dire à son journal, non ? Là où cela se corse c'est quand le journal est public. Vrai journal ou ersatz en ce cas puisque les noms sont tus là où par écrit je les aurai nommés ? Je crois bien que ce cas intéresserait le professeur Dumbledore ! Hum... De toutes façons c'est fait. J'en ai dit trop ou pas assez, mais le souvenir reste ici, sur ces pages virtuelles pour l'éterneté... Je l'ai fait, je l'ai raconté avec mes mots, j'ai transmis un peu de mes pensées. Ici, à vif, trace de tampon à l'encre indélébile d'un moment vécu profondément. Ce n'est pas bien d'avoir, devant vos yeux, trahi mon serment de discrétion mais c'était important, je pense, d'avoir parlé de cette situation peu commune qui m'a faite grandir de plusieurs mois en 48h...

 

En vrac, les "je", les "j'ai" et le reste : j'ai terriblement envie de voir le film : "La chambre des Officiers". Comprendre et me souvenir de ceux qu'on appelait les "gueules cassées". J'ai déjeuné dans un restaurant italien avec Alice. A midi vingt un gros coups de blues m'a prise dans ses filets et Alice a volé adorablement à mon secours. Pizza aux épinards, petit gâteau aux fruits rouges et même champagne ! Elle est repartie comme un ange, me laissant un sourire plein les lèvres et des groseilles sur mon pull noir. Ai pris quelques photos du Palais de Justice et ai soudoyé mon petit gendarme pour qu'il me permette d'en prendre de la salle d'audience. Gravée une image déjà tatouée. Sur le thème des photos je l'ai amené à me parler de cette jolie jeune femme collée dans son képi... A abandonné la partie. Arf. Les hommes ! L'effet Alice étant de courte durée j'ai fait une terrible rechute. Sur le chemin de la maison j'ai acheté une jupe, un pull et un savon... Je suis sur la paille et n'ai toujours pas d'emploi. Je suis folle ! C'est maladif... Certains soignent leurs états d'âmes avec des éclairs aux café, moi c'est les fringues ET les éclairs aux cafés. Achevez moi... Pourquoi cette passion pour les savons au lait d'avoine et les bougies parfumées ? Pour le goût de la douceur, l'odeur de l'enfance et les ambiances ouatées d'une maison où la mère vous a bercée. Au loin, la guerre. C'est pas que je ne l'entende pas. J'entends comme vous tomber les bombes, j'entends l'anthrax, la peur des gens. Je perçois le malaise de la guerre d'un "bien" contre un "mal". Je sais, je sais... Mais je ne veux pas en parler ici.  Le secret du bonheur : lovez vous dans la chaleur de vos proches aimants, souriez à leur amour, bénissez les étoiles du cadeau de leur amitié, ensuite prenez un bol, mettez y du lait entier glacé estampillé Label rouge, lait de ferme et trempez y un pain au chocolat "Paul". Là, essuyez vous, il en reste un peu dans votre moustache. Regardez par la fenêtre le soleil qui décline, dites vous que vous êtes bien vivant, respirez profondément et taisez-vous. 

 

météo intérieure du jour : 

Jour précédent/ Jour suivant

Revenir au sommaire

Il y a un an...

 

Pour m'écrire, cliquez ci dessous

 

Inscrivez votre e-mail pour être avisé lorsque ce site sera mis à jour.

Ajout Retrait