Mercredi 14 Mars 2001
"C'était donc lui minet hautain, petit Alexandre qui peine sur un monticule
de macédoine dans une assiette en carton... Chacun ses ambitions."
extrait de la chanson "Je veille sur le corps d'un rêve"
11h30 : La spirale infernale...
J'ai fini mon gros cahier, me voilà en commençant un autre... Sans spirale ! J'espère qu'ainsi vous ne percuterez plus aucune bordure pour pouvoir me lire ;o) Je ne vous cache pas que je m'attache à mes petits bidules et que ça me fends le cœur de supprimer cette gentille spirale qui ne m'avait fait pourtant aucun mal... Mais il faut savoir sacrifier une spirale quand il s'agit de permettre à l'humanité de s'épanouir ! (phrase empruntée à un film américain chai pu l'kel, arf !)
J'ai pris une grande décision ce matin au réveil, oui, je sais, je me surmène... Je ne vais plus chercher à éditer mon livre, je vais mettre en charpie les chapitres, le disséquer, en tirer la substantifique moelle, le suc le plus pur et faire muter mon texte vers autre chose... En gros, mon livre, je vais le piller allègrement et faire avec les meilleurs morceaux un autre livre... Exit l'artefact de bouquin, vive le nouveau roman ! J'ai les ingrédients, la recette, il ne me reste plus qu'à retrousser mes manches et à mettre mes blanches mains dans le pétrin créatif ! Hier, j'ai eu une révélation. Après avoir parlé avec quelques personnes avisées, j'ai su que je n'arriverai à rien de la manière dont je m'y prenais, j'ai compris que je n'aurai pas les épaules assez larges pour porter ces textes là à bout de bras. J'ai donc décidé de recommencer en m'y prenant autrement, de faire une véritable fiction dont je pourrais m'enorgueillir, un enfant que je vais porter (9 mois ??) dont je serais heureuse d'assumer la maternité !
Mon troisième thé fume près du clavier, je suis prête à commencer... Avant la fin de la journée, je veux avoir trouvé une trame de fond, je veux entendre les premiers battements de cœur de mon personnage, je sais déjà que ça sera une fille et qu'elle sera attachante...
18h13 : Rooo c'est dur de commencer !
Mais qu'est ce que ça va être bon une fois l'amorce créée !! J'ai établi une sorte de carte d'identité de mon héroïne, je lui ai créé un univers familial, lui ai donné un job, un âge, des amis, des amours... Je me suis prise pour Dieu l'espace de quelques heures... Tout bien pensé, 7 jours pour un monde ça fait peu ! :o) J'ai aussi trouvé une chute à mon roman. Curieusement, moi qui n'ai jamais lu de polar, ça se termine plutôt mal, disons de manière angoissante... Va falloir que je travaille mes lecteurs au corps pour les étonner un max ! Ambitieux mais tellement excitant ! Ah si seulement j'avais un mentor, un esprit rompu aux joies de l'édition, un oeil critique proche de moi, pouvant me rectifier, me guider quand je m'égare...
J'ai reçu cet après midi un bien joli compliment... Un lecteur m'a dit que j'étais "beaucoup plus qu'une scribouilleuse"... Imaginez comme ça m'a fait tout chose de lire ça juste au moment où je me lance dans un roman comme on prépare un tour du monde... Je vous souhaite à tous une belle soirée, dormez bien, moi je me prépare à une nuit blanche pleine de mots.
21h24 : Douce Béca
Béca m'a fait de la peine, je lui ai téléphoné pour lui demander des nouvelles mais elle s'exprimait peu, elle avait l'air triste... J'ai essayé de la faire parler, elle a fini en larmes... Un soir, la fameuse nuit où son copain était parti joué à la Playstation, la nuit où elle m'avait appelé à 2h du matin en laissant "tu dors ?" sur mon répondeur, elle a téléphoné à Dean. Elle est tombée sur son répondeur et a raccroché. Son copain a fouillé dans son téléphone et a découvert le numéro criminel... Depuis le souffle de Iago a fait son furieux voyage dans l'oreille du copain et la tension règne au sein du foyer... Voilà l'origine des larmes de Béca... Elle m'avoué des choses toutes simples : "Depuis que Dean m'a laissé tomber j'ai peur que mon copain me laisse un jour pareillement", "je n'ai pas confiance en moi"... J'ai essayé de lui faire réaliser à quel point elle était digne d'amour, à quel point elle était généreuse, plein de bons sentiments, belle à en mourir. Je lui ai dit qu'elle devait apprendre à s'aimer pour pouvoir avoir confiance en l'amour de l'autre. Je lui ai dit que si Dean l'avait laissé ce n'était pas de sa faute mais parce qu'il aurait laissé n'importe quelle autre fille plutôt que de s'engager sérieusement comme elle le souhaitait. Qu'il l'avait laissé parce qu'il savait ne pouvoir lui offrir cette "projection dans l'avenir" qu'elle désirait tant, parce qu'il est trop "jeune" encore dans sa tête...
Je me suis efforcée de lui dire à quel point son couple était beau, comme elle avait de la chance d'être avec quelqu'un d'aussi aimant. Quand elle me glissait qu'elle avait peur que je sorte avec Dean (Pfff...) j'essayais de garder mon calme et lui répétais encore les paroles cent fois dites. J'ai terminé en lui disant : "tu connais Othello ?" elle m'a dit, "non, c'est un copain à toi ?" morte de rire ! Non, Béca... Je lui racontais brièvement l'histoire d'Othello et lui conseillais d'aller louer au moins la cassette vidéo avec l'excellentissime Lawrence Fishburne... Lire Shakespeare dans le texte... hum... Je me suis abstenue...
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