Dimanche 16 Décembre 2001

"Le découragement est l'enfant illégitime des attentes injustifiées."
Lloyd Ogilvie 

 

17h51 : Écrit d'un doigt

Des draps verts sapin, un liseré rouge, des cils qui se recourbent, un souffle régulier. Son cou qu'il me tend pour me faire sentir son parfum, si près que je le sens avec ma bouche. Ces mots que j'entends sans cesse : "si ! Tu as dormi, je t'ai même regardé dormir..." J'ai rougi de penser que moi aussi je l'avais observé pendant son sommeil, la tête un peu cachée dans un oreiller plat, "mais non voyons Scrib, c'est mieux quand l'oreiller est froid !.. Tu veux le mien ?" J'ai si froid aujourd'hui et j'avais si chaud pelotonnée au creux de son bras, respirant les battements de son cœur. C'était la dernière nuit et déjà je n'arrive plus à me convaincre de l'avoir réellement vécue. J'ai toute ma brochure à refaire, une longue semaine à vivre et je me sens sans force. Je n'ai juste que froid et l'envie de me rouler en boule au fond de mon lit pour pleurer. Je crois que j'ai envie de pleurer parce que rien n'est possible entre nous alors que je n'ai envie que de ça : que ce soit possible ! Je sens déjà les affres de la jalousie me grignoter. J'ai goûté ses baisers que je ne veux déjà plus qu'il dispense à d'autres. Mon poisson est si fuyant, si glissant entre mes rêves. Il s'en va faire du ski nautique alors que je vis dans ma grotte. Il est la glace je suis le feu. Je n'ose même plus penser à Bruxelles... Il n'est qu'à une heure de chez moi aujourd'hui et mon Dieu qu'il me semble loin...

 

Plantureux repas dominical, comme un échauffement à Noël. Nona, papa qui ne me parle toujours plus, maman qui pare tous les coups bas. Des huîtres, un carré d'agneaux et une tarte à la rhubarbe... Le tout dans le salon parce qu'il parait qu'on est "dimanche". L'appétit pourtant me manque, je loupe des étapes dans la conversation, je tape si lentement sur le clavier, je fais mille petite erreurs, j'enferme le torchon dans le frigo, et j'ai tellement froid... Il faut que je l'oublie... Hier, dans l'après midi, juste après avoir écrit mon entrée je suis allée sans conviction montrer mon nez sur le messenger. Une minute plus tard il est apparu. Dix secondes plus tard il me parlait... "alors ? Bien rentrée ?"... "Tu n'es pas trop fatiguée ?" Je suis restée abrutie qu'il me parle pour me demander de mes nouvelles alors que nous venions de nous quitter... Pourtant je n'arrive pas à me dire que j'ai un nouveau petit copain. Il ne se peut pas. Il va partir, il n'est pas à moi, nous ne sommes rien d'autre que des "contacts" l'un pour l'autre. "Qui sait ce dont demain sera fait, vivons au jour le jour"... Pourquoi ne lui ai-je pas hurlé que nous étions seuls capable de construire notre destin, que ce ne serait pas seulement "demain" qui le saurait ! Je n'ai pas osé. Je voulais paraître "distante" moi aussi, détachée, libre,... comme lui. Je lui ai souhaité de bien s'amuser à sa soirée "strip tease entre hommes", comme je compte encore lui souhaiter de "bonnes vacances" au Cap Vert s'il consent à venir me parler aujourd'hui... Comme également je lui ai souhaité "bonne chance" pour son job à Bruxelles. Alors que merde non ! J'aurais voulu qu'il s'ennuie à mourir de moi hier soir, je voudrais que chaque parcelle de sa peau me réclame la semaine prochaine et que surtout, son projet à Bruxelles tombe à l'eau afin que nous prenions notre temps pour vivre de beaux moments ensemble, sur Paris ! Ce ne sont pas les femmes qui sont compliquées, c'est la vie qui est mal faite !

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