Samedi
16 Juin 2001
"Danses avec les pieds, avec les idées, avec les mots,
et dois-je aussi ajouter que l'on doit être capable de danser avec la plume ?"
Friedrich Nietzsche
13h14 : Mollets minés
Mes aïeux quelle soirée !! Tout à commencé vers 20h en arrivant chez Alice... L'ambiance est très vite arrivée à son maximum quand S., le CPPM, Alice, Vince, A., Jc, Kate, et son ami de Montréal sont arrivés. Le champagne, la vodka et le chouchen coulaient à flots, les fous rire se multipliaient et pour une fois j'avais ma cam au poing pour filmer ce grand moment de spectacle. Ce fut une surprise de me retrouver à côté de Stéphane et de l'entendre me dire : "j'habite rue Lauriers", "chu pu capabe" et autres phrase prononcées avec son si bel accent ! J'étais aux anges !! (désolée de vous offrir ce style décousu, j'ai un mal de crâne insupportable, et les yeux très loin de là où ils devraient être :( Bref, nous avons chanté, fait des blagues, fêter dignement l'anniversaire du CPPM et tout le monde était euphorique. Vers 23h30, nous nous sommes mis en chemin pour rejoindre le Rex. Certains en métro, la dream team dans la voiture de Vince. Arrivés au Rex, les videurs nous ont informé qu'une soirée privée se tenait et que nous ne pouvions pénétrer dans l'arène. Dépités et toujours surexcités nous décidâmes d'aller (à pied) aux Follies Pigalles. C'est à ce moment là, en pleine réflexion que Ramzy a débarqué près de moi pour hurler je ne sais plus quoi, flanqué d'Eric, son acolyte. (Pour les non français et les intellectuels, Eric et Ramzy sont de "célèbres" trublion du PAF national.)
Pendant une heure nous avons marché en file indienne dans les rues enfiévrées parisiennes du vendredi soir essayant (en chantant) de retrouver le chemin pour nous rendre Place Clichy. Cela faisait longtemps que je n'avais arpenté les lieux de fête de ma capitale. Vers une heure, un magnifique travesti nous laisse pénétrer aux Follies, après nous avoir remis un préservatif (???) Je me demande où je suis et ce que je fais là. Un doute m'étreint... Mais l'ambiance est toujours surchauffée dans le groupe et après avoir commandé une Evian/grenadine, je retrouve le sourire. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me retrouve avec le CPPM et Alice sur le plus haut des podiums en train d'onduler mon corps, mon débardeur d'inspiration Paco Rabane à grosses pastilles rutilant de mille feux sur la piste en contrebas. Deux gars du staff viennent à ma grande surprise me prendre en photo et me demander mon prénom. En moins de deux je retrouve les dites photos sur le grand écran de la salle... Hum. Je danse sur cette estrade, sous mes pieds d'énormes ventilos soufflent des courants d'air qui font voler mes cheveux comme dans un clip de Madonna (là, c'est clair, je m'y crois complément ;o)) Une heure plus tard, vannée, je redescend. Je me pose quelques questions sur le CPPM qui ne m'a pas quitté de la soirée et qui, lui pourtant si réservé, est venu faire le gogo dancer à mes côtés... Alice a l'air aussi méchamment étonnée que moi. Hum. Il vaut mieux que j'aille m'asseoir dans un petit coin sombre pour ramasser dans le noir mes pensées...
Et ça tombe bien d'ailleurs, parce que deux bœufs viennent de monter sur la piste aux étoiles, habillés de succincts petits shorts argentés (ils ont de toutes petites kékéttes, me dis je, chacun de mes amis appuyant mon propos) Curieusement, plus d'hommes que de femmes semblent se masser, fascinés, sous leurs pieds. Leurs rangers me débectent, je les trouve grossiers, immondes et incapables de bouger harmonieusement dans leur cape de muscles. Ils sont ri-di-cu-les et pa-thé-ti-ques ;o) Un type propose un ecsta au CPPM qui m'explique (sous mes yeux hallucinés) qu'il a déjà essayé deux fois dans sa vie, comme d'ailleurs l'héroïne, la coke et les acides... Mamaaaaannnn, ze veux rentrer maison !! Je propose de rentrer quand des drag queen nous apportent des serviettes éponges, des brumisateurs et des paquets de gauloises blondes montés sur un bracelet qui claque. On s'asperge copieusement, l'atomiseur sent la crème hydratante, je brille encore plus. Finalement, vers 3h, j'arrive à me faire entendre et sans retrouver la moitié de notre bande, S., Alice, le CPPM, Vince et moi même, sortons de ce bouge infernal. Dehors, on se bat, des gueules en sang côtoient tout ce que Paris compte de plus marginal. Si je pouvais je me serrerai dans les bras du CPPM pour me sentir plus en sécurité. Bien entendu, je m'abstiens. Comment cette fille de 15 ans peut elle se promener ici à son âge alors qu'à 27 ans je me sens trop jeune pour ces endroits mal famés ? Je dois avoir un grain, c'est sûr...
Nous errons près du Moulin Rouge, parmi les sex shop à la recherche d'un taxi. La plupart nous ignorent, même libres. Nous devons leur faire peur... L'odeur des khebab me prend à la gorge, j'ai la hantise de croiser un embrouilleur ou un type bourré près à me v. dessus... Enfin, Alice prend son taxi et nous attendons le notre qui arrive peu après. J'hallucine que le CPPM ose, en plein rue, retirer de l'argent, je vois déjà le braquage arriver. Il n'arrive pas et je dois être une conne de m'inquiéter autant. Un peu comme dans la boite quand j'ai dit à Alice de garder un oeil sur son verre de peur que quelqu'un y verse un truc... Je dois être folle. Mais ça ne se commande pas ces choses-là. Le taxi nous ramène jusqu'à Bonne Nouvelle où nous retrouvons facilement la voiture de Vince. Mes trois amis me ramènent je me sens enfin "secure"... S. m'escorte jusqu'à ma porte. Je filme le magnifique lever de soleil et le croissant de lune laiteux et irréel me rassasie le cœur. Il est 4h30 du matin.
A 11h30 je me réveille la tête dans un étau. Un énorme préservatif me darde de son regard inquisiteur. C'est pas possible, j'ai fait tout cela, moi, hier soir ??? Je pense à J-Lo dont je suis sans nouvelle. Je ne pense pas le voir cet après midi puisque nous n'avons décidé d'aucun rendez-vous. Je m'apprête doucement à consommer du lapin... Je visionne mon enregistrement d'hier. Dieu qu'on a ri ! Stéphane qui m'explique que ça l'amuse de que les québécois jurent sur la religion alors que nous, français, ne parlons que "de cul"... Quel bel échange socio-culturel... Arf. J'ai besoin de faire couler sur mon dos douloureux un jet d'eau chaude relaxant. J'y vais de ce pas !
16h34 : Dans ma nuisette Petit Bateau en coton bleu, je me sens invincible !
Je me sens fraîche, détendue, on est samedi et le soleil joue fortissimo pour sécher l'orage de tout à l'heure. Mon portable a fait un minuscule bip, et s'est éteint. Un numéro s'affiche, puis un message, c'est J-lo coincé à l'aéroport qui me dit depuis une cabine que ses bagages sont perdus et qu'il doit patienter là. Il me propose qu'on se voit plutôt la semaine prochaine. Je suis déçue, terriblement déçue. Je me précipite pour le rappeler, quelqu'un décroche : pas de J-lo dans les parages. Trop tard, l'oiseau s'est envolé. Depuis je traîne comme un électron libre dans ma maison vide en attendant que le téléphone sonne de nouveau et je fais les 100 pas en me demandant quel sera le châtiment barbare que je vais infliger à mon portable pour m'avoir empêché de prendre cet appel que j'attends depuis jeudi ! Je m'aperçois que J-lo a dû fatalement recevoir le mail où je lui avais envoyé mon numéro de portable et je me demande pourquoi, tout simplement, il ne m'a pas répondu dans la foulée pour me fixer un rendez-vous. De toutes façons, bloqué comme il est à l'aéroport, ce rendez-vous aurait été manqué. :o( Je me dis qu'il n'a peut être pas envie, finalement, de me rencontrer.
21h55 : Yalta
Rencontre au sommet. J'ai téléphoné à S. pour lui parler d'Alice, du CPPM et de moi. Bah oui, je lui fais confiance, cette conversation restera entre nous. Je ne supportais plus de la garder pour moi, ce poids m'étant devenu encore plus lourd depuis la soirée d'hier. Je n'arrête pas de penser au CPPM, aux frôlements de mains, de corps qu'il y a eu hier soir. Je culpabilise alors qu'il n'y a rien. Rien que deux filles qui se plaisent à penser au même type :o( ça m'a fait beaucoup de bien, S. m'a donné la force de continuer. Il ne me blâme pas, au contraire, il trouve mon comportement loyal et courageux. Il comprends comme cela devient de plus en plus dur de passer du temps dans la même pièce qu'Alice et le CPPM. Lui aussi m'a fait une confidence... Il rêve d'Alice, il en est amoureux ! Rendez-vous compte qu'il songe même à laisser sa copine avec qui il est depuis 4 ans si notre amie et collègue répondait à ses vœux. Triangle des Bermudes ou Alice, S. et moi sommes attirés tous trois par quelqu'un qui ne partage pas notre émoi... S. me disait justement à ce propos : "Oh, mais on dirait presque les affaires de cœur du loft" Héhéhé... Vivement que je parte dans un mois moi ! En septembre le CPPM aura sûrement quitté la boite (il est prestataire) et tout rentrera dans l'ordre.
00h14 : Do-do
No news from J-lo. Je viens de passer la soirée au téléphone entre une Alice déprimée par le comportement du CPPM et qui se pose des questions sur le comportement quelque peu ambigu de S et S. justement, près à quitter sa petite femme un peu plus chaque minute. J'ai beau lui dire qu'Alice ne peut pas penser à lui tant qu'elle a le CPPM dans la tête, rien n'y fait. L'amour rend idiot et moi je vais me coucher en bénissant le ciel pour une fois d'être célibataire et heureuse :o)
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