Dimanche 16 Septembre 2001
"Souvent, les mots prennent le pas sur les actes et même les supplantent
comme s'il suffisait d'écrire pour changer la vie.
Tahar Ben Jelloun
11h07 : Deux jours de tendresse dans un monde de brutes.
-(Vendredi)-
Levée à 6h j'ai pris la direction de la gare avec maman. Le TGV méditerranée n'a pas eu de retard. Seule anecdote à relater, un type, sur le quai, reproche à ma mère de lui avoir fait une queue de poisson et d'avoir manqué de le faire tomber. Réponse cinglante de maman (la mauvaise humeur matinale est une valeur sûre chez nous ;o) "dites donc monsieur je n'ai pas des yeux dans le dos, par contre vous, vous les avez devant alors ouvrez-les quand vous marchez !" Pim, pam, poum. Arf. De temps en temps je brave la climatisation et mes bâillements intempestifs pour aller en griller une en compartiments "fumeurs". Là, Deux jeunes hommes beaux comme la lune dorment tête contre tête. Il n'y a pas à y regarder deux fois pour voir que ces deux là paient des impôts de top models ! Somnolents, leurs pieds se font des mamours comme autant de personnages distincts. J'envois un sms à Chiara pour lui parler de ce tableau digne de la renaissance italienne. Une heure et demie plus tard nous sommes à Lyon, une autre heure et demie après c'est Marseille et son bord de mer, et enfin, 4 heures après notre départ nous arrivons à Toulon. Quelques minutes avant l'ouverture des portes, et alors que tout le monde encombre les couloirs du train, une annonce nous informe qu'il est midi. Pendant 3 minutes le temps se fige, les petits chiens dans leurs paniers n'aboient plus, les enfants en bas âge impressionnés par le comportement des adultes ne pleurent plus... Tous les visages s'assombrissent, aucun un rire nerveux. Le silence le plus total, même le train ralentit comme pour faire taire le bruit des rails. Nous entrons en osmose avec la peine de américains. Nous côtoyons l'horreur, le chaos, encore. Quelques larmes, un sanglot. J'ai des larmes plein les yeux, maman aussi... Je n'ai jamais vécu un moment si poignant, presque beau dans sa douleur. Très oppressant mais tellement nécessaire...
Ma belle sœur vient nous chercher avec crevette-Anne à l'arrière. Ils habitent tous un coquet petit appartement excentré où mes nièces ont chacune leurs chambre. Nous nous installons et déjeunons de poisson surgelés et riz (no comment sur le poisson, je fais ma "bien élevée" et mange sans broncher) Les filles sont à l'école, nous devons attendre 16h30 pour aller chercher la première C. Ma dernière nièce occupe toute notre attention. On est toujours surpris par la petitesse des nouveaux nés, on s'extasie sur les doigts, les pieds, si fins et si joliment dessinés. Caméscope, photos, la crevette est mitraillée. Je m'allonge un peu sur le transat du balcon et me laisse réchauffer par les doux rayons solaires du sud. Il fait 25°... Nous regardons les albums photo, c'est là que je trouve cette photo de M. toute petite (allez la voir après Loute dans l'album d'or), il y a aussi mon frère petit, mon père tout jeune (quel bel homme ! :o) et surprise je me vois, moi, gamine, le regard tourné vers mon grand frère au Niger. Quelle admiration dans mon regard pour ce frère que j'ennuyais plus qu'autre chose :o) Vers 16h nous allons à pieds, toutes autour du landau, chercher les autres pucettes. C, 8 ans, déboule en courant du préau de l'école privée Jean XXIII, les cerises de son t-shirt accordées parfaitement avec celles de ses socquettes et de son sac Chipie. Arrêt pain au chocolat, nous attendons M. sur la petite Place.
M, 11 ans, un t-shirt vert délavé à rayures, un jean et des sandales coure vers moi comme une dératée (au risque de se faire écraser) traverse un parking, coure de nouveau sur 20 mètres de trottoir et se jette enfin dans les bras. De ma vie je n'ai jamais eu pareil accueil. Comme un petit chiot ses effusions se perdent sur mes joues, mes cheveux... On rit comme des folles. Sa main attrape la mienne et ne la lâche plus. "Je suis si contente que tu sois là, tu m'as manqué, tellement manqué, pourquoi tu restes pas plus ? (petits bruits tristes, elle se colle contre moi) Pourquoi t'es pas toujours là ?" Sur le chemin de la maison, C. est sortie de sa réserve pour rivaliser avec M. Elles se sont disputées comme toujours et j'ai eu beaucoup de mal à les calmer. Finalement M. a déclaré forfait quand sa sœur l'a poussée dans une flaque de boue et que leur mère s'en est aperçue. Rentrées à la maison, nous retrouvons mon frère. J'attaque avec M. ses devoirs d'anglais, la pince gentiment quand il faut dire "aïe" au lieu de "iii" pendant que maman fait réciter une poésie à C. Le soir nous commandons des pizze et de nouveau une chicane éclate pour savoir à coté de qui "je" dois m'asseoir. J'opte pour la paix et m'installe entre elles. Après le repas nous regardons les informations télévisées. Partout en Europe le temps s'est arrêté à midi pile. M. vient me rejoindre, grave, sur la canapé. Elle m'entoure de ses bras, me serre contre elle. Je lui prends la main, nous ne sommes plus qu'une devant ce spectacle. Je sais qu'elle comprend, elle est allée prier avec ses petites amies cet après midi à la chapelle de son collège au lieu de jouer avec les autres. Elle a bon petit coeur et je ne l'en aime d'autant plus. Vers 20h30, après une séance photo libératrice, C. va se coucher, demain samedi elle retourne à l'école pour la matinée. M. reste avec son père et moi. Ma belle sœur et maman s'en vont dans leur quartiers. Je leur montre les images de la réserve animale du parc Oméga en Ontario. Puis nous parlons, en chuchotant, tous les 3. M. nous embrasse, elle va se coucher. Je reste à profiter de mon frère. Nous avons une conversation sérieuse, fraternelle, unique en la matière. Nous parlons de nos vies, de nos échecs et de nos qualités. Je sais que je peux compter sur lui. Je vais me coucher vers 23h, réalisant enfin, que j'ai un frère, un vrai que je n'ennuie plus. *émue*
-(samedi)-
Lever 9h, il fait déjà chaud. C'est si bon ! M. trépigne d'impatience devant la porte de ma chambre. Elle me tient compagnie pendant mon petit déjeuner et nous jouons ensuite à Bust a move, le jeu que je lui ai ramené. Mon frère me propose un jogging que je décline (ce serait de la gourmandise arf...) Vers 11h nous allons chercher C. à l'école, achetons des provisions de bouche (j'offre un super Picsou géant à M. et prends aussi un sachet de bonbons de boulangerie multicolores -fraises, oeufs, langues acides, réglisses, dragibus- pour mes deux nièces qui se les partagent. Aux anges !) Au retour, nous préparons le repas : de bons steaks et des frites maisons, un régal pour petits et grands :) En dessert maman a fait une grande tarte aux quetsches qu'on déguste avec un bon café. M. et C. collectionnent les bouchons de bouteilles en plastique. M. m'explique que pour 2 tonnes de bouchons on peut offrir un fauteuil roulant à ceux qui en ont besoin. Elle me parle aussi de Loïc qui lui a fait un bisou (sur la joue olala) pour son anniversaire pendant que personne ne regardait ;o) et nous jouons et parlons, jusqu'à ce quelqu'un propose un tour au parc. Nous devions faire en bateau le tour de la rade de Toulon pour observer le Sirocco, le navire de mon frère, mais il est déjà tard, nous préférons le parc. Il faut dire que nous avons pris beaucoup de temps pour installer quelques logiciels et scanner des photos (dont celle, ci-dessous, amusante que mon frère a prise de Pim il y a bien longtemps, à l'époque où celui-ci volait fréquemment :o) Au parc, ravissant, nous avons encore fait quelques photos (il faisait si beau !) et les filles ont pu se dépenser. Vers 18h, (30° degrés dehors, j'avais peine à partir retrouver le froid parisien !) ma belle sœur et M. nous ont accompagné à la gare et quelques minutes plus tard nous sommes reparties pour la capitale.
La climatisation de notre wagon ne fonctionnant plus, le contrôleur nous a proposé de siéger en première, ce que nous avons acceptés sur le champs. C'était tout bonnement intenable ! Très vite la nuit est tombée et le retour s'est avéré nettement plus désagréable qu'à l'aller. Rien à voir par la fenêtre, tout le monde qui dort, etc... Près de Lyon, le train a ralentit, puis s'est arrêté pendant 20 minutes. Nous avons entendu ensuite ce message : "suite à un acte de malveillance, ce train aura 20 minutes de retard à l'arrivée à Paris." Frissons autour de nous... Je demande, plus tard en le croisant, au contrôleur de me rassurer sur cet "acte de malveillance". Il s'agit tout bonnement d'une course poursuite qu'il a dû mener contre des fraudeurs. Je vais annoncer la nouvelle à maman. Mon portable ne capte pas sur tout le chemin, néanmoins il m'informe vers 22h d'un message : "salut c'est E. de vidéo futur, c'était juste pour te dire que ton ex est passé au magasin. Bien sûr nous ne l'avons pas servi ! Si tu veux plus de renseignements n'hésite pas à m'appeler au 06 xx xx xx xx." J'hallucine complètement !!! 1/ mon vidéo club n'est pas du tout dans le coin de chez Silvio et je me demande bien ce qu'il faisait là, 2/ je n'ai jamais demandé à E. de ne pas servir Silvio ! Juste d'éventuellement vérifier qu'il se servait de son compte (crédit) et non du mien comme on le faisait habituellement 3/Je ne savais E. "taupe" à ce point, pour qu'il m'appelle pour me faire de tel compte rendus !! Bref... Cette histoire m'amuse beaucoup. J'appelle Chiara pour lui dire et dans la foulée j'interroge mon répondeur de maison, à distance. Là, autre source de rires, un message de Béca qui me demande si je peux accueillir, chez elle, son dépanneur de pc qui doit venir mardi prochain à 14h étant donné qu'elle et le cerbère travaillent. Non mais je rêve là !! Y'a pas écrit la Poste sur mon front !! De ça aussi je me promets de m'occuper plus tard. Nous voici arrivées, il fait de nouveau froid. Nous rentrons en taxi dans la nuit parisienne. Papa nous accueille avec le sourire. Apparemment il se sert depuis deux jours du papac et n'a rien remarqué. J'ai une grosse pensée pour Barry et Loomi que je remercie en silence :o)) Je m'endors vers 1h, bien emmitouflée dans mes couettes en repensant à toute l'émotion de ce week end.
14h01 : Un anniversaire à fêter dignement !
Aujourd'hui le journal de bord de Loomina a un an. Par conséquent, cela fait un an que je la connais, que je l'apprécie et qu'elle est devenue plus qu'une diariste pour moi : une amie. Juste un petit hommage pour une fille adorable :o) love ya ! Le gars du vidéo club vient de me rappeler. Il paraît que Silvio est donc venu hier pour louer un film accompagné de sa 206cc et de sa petite blonde (je sais pas dans quel ordre les ranger alors j'ai mis par ordre de préférence, d'après ce que je sais de lui) Quand il l'a vu arriver, E. a dit à son collègue que si Silvio demandait à être servi sur mon compte, qu'il ne le serve pas. Comme apparemment il est reparti "bredouille" E. en a déduit que c'était ce qu'il avait essayé de faire... ça m'étonnerait mais bon... Il a aussi un compte là-bas et a bien le droit de louer un film, même si c'est un peu de la provoc que de venir dans "mon territoire" :o) Sans que je lui demande (je vous avoue que je me passe bien de ce genre de détails) E. m'a dit que Silvio avait un style plus classique, plus "classe" et qu'il ne portait plus (dixit E.) "ses horribles chaussures" (ndl : des Buffalos) "mais que sa copine n'avais pas l'air d'avoir grand chose dans la tête." c'est pas moi qui l'ai dit, arf... Grand bien lui en fasse. S'il s'est assagi, j'en suis bien heureuse et comme sa vie a l'air de "rouler" j'en suis heureuse aussi. De longs mois ont passé et sans pour autant passer par la case "pardon" je ne lui souhaite rien de désagréable. En partant, il aurait lancé un regard noir à E. ce qui a beaucoup amusé ce dernier. Je le cite encore : "à mon avis il a compris qu'il n'était pas le bienvenu et je ne pense pas qu'il revienne de nouveau. C'est normal pour moi d'avoir fait ça, je suis ton ami !" Je n'en demandais pas tant héhé...
23h24 : doucement
Bientôt l'heure de retrouver mon lit. Je n'ai pas vu passer la journée. J'ai téléphoné à Béca pour lui dire que je ne viendrai pas pour accueillir son dépanneur. Elle a eu l'air de m'en vouloir. Je ne vois vraiment pas pourquoi. Je ne peux pas toujours "l'arranger" ! Je trouve que son ton change étrangement quand elle a un service à me demander en ce moment. Par ailleurs elle semble se ficher royalement de ce que je peux bien vivre, moi, de mes recherches d'emploi, de ma vie, mes envies, mes soucis... Hier, sur le répondeur, elle ne savait même plus si j'étais partie ou pas et aujourd'hui elle me sort : "c'était bien St Malo ?"... Pff... Vraiment ça ne vous donne pas envie de vous plier en quatre pour rendre des services ! J'ai eu deux fois par contre Chiara qui, elle, se soucie vraiment de moi ainsi que ma douce Mireille qui m'a appelée après une très loooongue grasse matinée due à une soirée bien arrosée :o) ça m'a fait du bien de les entendre toutes les deux (surtout qu'en plus Mimi m'a passée Cath !!! :o) Nona est venue prendre le thé, j'ai montré mon film des deux jours à Toulon. Mon père a pu voir sa dernière petite fille... "on attends plus que toi pour en faire un maintenant !" *soupir*... Les parents ont été insupportables aujourd'hui ! Ils se sont disputés et dans ces moments-là je ferai tout pour être ailleurs. J'ai essayé d'installer le driver du scanner de mon père mais il manque des .dll Génial ! Je me replonge dans les délices du papac. On verra ça demain... Je me tâte pour savoir si je l'accompagne en Bretagne ou non de mercredi à vendredi prochain. Le cœur n'y est pas avec la sale semaine que j'ai passée. Je déciderai mardi en fonction des retours de candidatures que j'aurais. Le travail avant tout ! Bonne nuit à tous les krokros et demain.
P.S : vivement demain que je change la photo en bas, ça me mine le moral finalement de revoir Pim... Il me manque tant...
météo intérieure du jour :
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