Samedi 17 Mars 2001
Anniversaire de ma maman douce !
"Certains livres se lisent a la cuisine, d'autres au salon.
Un vrai bon livre se lit n'importe où."
Thomas Chandler Haliburton
12h01 : Bonheur simple
Quand je vois maman, j'ai l'impression de me voir il y a 17 jours... Elle est toute fofolle et bien que je sais qu'elle va avoir un ou deux coups de cafard aujourd'hui, pour l'instant elle a 20 ans ! Deux amies l'ont appelées, ça l'a toute surprise... Moi, ça ne m'étonne pas, elle aura d'autres appels, elle est si bonne avec tout le monde ! Elle a ouvert mon cadeau avant que je me lève, la coquine ! Elle m'a serrée dans ses bras, je lui ai fait des bisous, elle a posée la petite bouteille de verre sur le rebord de la fenêtre... Toute endormie, j'ai accroché sa banderole, elle a ri... Vengeance héhé... J'ai demandé à Papa de lui acheter des tulipes, cet ours mal léché ni aurait jamais pensé tout seul... Je sais qu'il va le faire, elle trouvera son bouquet en rentrant ;o) Le temps est sublime, c'est normal, c'est pour maman... Je me suis faire la plus belle possible pour ma journée avec elle, j'ai bien envie de demander à quelqu'un dans le restaurant de prendre une belle photo de nous deux pour immortaliser le jour où ma reine fut si sexygénère ! J'ai la gorge qui se serre à la pensée qu'elle a toujours Nona à son âge, moi pour l'avoir près de moi au même âge, il faudrait qu'elle m'attende jusqu'à 93 ans... Je sais sa fragile santé et je sais que ça n'arrivera pas... Et papa... Et papa... Je suis une orpheline en sursit... C'est purement horrible !
18h37 : Patience, fiction...
Me voilà de retour de mon après-midi "mère-fille". Nous avons déjeuné dans un restaurant à fromages, où je me suis délectée d'une aumônière au camembert (au lait cru Mmmm..) sur un lit de salade et d'un petit panier de pommes de terre en robe des champs, j'ai accompagné le tout d'un verre de Brouilly... Bonheur intense des papilles ! J'ai parlé à maman de mon futur job (ça y ressemble bien en tout cas !) et de mon projet de roman. Elle avait l'air enchanté par mes projets ! Un peu plus tard, nous entrions dans un amphi de l'école Normale Sup pour écouter une table ronde dont le sujet était "Autobiographie et fiction". J'ai présenté maman à Dumblemore qui avait très intéressé par l'état de mes "boucles" ou plutôt de ce qu'il en restait héhé... Nous nous sommes assises et avons écouté les intervenants. C'était vraiment très instructif, moi qui ne connaissais pas bien L'APA, j'ai pu m'imprégner "religieusement" des principes de son généreux "sacerdoce". J'ai été tout simplement époustouflée par l'intervention de Marie Borin et son pur bijou de texte qu'elle a déclamé comme une parfaite comédienne. C'était intelligible, sensé, poétique, et si étonnamment vrai son histoire de tartine aux fraises ! Oh, vous savez, je n'ai jamais été bien brillante pour suivre un cours empirique mais j'ai retenu, ou cru comprendre et retenu, deux ou trois petites choses sur l'autobiographie, la fiction, l'autographie, que je me sens bien incapable de vous rapporter ici tant j'aurais peur de trahir les gens qui les ont exprimées en premier.
Nous avons aussi bien ri, surtout lorsque René Rioul, qui si je ne m'abuse, lit et distribue aux 5 comités de lecture les textes qu'on envoie à l'APA, a dit qu'on lui avait confié un journal intime dont le narrateur mourrait à la fin, ou bien encore quand un vieux monsieur dans la salle a exprimé une opinion (cela dit sensée et intéressante) mais qu'il a eu un "trou" en plein milieu d'une phrases prononçant dans le micro un : "Heu... Je ne sais plus ce que je voulais dire..." Héhé, je ne vais pas le blâmer, encore moins blâmer son grand âge, la même chose m'est arrivée pendant l'émission de France Culture. J'avoue que ces choses m'amusent beaucoup ! Arf... Je m'amuse d'un rien !
L'apothéose, (enfin, une apothéose de rires uniquement pour maman et moi), arriva au moment où une femme aux cheveux blancs coupe militaire, en jean et en polo blanc XXL eut égard à sa lourde poitrine, se leva à son tour pour parler dans le micro d'auto-mytho-bio-graphie... Consternation ! Ma mère s'exclame, m'arrachant aux gribouillis de mon carnet de notes : "Scrib.... C'est... C'est.... Françoise !!!!! "(NDLA : ma tante, la seule, l'unique dont je parle dans ce journal -le 19 février -, celle qui m'appelle Charlotte, celle que je ne porte vraiment, mais alors, vraiment pas dans mon cœur !!!) Moi : "Où ça, où çaaaa.... où... Oh ! Daube de daube !" C'est à ce moment là que la dame à côté de ma mère lui a demandé gentiment de faire moins bruit (ce qui constitue l'insulte suprême pour ma mère qui préfèrerait devenir invisible, inodore, incolore plutôt que de se faire remarquer) La conférence touchant à sa fin, maman est partie "sur mon ordre" par la porte de derrière, pleine de remords qu'elle était parce que je lui avais promis un esclandre si "par mégarde" elle allait lui dire bonjour et je suis allée remercier Dumblemore pour son invitation.
Sur le retour, fous rires et achat d'une charlotte à la framboise pour le thé familial de demain (les charlottes me feront toujours penser à Bem et à ses "charlottes" plus délicieuses les unes que les autres... snif...) En rentrant, pendant que maman était de "corvée de Nona", j'ai raconté à Papa notre après midi et nous nous sommes mis à parler de ma tante, de ses "blessures", de la haine qu'elle met dans ses propres écrits, et nous avons décalé le sujet sur la politique, le Gaullisme qu'il affectionne et plein d'autres choses que j'ai eu du mal à ingurgiter... Héhé, faut pas en mettre trop dans ma caboche, sinon il y a "rejet"... Pauvre de moi... Plus les jours passent, plus en côtoyant des gens vraiment cultivés, vraiment intéressants, je me sens petite et stupide... ça me fait penser à cette lectrice que je crois avoir profondément déçu dans un mail hier. Il ne faut pas se faire trop d'idées préconçues sur moi, je bluffe souvent... Peut être croit-on me trouver une certaine vivacité d'esprit mais c'est sûrement se tromper... La Scrib fut une vilaine écolière et maintenant encore, une bien piètre intellectuelle :o(
météo
intérieure du jour :
En route vers le printemps...
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