Dimanche
20 Mai 2001
"Rien ne suscite plus grande mélancolie que l'idée de ne pas connaître
tous les êtres qu'on aurait pu aimer, qu'on va mourir avant d'avoir pu les rencontrer."
Carlos Fuentes
14h08 : Mélancolie
Encore une nuit de cauchemars où mes démons sont venus me trouver. Ils se posent, ces démons, sur mes oreillers achetés pour la corse sur lesquels chaque jour je couche mes regrets... Le type dans le métro, Silvio, Bem, Doune, Maman, ils étaient tous dans mon rêves avec la peur, la douleur, les crampes, la mort... J'avais froid, je serrais plus fort la couette autour de moi... Je me sentais barbouillée, fatiguée à l'extrême... Avec le soleil du matin, tout cela s'est doucement dissipé et chacun a retrouvé la place qu'il occupait avant dans ma tête... Pourtant hier, rien ne me prédisposait à cette nuit orageuse. Le spectacle a duré une heure, il y avait 21 places dans un mouchoir de poche et le petit rosé de Provence dégusté juste avant les trois coups me faisait sourire en écoutant déclamer du Oscar... Je n'aurais pas choisi exactement ces textes là, j'en aurai par contre préféré des tas d'autres mots. Bribes de pièces, aphorismes, l'essentiel y était et les deux jeunes acteurs mettait autant de bonne volonté que de surcharges inutiles dans leurs expressions de visages... Mais c'était bien tout de même... A gauche, un rang devant moi, un homme me regardait. Il m'a tant regardé que j'ai fini par le trouver beau...
Je retrouve ma crainte de reprendre les transports en commun mardi... Après demain, déjà ! Heureusement que Thalie va venir déjeuner avec moi pour ce premier jour de reprise... Je lui porterai son cadeau d'anniversaire (à l'avance...) Héhé... J'ai hâte de voir la surprise sur son visage. Sûr qu'elle va être étonnée :o) Et puis bientôt la mer... Oui, bientôt ! J'ai envie de filmer papa devant la mer... Bonne idée pour un breton ! Je vais faire le voyage dans sa voiture, autant pour me souvenir des tours de France que nous effectuions côte à côte quand j'étais petite que pour ne pas entendre le babillage de ma chère Nona ;o) Maman m'a promis ce midi de passer devant le caméscope dimanche prochain pour la fête des mères... Elle va pendant la semaine choisir ses mots, et peut être aussi une belle tenue pastelle pour être à son avantage :o) Le rose pale, le mauve clair et le bleu ciel lui vont divinement bien. Hier elle était très belle... Elle était pastelle...
Le vent souffle dans ma lune violette, celle que nous avons construit de nos petites mains avec Silvio l'été dernier. Les tuyaux glinglinguent de concert dans un son harmonieux qui rappelle l'été. Pas seulement l'été en corse, le bougainvillier, la lande chargée de brebis, l'air chaud et les grillons mais aussi d'autres étés. Ceux de Madame Chartreux qui nous enseignait la musique, les étés parisiens avec Béca petites, les étés monoï avec Chiara... Et mes étés d'enfant dans les campings européens où on m'appelait Dorothée ;o) Vivement la mer que je me ressource... Vivement la mer que je m'emplisse d'embruns, de chaleur, de sable, de coquillages et de petits soins... Mais baste des rêves, je dois retrouver la terre ferme pour ce dimanche après midi qui s'annonce d'ors et déjà radieux. Je dois faire la poussière, passer encore l'aspirateur (qui me battra une fois de plus), remettre des draps frais pour chasser les démons de minuit (qui m'entraînent au bout de la nuit...) et me faire aussi belle que possible pour éconduire Peter si, d'aventure ce soir au dîner, il me fait d'indécentes propositions ;o) J'ai quelques paquets cadeaux à faire, quelques comptes et quelques papiers à ranger... Pas dit que je revienne plus tard ;o) Bon baisers de Paris...
23h05 : l'nrv
Un pauvre type plein de haine et sans aucun doute dépourvu d'ami et de distraction m'écrit ceci dans le livre d'or : "tes pages sont à chier. on s'en fout de savoir si tu te lave ou non. le lecteur a le droit de te dire que c'est inintéressant. je le fais avec plaisir. et je te jure que je ne reviendrai jamais dans ton musée des horreurs. Pourquoi tu déconnes?" Je ne sais pas s'il y a un psychanalyste (voire un psychiatre) parmi les lecteurs mais j'aimerai qu'il m'explique pourquoi ce merdeux ose écrire ça dans mon livre d'or ? Pourquoi pas par mail ? Pense-il rallier à sa rage disgracieuse, grâce à son message public, mes lecteurs habituels ? Se sent il mieux après m'avoir écrit, comme un vent fétide que l'on ne peut se retenir de lâcher en présence d'une foule dans le but de se soulager le gros colon ? Je l'ai bien sûr retiré. Cela va sans dire. Je suis le dictateur incontesté d'un livre d'or que je préfère tout en fleurs et sans épine. Je l'ai décidé. Ici, personne ne me contredit, personne ne me juge, et encore moins me critique. C'est ainsi que je m'aime. Détestable, irritante, à contre courrant. De toutes manières comment saura t il que j'ai viré son pamphlet ? Il ne reviendra plus. Il l'a dit. Bon vent monsieur l'nrv, et tant que j'y suis : allez donc vous faire foutre !
Il en ira de même pour tous les aigris du web qui viendront, au non de leur pitoyable excuse de liberté d'expression, censurer par leurs critiques sans fondement ni intelligence mes écrits, (que je livre pourtant gratuitement, moi, et sans animosité à leur encontre) ! Je virerai ! hop ! Vive l'Anastasie ! Un mot acide ? A la trappe ! Je jetterai dorénavant tous les messages qui ne conviendront pas à l'idée que je me fais d'un livre d'or. Comme ça, sans explication, sans appel, sans sommation préalable, sans humour, sans haine, sans même en faire de nouveau état ici... Sans blague !!! C'est la grande décision de la journée. ça vient de sortir. Reine Scrib l'a décrété ! :o) Et ainsi de suite jusqu'au jour où j'en aurai tellement marre de jouer au flic que j'enlèverai le livre d'or (mais ma patience est grande, ce n'est pas pour aujourd'hui ;o) Ce n'est pas si grave après tout de ne pas avoir de livre d'or, le journal ne s'arrêtera pas de tourner (comme avant) pour autant, et je sais que des jours comme aujourd'hui j'aurai encore longtemps la joie de recevoir par mails les messages adorables de mes nouveaux et anciens lecteurs qui me congratuleront, me féliciteront, me remercieront, et tiens même, m'expliqueront poliment ce qui les gène dans mes écrits, le tout bien sûr, avec une exquise gentillesse. Et ces jours là, je serai encore plus fière d'écrire ici que les autres jours. Amen
Ma soirée s'est délicieusement déroulée. Peter s'avère plus chevaleresque que prévu puisque de grand cœur il m'a offert le dîner. J'aime sa façon très bien élevée d'insister pour payer. Très vieille France, très élégant. Il n'a pas la même autorité qu'Henri en la matière mais je suis touchée. Nous rentrons par le parc. Il pose pour moi. Je finis la pellicule sur un gros plan plein de cheveux. Il est beau, très beau mais sans aucun charme. Tout le contraire de moi finalement. C'est sans doute pour cela que nous ne coucherons jamais ensemble. Là, on danse en terrasse devant un ballon de vin rouge qui éclaire le sourire des filles, de cette même lueur qui brille dans les yeux des garçons, ici on se dispute au balcon, les assiettes volent. C'est le printemps à Paris, on sort les lampions et l'accordéon musette en pleine rue. Il fait bon avoir les yeux qui se remplissent d'eau en regardant le vent sur la Seine. Les gens sortent alors que le fleuve a regagné son lit... Ironie. J'appelle Russel en rentrant. Il m'a manqué tout à l'heure. Je déteste manger en terrasse, aller au cinéma ou découvrir de nouveaux magasins de bédés ou de revues de ciné sans lui. Il viendra peut être boire un café à la maison demain, je lui offrirai "Bloompott" de Guitry et lui montrerai le site où l'on parle du Plateau Mont Royal. Je vais dormir. Je vais bien dormir... Et je vous souhaite la pareille.
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