Vendredi 20 Octobre

Vous allez me prendre pour une dingue... Moi même j'avoue ne rien y comprendre... Comment peut-on, un jour être euphorique et le lendemain totalement abattue ? Suis je une "maniaco dépressive qui s'ignore ou mes hormones agissent t'elles 24/24, comme la Redoute ? Sinon pourquoi ? Pourquoi je craque ? Pourquoi, hier soir, après cette bonne journée et cette bonne soirée ai-je, en l'espace d'un "clic", fini par réveiller ma mère en pleine nuit en lui demandant de me serrer dans ses bras de toutes ses forces ? Je vous explique...

Jusqu'ici tout va bien, il est minuit et quelques, Silvio s'endort tout contre moi, j'éteint la télé, la lumière, et m'enfonce tout doucement sous la couette, tout est douillet, tranquille et tout à coup, elle est là : la "terreur nocturne des tout petits"... Le départ imaginaire, mon futur appart' froid et hostile, la tempête dehors, la solitude, le manque, les souvenirs...

"- Silvio... Silvio, réveille toi, c'est grave, j'ai une angoisse qui me serre... Un peu comme dans une salle d'attente de dentiste... J'ai peur Silvio... très, très peur..."

A moitié endormi, il me serre un peu plus fort, me prends la main...

"- Silvio, parle moi mon amour..."Silence

"- Écoute Silvio ne m'en veut pas mais je crois que je vais aller voir ma mère, je ne veux pas t'ennuyer, repose toi" Silence/Soupir

 ... Je le comprends, je comprends qu'il ne comprenne pas, encore une fois, ,je vous le répète :  je ne me comprends pas, et vous ne me comprendrez pas non plus... c'est normal... C'est in-com-pré-hen-sible ! ) J'entre dans la chambre de maman, je la réveille doucement, sa petite main endormie, molle entre mes doigts, j'ai honte, honte d'être si gamine, si faible... Honte de réveiller ma mère à 26 ans et d'être ainsi en larmes, agenouillée devant ses draps...

"- Maman... Aide moi à y voir plus clair... Je n'y arriverai pas, j'ai bien trop peur, peur de te quitter, de quitter cette maison, cette ville, cet entourage et puis aussi... je crois que si je restais ici c'est aussi dans l'attente que papa et moi on se retrouve, qu'il réalise qu'il m'aime... et peut être qu'un jour moi aussi je le réaliserai, à être près de lui... ça me manque tellement un père... Avant qu'il meurt, avant que toi tu meurs aussi... Vous êtes si fatigués... Si je pars je ne nous laisse aucune chance, je brise un lien, je coupe les ponts, des ponts qui n'ont même pas fini d'être construits... Je ne peux pas demander à Silvio de se sacrifier pour moi, mais je ne peux pas me sacrifier non plus, pas cette fois... Si je pars rien ne sera plus pareil...

Là, elle m'a pris dans ses bras et m'a répété à quel point elle s'en voulait de ne pas m'avoir préparé à ce départ, de m'avoir trop "couvée"... Je lui ai demandé qui serait là pour m'apporter cet amour si infini que seule une mère peut apporter, qui me soignerait sans dégoût, me cajolerait sans restriction, devinerait mes peines, mes envies avant moi comme elle l'a fait toutes ces années ?

Après une heure de sanglots étouffés nous sommes arrivés à un accord, celui d'essayer, quand même, quelques mois et de revenir si vraiment ça n'allait pas... J'ai promis, je me suis mouchée et je suis repartie dans mon lit... Là, j'ai dit à Silvio

"- Tu sais, de toi aussi j'ai besoin... Ne t'inquiète pas vous ne "jouez" pas dans la même cour, c'est tout... Mais toi aussi je t'aime..."

Je me suis remise à pleurer et à ce moment je me suis dit que morte je n'aurais plus à choisir, plus à me battre... Tard dans la nuit je me suis endormie, percluse de larmes... Le réveil fut difficile, très difficile... Mais je sais que d'autres larmes m'attendent... Notamment celles que je verserai à tournant cette page et en fermant "symboliquement" la porte de chez moi au moment de partir...

Désolée, une fois de plus de ne pas être plus guillerette... D'être encore une "pauvre débile tristounette..." De ne pas vous amuser, mon coeur ne s'y prête pas... Pas encore... Je vous embrasse tout de même, avec la chaleur d'une fille pleine de reconnaissance de vous avoir quand tout se dérobe sous mes pieds...

1h du mat' : Merde x3 !!... J'étouffe, je fais n'importe, je perds les pédales, j'ai honte... pour la deuxième fois en 24h... Pardon Rob, pardon Daonie.

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