Mercredi 21 Mars 2001

"Le printemps est la saison où les garçons commencent 

à comprendre ce que les filles ont su tout l'hiver."
O. Henry

La citation des dimanches :  

"La rêverie est le dimanche de la pensée."
Henri-Frédéric Amiel

13h07 : "C'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde" Boris Vian

Hein ? Quoi ? Non, rien, je disais ça comme ça, pour placer du Boris Vian en matinée ;o). Hier soir, j'ai fait crac crac toute la soirée ! Cracottes au beurre, bien sûr, avec un énième thé. J'ai fait crac crac en regardant l'émission de Dechavanne avec un copain. C'était sur les pratiques "annexes" du sexe et certains intervenants étaient affublés de masque, de loup, de perruque plus ou moins esthétique, hum. Pour une fois bonne ambiance, personne ne s'est tapé dessus. Il y avait un papi "dominateur" avec sa "soumise" tenue en laisse sur ses genoux, un banquier animateur de gang bang (sueurs froides, et si c'était mon guichetier ???), 3 ex acteurs porno dont un prodigieusement fier de son appendice etc... Finalement l'émission est restée assez bon enfant et j'ai bien ri derrière mon écran ! C'est fou comme les gens qui s'ennuient ont de l'imagination à revendre :o)) 

 

Cette aprem c'est moi qui suis chargée de faire les courses, ça va être vite réglé ! Picard, Picard, Picard ! Oui, je veux bien aussi aller chercher le pain, et dans la foulée apporter son putain de "Femme Actuelle" de merde à Nona... Pfff... Papa est d'une humeur exécrable en ce moment, à mon avis ça va durer jusqu'à la fin de impôts... Le pauvre, taper dans sa fortune personnelle ça lui fait toujours un choc... On le comprends bien sûr, et on le plaint... Je viens de recevoir par la poste, mes dettes, heu... je veux dire, ma feuille de compte envoyée par mon banquier entre deux gang bang... Je crois que je peux me dire "dandy", parce que je vis largement au dessus de mes moyens !! J'ai aussi reçu la nouvelle formule d'aol, la 6, en cd... Je ne suis pas encore sûre d'avoir envie de l'essayer... J'ai pris l'habitude de me méfier des nouvelles versions en tout genre, je préfère laisser aux autres le privilège de les essayer en premier, notamment les produits Microsoft... Bon, j'aime bien papoter toute seule devant mon écran mais mes courses et mes comptes m'attendent... A plus tard !

 

16h26 : Diable !

On vient de m'outrager honteusement ! Voui, voui, voui, vous avez bien lu ! Un lecteur que je ne citerai pas vient de me dire (en croyant me faire plaisir, c'est tout là l'injure !) que j'avais proféré dans ce journal, des propos rousseauistes ! Non mais vous vous rendez compte ? Ah vraiment ! à quoi on s'expose tout de même, quand on écrit un journal en ligne de nos jours !! Moi qui me fais tant détester pour mon ironie, qu'on dit mordante, moi qui m'enorgueillie qu'on me téléphone avant chaque réunion privée pour me demander de ne pas trop "charger" les nouveaux arrivants... Me voilà bien ! J'ai bien envie de recopier ici une lettre que Voltaire écrivit à Rousseau et dont je partage le point de vue, mais comme il faut rendre à Rousseau ce qui est à Rousseau, je fais suivre mon texte d'une explication comme à l'école... Rappelez vous, c'était en terminale... ;o)

Aux Délices, près de Genève (30 août 1755)

J'ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain; je vous en remercie; vous plairez aux hommes à qui vous dites leurs vérités, et vous ne les corrigerez pas. Vous peignez avec des couleurs bien vraies les horreurs de la société humaine dont l'ignorance et la faiblesse se promettent tant de douceurs. On n'a jamais employé tant d'esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j'en ai perdu l'habitude, je sens malheureusement qu'il m'est impossible de la reprendre. Et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes, que vous et moi. Je ne peux non plus m'embarquer pour aller trouver les sauvages du Canada, premièrement parce que les maladies auxquelles je suis condamné me rendent un médecin d'Europe nécessaire, secondement parce que la guerre est portée dans ce pays-là, et que les exemples de nos nations ont rendu les sauvages presque aussi méchants que nous. Je me borne à être un sauvage paisible dans la solitude que j'ai choisie auprès de votre patrie où vous devriez être. J'avoue avec vous que les belles lettres, et les sciences ont causé quelquefois beaucoup de mal. Les ennemis du Tasse firent de sa vie un tissu de malheurs, ceux de Galilée le firent gémir dans les prisons à soixante et dix ans pour avoir connu le mouvement de la terre, et ce qu'il y a de plus honteux c'est qu'ils l'obligèrent à se rétracter. Dès que vos amis eurent commencé le dictionnaire encyclopédique, ceux qui osaient être leurs rivaux les traitèrent de déistes, d'athées et même de jansénistes. Si j'osais me conter parmi ceux dont les travaux n'ont eu que la persécution pour récompense, je vous ferais voir une troupe de misérables acharnés à me perdre du jour que je donnai la tragédie d'"Oedipe", une bibliothèque de calomnies ridicules imprimées contre moi, un prêtre ex-jésuite que j'avais sauvé du dernier supplice me payant par des libelles diffamatoires
du service que je lui avais rendu; un homme plus coupable encore faisant imprimer mon propre ouvrage du "Siècle de Louis XIV" avec des notes où la plus crasse ignorance débite les impostures les plus effrontées, un autre qui vend à un libraire une prétendue histoire universelle sous mon nom, et le libraire assez avide et assez sot pour imprimer ce tissu informe de bévues, de fausses dates, de faits, et de noms estropiés; et enfin des hommes assez lâches et assez méchants pour m'imputer cette rapsodie. Je vous ferais voir la société infectée de ce nouveau genre d'homme inconnu à toute l'antiquité qui ne pouvant embrasser une profession honnête soit de laquais, soit de manœuvre, et sachant malheureusement lire et écrire se font courtiers de la littérature, volent des manuscrits, les défigurent et les vendent. Je pourrais me plaindre qu'une plaisanterie faite il y a plus de trente ans, sur le même sujet que Chapelain eut la bêtise de traiter sérieusement, court aujourd'hui le monde par l'infidélité et l'infâme avarice de ces malheureux qui l'ont défigurée avec autant de sottise que de malice, et qui au bout de trente ans, vendent partout cet ouvrage lequel certainement n'est plus mien, et qui est devenu le leur; j'ajouterais qu'en dernier lieu on a osé fouiller dans les archives les plus respectables et y voler une partie des mémoires que j'y avais mis en dépôt, lorsque j'étais historiographe de France, et qu'on a vendu à un
libraire de paris le fruit de mes travaux. Je vous peindrais l'ingratitude, l'imposture et la rapine, me poursuivant jusqu'au pied des Alpes, et jusque au bord de mon tombeau. Mais, Monsieur, avouez aussi que ces épines attachées à la littérature et à la réputation ne sont que des fleurs en comparaison des autres maux qui de tout temps ont inondé la terre. Avouez que ni Cicéron ni Lucrèce, ni Virgile ni Horace ne furent les auteurs des proscriptions de Marius, de Sylla, de ce débauché d'Antoine, de cet imbécile Lépide, de ce tyran sans courage Octave Cépias surnommé si lâchement Auguste. Avouez que le badinage de Marot n'a pas produit la Saint-Barthélémy, et que la tragédie du "Cid" ne causa pas les guerres de la Fronde. Les grands crimes n'ont été commis que par de célèbres ignorants. Ce qui fait et ce qui fera toujours de ce monde une vallée de larmes c'est l'insatiable cupidité et l'indomptable orgueil des hommes, depuis Thamas Couli Can, qui ne savait pas lire, jusqu'à un commis de la douane qui ne sait que chiffrer. Les lettres nourrissent l'âme, la rectifient, la consolent; et elles font même votre gloire dans le temps que vous écrivez contre elles. Vous êtes comme Achille qui s'emporte contre la gloire, et comme le père Malebranche dont
l'imagination brillante écrivait contre l'imagination. Monsieur Chapui m'apprend que votre santé est bien mauvaise. Il faudrait la venir rétablir dans l'air natal, jouir de la liberté, boire avec moi du lait de nos vaches, et brouter nos herbes. Je suis très philosophiquement, et avec la plus tendre estime, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur Voltaire

Explication de texte

Ouvrez vos manuels à la page 584... :o)

 

 (Afin que tout le monde si retrouve... J'adore Voltaire, le trouvant bien plus amusant et fin 

que Rousseau, mais on ne peut enlever à ce grand philosophe d'indéniables qualités... Dont ses rêves humanistes...)

 

Dans cette lettre à Rousseau, on voit que Voltaire emploie à l'égard de Rousseau le même procédé qu'à l'égard de Pascal. Ne pouvant réfuter la pensée de son adversaire, il la dénature (oui mais c'est balaise quand même !) ; il feint de croire que Rousseau est l'ennemi du genre humain, alors que nul plus que lui n'a protesté contre l'esclavage et toutes les formes de servitude (vote à gauche celui là nan ?). Il feint de croire que Rousseau est l'ennemi de la société, alors qu'en fait c'est la société féodale, et nulle autre, qu'il condamne, celle justement dont Voltaire s'accommode fort bien (voui mais c'est ro bo les châteaux forts !), et qu'il proteste non contre l'existence de la société mais contre les détournements de ses avantages au profit d'une minorité despotique.

 

Il feint même de croire que Rousseau rêve de retourner à l'état de nature, alors que toute sa philosophie démontre le contraire. Rousseau s'en est expliqué dans la préface de Narcisse : on ne remonte pas le cours de l'histoire. Interprétant à sa manière le Discours sur les sciences et les arts, Voltaire prête à Rousseau une condamnation sans nuance de la culture et un éloge de l'ignorance, alors que Rousseau avait noté que le vernis culturel masque souvent la dégradation des mœurs et le progrès du despotisme (ça on ne peut pas lui retirer). Voltaire sait bien qu'il a contribué personnellement à rendre le séjour de Genève inhabitable pour Rousseau (à cette date, Rousseau a déjà du renoncer à s'y installer et a regagné la France), et c'est avec une cruauté et une perfidie très conscientes (j'adooooore !!) qu'il feint de s'étonner que Rousseau soit loin de sa patrie.

Pourquoi cette hostilité de Voltaire envers Rousseau? Hein, oui, pourquoi ?? Il y a bien sûr à cela des raisons personnelles. (ouvrez cette fois votre Gala, page 10) Voltaire éprouve pour Rousseau le mépris discret du grand bourgeois pour l'homme du peuple, du courtisan pour le provincial, de l'homme cultivé pour l'autodidacte, de l'homme du monde pour le plébéien maladroit (avouez, qu'il l'est tout de même :o). Mais il y a bien davantage. Voltaire pressent que sa suprématie intellectuelle se trouve menacée... Tin tinnnnn... A vrai dire, le terme de philosophie appliqué à Voltaire ne peut s'entendre qu'au sens du XVIIIème siècle. Sa pensée, légère, brillante, critique, ses vues fines et amusantes sont généralement dépourvues de profondeur, mais c'est l'art même du mot léger. Voltaire avait cru triompher de Pascal d'autant plus facilement que celui-ci ne pouvait lui répondre. Mais Rousseau est vivant, et sa pensée, authentiquement philosophique, a tout ce qui manque à celle de Voltaire : la profondeur et l'originalité vraies. Voltaire veut donc empêcher Rousseau de se faire entendre. Il veut le discréditer auprès du public, en dénaturant sa pensée, en soulignant le ridicule de sa personne. Il va agir, comme le font, chez Molière, les personnages du Misanthrope à l'égard d'Alceste. Le persiflage et la calomnie essaieront d'étouffer l'éclosion d'un rival dont il mesure très certainement la menace qu'il constitue pour sa propre position dans le monde.

Aux yeux de Voltaire, comme des encyclopédistes, Rousseau est dangereux parce qu'il remet en cause les acquis jugés jusqu'alors irréversibles de la philosophie des Lumières. Que signifie cette critique de la civilisation ? cette réhabilitation de la morale, de la vertu et du sentiment ? En vérité, Rousseau a mis le doigt d'emblée sur les faiblesses de la philosophie des Lumières dans sa version parisienne, en soulignant que la raison et l'intérêt n'épuisent pas la définition de l'homme, que tout progrès dans un domaine a sa contrepartie dans un autre, qu'il y a en l'homme une dimension spirituelle dont le matérialisme ne rend pas compte et qu'il risque d'étouffer. Les choses seront claires quand Rousseau adressera à Voltaire, en réponse à son Poème sur le désastre de Lisbonne, une Lettre sur la providence. Ces accents évoquent Pascal. Nous sommes ici en présence d'une pensée de même nature. Pascal était janséniste, Rousseau est calviniste. C'est presque la même chose. Nous touchons ici à l'opposition véritable qui sépare Rousseau des philosophes de son siècle. Rousseau renoue avec l'inspiration spiritualiste qui fut en Angleterre à l'origine de la philosophie des Lumières. Rousseau, tout comme Voltaire, et plus sans doute que lui, est conscient de l'existence du mal, mais il fonde sur cette conscience une révolte et l'espérance d'une réparation. S'élevant alors au-delà des limites de l'existence terrestre, il lance un appel vers un Dieu réparateur qui est l'objet de sa part d'une certaine crédulité naïve, mais aussi d'une exigence morale, somme toute très louable... Rousseau restaure contre les petits comptables du plaisir et de la douleur que sont les matérialistes, tout l'infini de l'espérance spirituelle. S'il réussit, c'est tout ce patient travail de démolition de l'homme spirituel auquel se livre l'actuelle génération de philosophes qui se trouvera réduit à néant. Voltaire avait cru enterrer Pascal, mais voici qu'il ressuscite en la personne de Rousseau. Tous les moyens seront bons pour le faire taire ou, à défaut, pour empêcher qu'on ne l'écoute. Quant à sa philosophie personnelle, suite à cette série de déconvenues, elle s'infléchit de plus en plus vers le pessimisme. Voltaire en donne un exposé complet et achevé dans son meilleur conte, publié en 1759, Candide ou "De l'optimisme". La suite au prochaine épisode ! ;o) Arf, c'était dur, il fut un temps d'être philosophe !

Bon, ben avec tout ça, ceux qui ne connaissaient pas Voltaire et Rousseau auront une petite idée des deux personnages et les autres se seront ennuyés. D'ailleurs, moi même, j'ai un peu mal à la tête ! Je ne m'attendais pas à écrire autant au retour de Picard ! J'ai pris plein de bonnes choses, et même une petite baguette viennoise pour mon... Merde ! Quatre heure est passé ! Zut ! Bon, ben je vais étendre mon linge, et regarder le début du film que je viens de louer (Nurse Betty) A plus tard, ou à jamais... J'déconne ! Ciao ! :o)

 

21h44 : 93...

Dans un tout autre registre ce soir... J'avais 15 ans quand les NTM ont fait leur armes sur les ondes, et j'ai tout de suite accroché. Sans doute que mon âme adolescente souffrant, comme tout à chacun, de problèmes existentiels bénins, trouvait dans ces paroles une certaine vérité (bien que n'ayant jamais habité le "93" ni même une autre poudrière de banlieue parisienne...) La consécration du groupe, pour moi, fut la sortie en 93 (justement) de l'album "J'appuie sur la gachette", j'avais alors 19 ans et je chantais à tue tête les paroles, apprises toutes par cœur, sur la banquette arrière d'une Citroën bretonne... (Ahhh c'était l'bon temps ! ;o) Comme tous les chefs d'œuvre, cet album mérite de s'écouter au moins une fois tous les 2 ans, pour comprendre chaque fois un peu + du message général. La première fois, je répétais phonétiquement des mots que je ne comprenais pas, hébétée de voir mon copain de l'époque qui y arrivait, lui, avec un réel talent. Plus tard, je me suis penchée sur les textes, les apprenant par cœur, appréciant les sonorités, les rimes riches, les allitérations, j'étudiais ces chansons comme on étudie du Ronsard... Enfin, plus tard encore, j'ai relu les paroles, sans la musique et j'ai compris le véritable message de chaque texte... 

 

Car il s'agit vraiment là de textes ! Je ne connais pas d'autres groupes rap, à part IAM ayant de tels messages ! Contrairement à ce que disent les bien pensants, NTM n'a de "vulgaire" que son nom... Il y a un vocable certes, mais c'est un champs lexical qui en vaut bien un autre. Gainsbourg aussi avait le sien... On a crié au génie ! Kool Shen et Joey Starr, les personnages, je m'en moque. Je veux dire que ce qu'ils font ou ne font pas en tant que personnes publiques, médiatiques (les procès, les ragots) tout cela ne m'intéresse pas. Seuls les lyrics, les samples me passionnent. J'ai du respect pour les quelques bons flics que j'ai eu la chance de croiser, mais je compte aussi des souvenirs de bavure, de vraies bavures, et je ne trouve vraiment pas que leur titre : "police" méritait tant de foin ! Je la trouve très "pensé" cette chanson, j'adhère totalement au fond, et m'amuse beaucoup de la forme... Le pugilat de "Police" prouve à mon sens la justesse des paroles : "Éduquons les forces de l'ordre pour un peu moins de désordre."... Hum... Enfin, tout cela n'est que mon humble opinion proférée dans un journal qui, bien que publié sur Internet, reste le mien et donc subjectif ;o) Je laisse à votre jugement les quelques textes ci-dessous, extraits d'albums des NTM, histoire que même allergiques à toutes formes de racailles des banlieues ou réfractaires au Rap, vous ne mourriez pas con pour autant !

 

Police : "Jamais par la répression vous n'obtiendrez la paix, la paix de l'âme, le respect de l'homme. Mais cette notion d'humanisme n'existe plus quand ils passent l'uniforme, préférant au fond la forme, peur du hors normes. Pire encore si dans leur manuel ta couleur n'est pas conforme, véritable gang organisé, hiérarchisé. Protégé sous la tutelle des hautes autorités.
Port d'arme autorisé, malgré les bavures énoncées."

 

Pour un nouveau massacre : "J'écris ce que je vis et vis ce que j'écris, logique tout ceci explique sûrement la rudesse de mon lyrics Je canalise, centralise, réalise une parfaite analyse, je te remercie, pas besoin de psychanalyse"

 

Une odeur de souffre : "T'as vu les Français se bouchent le nez face a l'urgence qui émane, du pourrissoir que sont les banlieues autour de Paname. Et d'ailleurs c'est normal les gens n'ont pris que du macadam dans la tronche, attachant plus d'importance a leurs petites bronches endommagées par leur pollution, leur progrès élitiste. C'est comme d'attendre une catastrophe pour qu'elle s'accomplisse. Pas de solution donnée, mon plafond reste ton plancher. Y'a aussi comme un vent de mépris et ça tout le monde le sait aussi !"

 

Juste pour le fun : "Toujours d'humeur rêveur mais, toujours les yeux baladeurs, je ne peux m'empêcher de penser que le flirt est à l'heure, envoûtés par ces tas de paires de fesses si diverses. Qui se dressent, se pressent, sans cesse, je stresse, inextinguible soif d'allégresse in extenso de l'été jamais ne baisse, période estivale jamais ne met le sexe à l'index sans complexe, je les aime vêtues de latex. Ex extase, je les effleure de mon regard, les rase de phase en phase. A la base pour trouver la topaze, l'analogie entre elles est telle, si nickel, que pour elles, je martèle les mots dans mon choix. Je m'emmêle et me mêle aux mamelles, celles qui dans mon cerveau créent l'étincelle, j'aimerais tant passer du fantasme au réel."

J'appuie sur la gachette 

Seul dans la pénombre, avec mon passé,
cherchant à me remémorer les joies et les raisons
pour lesquelles j'encaisse la monotonie de cette vie.
Plus désarmé qu'au premier jour,
les années blanches de ma jeunesse
se sont laissées posséder.
Quant au futur! Le futur j'ose même pas y penser.
Vide est ma vie et pourtant je n'ai pas choisi
tant le présent n'est que néant...

Tout a commencé sûrement le jour où je suis né,
le jour où je n'ai pas croisé la bonne fée
qui aurait fait de moi ce que je ne suis pas.
Ceux qu'il m'arrive d'envier parfois,
ceux que la vie à doté d'une chance,
mais moi malheureusement voilà, je n'en suis pas là,
et privé de ça, pourquoi devrais-me mener un combat?
De toutes façons pas la peine,
je connais la rengaine mais je n'ai pas de force.
Mon amour pour la vie s'est soldé par un divorce,
moi aussi j'ai rêvé de connaître l'idéale idylle,
le désir, la passion de ne pas perdre le fil.
Quitter sur le champ la ville, s'isoler sur une île.
Au lieu de ça, ma vie file, se faufile et défile
sans domicile fixe.
J'ai toujours relevé la tête, même à genoux.
Mais ce soir, je suis fatigué de lutter
et pense sérieusement à tout déconnecter.
L'hiver a posé son manteau,
comme si la mort était déjà là, tout près de moi.
Le froid me lacère la peau,
comme cette vie, dont je n'ai plus envie.
Égaré dans ces pensées, où tous ne cessent de m'apitoyer.
Voilà, ce soir je vais craquer, ne pouvant échapper à mon destin.

L'âme stressée, le cerveau compressé,
comme usé par la guerre des nerfs
à laquelle je dois me livrer.
Subir sans pitié, sans répit, voilà ma vie.
Gris semble l'avenir et noir est a couleur de mon esprit.
Je n'essaye plus de comprendre, ni de me faire entendre,
je suis le troupeau avec un numéro collé dans le dos.
Métro, boulot, aseptisé du cerveau.
Mon ultime évasion se trouve dans le flot de ces mots.
Quarante ans de déboires passés à la lumière du désespoir.
Tu peux me croire ça laisse des traces dans le miroir.
J'ai les neurones affectés et le cœur infecté,
fatigué de lutter, de devoir supporter la fatalité
et le poids d'une vie de raté.
Voilà pourquoi je m'isole, pourquoi je reste seul.
Seul dans ma tête libre, libre d'être
un esclave en fait battant en retraite,
fuyant ce monde d'esthètes en me pétant la tête.
OK, j'arrête net, j'appuie sur la gachette...


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