Dimanche
27 Mai 2001
*fête des mères*
"On n'est jamais si bien servi que par sa
mère."
Jacques Pater
10h07 : Ici, en France, c'est la fête des mères aujourd'hui !
Alors, "Bonne fête à toutes les mamans !", et puisque la mienne m'a refusé un baiser (un peu grognonne ce matin ;o), je l'offre à toutes les autres ! Je suis toujours un peu assommée par mes coups de soleil (essentiellement sur mon breton de nez ;o) mais je me sens mieux qu'hier. Ce matin, j'ai mangé du cake breton trempé dans du lait. Le "Le Guillou" industriel est toujours meilleur quand on l'achète dans son pays d'origine. Arf. Il est temps de vous raconter mes dernières aventures...
Après un départ plein de bonne humeur - hum, les Scribouillois au réveil - j'ai pris la route avec papa. J'ai profité de 4h30 en sa compagnie pour l'entretenir de mon voyage au Québec. Finalement il a pris lui aussi, plutôt ça bien ;o) Nous avons chanté à tue tête des chansons paillardes et des chansons d'amour en longeant des pommiers en fleurs, tout contents que nous étions de partir ensemble dans la patrie de nos ancêtres ! Arrivés un peu avant maman et nona, nous avons pris possession de notre chambre. Une grande chambre de 4 lits, nona dormant dans une autre simple, tout à côté de nous. (1) C'est un hôtel coquet, en bordure de mer. (2) L'air est vif, le ciel magnifique, il fait un temps superbe, chaud malgré la petite brume qui borde le littoral. Pour un peu on se croirait en écosse ;o) De petits moulins à vent, des chaumières (aux toits de chaume, cela va sans dire) bordent les petits chemins avoisinants... Je prends une profonde inspiration... Nous sommes arrivés au Vivier sur Mer !! Maman et nona tardant à nous rejoindre et nos estomacs criant famines (il est presque 14h), nous décidons de déjeuner dans un restaurant tout près de l'hôtel, Le Bretagne (3) Nona et Maman, elles, déjeuneront à notre hôtel quand elles arriveront enfin, après s'être perdues dans la lande :o) (Bé oui, elles n'avaient pas Scribouille avec elle, le super copilote héhé) Le Bretagne est un restaurant assez chic où nous sommes servis avec beaucoup de sollicitude. Nous mangeons d'excellentes choses (Attention, que ceux qui sont au régime ne lisent pas cette page, où il va être très souvent question de repas où nous avons fait bombance :o) Après la mignonnette de lard fourrée d'un pruneau, l'entrée arrive, pour moi c'est du foie gras maison avec sa petite purée d'oignons... Ensuite, je goûte le fameux carré d'agneau pré salé (les moutons d'ici broutent de l'herbe que recouvre de temps en temps la mer - lors de grande marée - et cela confère à la viande un parfum incomparable ! -) puis arrive le plateau de fromage (mon passage préféré) et ensuite le nougat glacé maison dans son coulis d'abricot et griottes, agrémenté d'un grillage de caramel... Je meurs ! (Papa, pendant ce temps s'est jeté sur des huîtres dont les claies sont visibles depuis le restaurant et d'un dos de bar grillé à point)
L'après midi, nous allons nous promener à Cancale. Bécassine (4), qui est également arrivée avec cerbère à quelques kilomètres de chez nous m'appelle pour que nous nous retrouvions le lendemain à St Malo pour chiner ensemble... Je comprends à mi mots que son gros con de mec n'est pas de cet avis et finalement, nous ne nous verrons pas du week end ! (merci gros naze !) A Cancale, je prend un petit bain de soleil en admirant le bagout des marchandes d'huîtres et de bulots, bouchots, palourdes, coquilles st Jacques and C° sur le petit marché qui borde le port. Le soir, nous dînons dans une crêperie de St Malo (la ville des pirates et des corsaires !). Pendant que nous attendons notre table, je fais une partie de pool sur le billard du café d'en face. J'ai un peu de mal à jouer avec mes petites mules Kookaï mais que voulez-vous, la classe ça ne s'improvise pas !... héhé... Papa et Maman ne m'avaient jamais vu jouer au billard, ils plaisantent à côté de moi. Je suis bien. Enfin notre table se libère (5) et je goûte à mon premier chouchen du week end (et pas le dernier !), le cidre de la vallée de la Rance coule à flot et nos galettes de sarazin sont exquises... La mienne est au roquefort !! Nous rentrons tous un peu joyeux et nous nous perdons sur les routes départementales pour rentrer (Jusqu'à ce que je prenne les choses et surtout la carte en main ! arf !) Depuis notre arrivée mon dos me fait extrêmement souffrir, j'ai dû attraper un courant d'air en voiture ou peut être est-ce l'humidité, bref, je suis devenue grabataire et j'en ai même du mal à respirer. Inutile de vous dire que je dors très mal cette nuit-là ! J'ai trop mangé, mon dos m'empêche de me tourner et papa se lève à 6h du matin mû par l'envie subite de mettre son portable à charger. Maman s'énerve, ils sont im-pos-si-bles !
Lever vendredi à 8h, nous prenons tous les quatre notre petit déjeuner ensemble à l'hôtel (mini viennoiseries, jus d'orange, thé, baguette fraîche...) Papa me raconte qu'il allait danser le samedi soir au Vivier, il y allait en vélo ou encore en calèche avec le vieux cheval de labour. Il me parle des excellentes pommes de terre qui poussent ici, des oignons, des carottes de sables... A 9h30 je pars pour St Malo avec papa, je l'accompagne dans un syndicat de la marine où il a des affaires et nous nous quittons ensuite pour partir chacun de notre côté visiter la ville. Je filme, caméscope au poing, les remparts de la ville fortifiée, je chine intra muros, j'achète un suroît bleu marin en grosse toile pour faire du bateau (mais j'ai plus de bateau ouiiiinn ;o), des sucettes goût caramel au beurre salé pour mes collègues Alice et S., des briquets plein de triskel pour les autres, j'essaie de visiter une "véritable maison de pirates" mais j'arrive trop tard pour la visite guidée et enfin je déjeune dans un adorable crêperie (6) où toutes les crêpes sont préparées par des lutins (oui, oui) Je suis en terrasse, grand soleil, je brûle, une luminosité intense éclaire la ville, la brume tient résidence sur les girouettes des remparts où trônent les fleurs de lys d'Anne de Bretagne... Cette ville est vraiment toute mignonne !! On me sert un chouchen dans un verre alambiqué (une espèce d'éprouvette dans un socle de fer, posé sur une souche de chêne... La boisson des druides me dit-on ;o) je déguste ma galette composée d'oignons, de pommes de terre, de fromage et de crème fraîche avec un lait ribot et je finis sur une crêpe à la frangipane... Un pur délice ! Dans cette crêperie, tout est dédié à la fée Morgane, reine des eaux bretonnes... Brocéliande n'est pas si loin finalement :o) Papa me rejoint, nous nous promenons sur les remparts, les mouettes nous crient partout que nous sommes à marée basse, c'est le pays de Merlin, je suis enchantée !
Nous retrouvons maman et nona ensuite au Mont St Michel (7), malheureusement, nous ne sommes pas les seuls à profiter du beau temps pour visiter ce nids de gerfauts où vivent encore trois moines. Je me contente de filmer de loin cette île dont j'ai foulé apparemment le sol quand j'avais trois ans... Le Mont St Michel est en Normandie. Les Bretons disent ceci "Le Couesnon, qui par sa folie a mis notre Mont en Normandie", le Couesnon étant la rivière qui sépare la Normandie de la Bretagne. Un conte de Maupassant raconte une légende concernant ce Mont, pour le lire cliquez ici. Sur le retour, papa tombe en panne, j'attends que tous partent chercher avec la voiture de maman un dépanneur, en buvant un cidre dans un pré. Il s'avère que c'est juste la batterie qu'il faut changer. On repart à l'hôtel se faire tout beau, ce soir nous allons dans un grand restaurant ! Ce restaurant justement, où nous arrivons à 20h précise, bénéficie de 2 rosettes au guide, c'est un très très bon restaurant (8) que je ne conseille qu'aux grosses bourses :o) (9) J'y déguste des langoustines, du foie gras chaud (curieux), une pièce de bœuf succulente dans une sauce au cognac, l'irremplaçable plateau de fromages (avec de l'Epoisse à se damner !) et une dentelle de pain d'épice accompagnée de glace à la réglisse. Une tuerie ! Je ne vous parle pas des coquilles st Jacques de papa, du pigeon de nona, du vin, des huîtres n°5 de maman, du homard bleu, du service de table, des lustres, des tentures, des caramboles, des framboises... Le ventre rebondi nous allons nous coucher. Le soir nous avons une autre chambre et je dors dans la même que papa. Nous fumons et parlons jusqu'à une heure du matin dans nos lits jumeaux. C'est chouette !! :o) Maman nous réveille en catastrophe à 9h, nous avons failli rater le petit déjeuner et ne pas se réveiller du tout héhé... Je pars en balade ensuite avec maman. Nous découvrons une plage sur laquelle un paquet de moutons s'ébat. Je suis au milieu d'eux, j'en caresse un dix secondes, il part en cavalant. Ce que c'est con tout de même un mouton ! Je n'allais pas le manger !... Enfin si, mais pas tout de suite :o))
Je marche des centaines de mètres jusqu'à la mer, je ramasse des coquillages au milieu des moutons, il y a des coquillage dorés et des moutons noirs. Ironie. C'est là, très exactement, que sur le coups de midi, le soleil fatal me surprend... Nous prenons la route du retour. Nous nous arrêtons en chemin à la cour verte, l'immense ferme somptueuse où mon papa a passé tous ses étés quand il était gamin. Les petits enfants des amis de jeux de mon père, ont transformé la cidraie et les écuries en une grande crêperie. Nous y déjeunons. Chouchen, cidre, lait ribot, galette de saucisse fumée, crêpe à la frangipane... Les saucisses grillent dans un grand feu de cheminée, au mur des portraits des mes arrières petits cousins... On discute avec la famille, on fait un tour au magasin de la cour verte où officie Lucienne. Papa m'achète un coffre extraordinaire, une espèce de malle aux trésors pour ranger mes papiers. Je le remercie d'un gros baiser. Je m'achète une mignonnette de chouchen, la minuscule bouteille est ciselée et le chouchen est à 13% !! Je décide de le garder pour les gros chagrins parisiens ;o) Encore deux escales avant l'autoroute. Une pour admirer un dolmen de plus de 15 m de haut, une autre au cimetière de la Ville Es Nonais, pour me recueillir sur la tombe de mes grands parents paternels. Dans ce cimetière deux choses cocasses, un couple nommé "Cruel" - "Ménage" (leurs véritables noms de famille) enterré dans le même caveau et deux tombes l'une à côté de l'autres avec dans l'une un homme portant exactement le même nom de famille que Silvio et dans la tombe d'à côté une femme portant le mien... Étrange... Nous rentrons sous le soleil, et arrivons à Paris fourbus mais heureux à plus de 20h30... Un léger dîner de craquelins au beurre salé et de salade de tomates, je range deux bouteilles de chouchen dans le bar du salon, je prends ma douche sans foncer. Le voyage est fini. C'était magique !
Les illustrations...
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21h08 : Encore trop gavée...
Ce soir je me mets sans effort à la diète ! ;o) Je suis toujours aussi fatiguée et il est hors de question que je dîne. J'ai passé l'après midi chez Chiara, je lui ai offert ses petits cadeaux : un plateau style africain, une bougie à la cannelle, une fleur de bain, un petit carnet chinois et le cd gravé de Björk. Elle a eu l'air ravi :o) J'avais un gros coup de barre, malgré le coca et le café qu'elle m'a offert, ce qui fait que ma conversation n'a pas du être aussi "dynamique" que d'habitude. Je crois que j'ai grandement besoin de mon lundi pour récupérer de ce week end surchargé. Mes parents ont l'air de penser comme moi de ce côté-là :o) Tout me monde est crevé ! En rentrant de chez mon amie j'ai essayer en vain pendant une heure de trouver et d'installer des drivers pour le scanner de papa. J'avais les bons pilotes mais l'ordi ne voulait pas reconnaître le fait pourtant évidant qu'un scanner était installé. J'ai installé et désinstallé ce maudit bidule mais rien n'y fit. Cet ordinateur est une vraie tête de mule ! ;o) Demain, papa sera bon pour trouver plus fort que moi pour l'aider ! Je vais aller me mettre au lit et regarder un peu la télé pour m'endormir, je n'en puis plus... A demain !
PS : Une bise spéciale pour Azulah, Carine, Julie et Sk qui m'ont laissés de bien gentils messages sur le livre d'or :o)
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Il est présent aux quatre coins de Bretagne, du nord au sud, de l'est à l'ouest. Le triskel est un des plus anciens symboles celtes. Les lointains Celtes l'ont créé pour représenter les trois forces de la nature : la terre, l'eau et l'air. Le mouvement de ces éléments représente le feu, force motrice qui transforme et ne peut exister sans l'eau, la terre ou l'air. Symbolique de la spirale, le Triskel représente aussi trois flammes solaires. Il est de conception ternaire, comme l'est celle du monde des Celtes, contrairement au monde chrétien (binaire).