Dimanche 28 Octobre 2001

"Un auteur doit toujours avoir son manuscrit dans sa poche, on ne sait pas ce qui peut arriver."
Henri Monnier 

 

09h10 : Sur un malentendu, ça peut marcher

Cette phrase si célèbre de Jean Claude Dus peut s'adapter à ma vie professionnelle. C'est du moins l'impression que j'en ai parfois. Toujours cette petite voix qui me dit que je ne suis pas capable mais que je devrais tout de même tenter ma chance. Hier soir vers 19h00, Barry est venu m'apporter mon bébé. Gros bébé de plusieurs kilogrammes ! Quand je le tiens entre mes deux bras (en soufflant comme un veau) je n'en reviens pas d'avoir autant écrit et une certaine fierté m'envahie. Non pas que ce soit "bon" mais parce que j'ai mené cette entreprise jusqu'au presque bout. C'est en quelque sorte l'œuvre de ma courte vie. J'aimerai tant qu'à l'avenir il y ait plus de chose que je mène à leur terme. J'aime cette impression d'accomplissement moi qui ne finis jamais rien. Je vais, je le sens, passer ma journée et une grande partie de la semaine à retravailler ce manuscrit. Je vais le bichonner, le choyer mais je sais que ce travail me sera douloureux pour un bon million de raisons. Qu'importe je brûle de m'y mettre. Un petit côté maso qui se réveille devant l'appel d'une souffrance délicieuse. Je vais vous négliger. Et bien tant pis ! :o)

 

M et frérot viennent de partir pour Dunkerque. Hier soir j'ai longuement parlé avec ma grande nièce. A 11 ans on est plus une enfant. Peut importe l'âge en fait, on est plus une enfant quand on dit "vivement que je parte de la maison quand je serais majeur, j'ai besoin de liberté". Imaginez ma surprise de voir qu'elle souhaite quelque chose qui ne m'est pas venu à l'idée du haut de mes 27 ans ! Longtemps, j'ai attendu ce moment où nous pourrions parler de presque femme à presque femme. Mon bébé n'est plus un  bébé. Je suis heureuse et nostalgique en même temps. Un bien chasse un mal. Je ne l'assiérai plus sur mes genoux en l'appelant Pouic Pouic mais je pourrais parler de choses passionnantes, et lui dire (entre autres) "tu sais moi aussi je ressentais ça quand j'avais ton âge" (arf) Tout à commencé quand on a demandé à son père si elle pouvait venir fêter Halloween avec Pika, Chiara et tous les autres mercredi soir de 18 à 21h. Frérot s'est montré réticent. J'ai eu beau lui détailler toute la soirée, maman a eu beau promettre de nous emmener et nous ramener, il est resté sceptique... Non pas qu'il ne veuille pas la laisser sortir avec moi mais (accrochez vous bien) parce qu'Halloween est une fête "morbide, macabre et américaine"... "Mon vieux ! C'est pas plus macabre qu'Harry Potter et ta fille le lit bien !" Arf, c'est pas gagné ! La bonne petite chrétienne et moi même sommes retournées dans ma chambre pour faire un conseil de guerre... "Tu vois, pfff, mes parents m'empêchent de faire ce que je veux... J'en ai marre ! Tu sais qu'à part les chansons scouts et un disque de musique classique j'ai rien le droit d'écouter ? Je connais aucun chanteur, aucun film dont parlent mes copains de classe. Il me gonfle Papa ! Quand je vais revenir tout le monde aura fêté Halloween sauf moi, tu te rends compte que j'ai jamais fait une sortie du soir, A MON AGE ?!" Arf... "C'est quoi ma puce les chanteurs et les films ?" ; "Ben... Y parlent de Hélène Séguara, de Scream et même d'un truc Gladiator et puis ils ont tous vu les Visiteurs et moi pas..." Okokokokokok... "Bon", lui dis je. "Pour les Visiteurs et Hélène Séguara tu loupes rien mais si tu insistes j'ai la k7 du film et je peux te trouver quelques chansons d'elle sur internet. Pour Scream ça m'étonnerait qu'ils aient vu ça à 11 ans tes copains, moi même je ne l'ai regardé que d'un oeil y'a à peine deux ans ;o) Quant à Gladiator, hum... Comment dire... C'est un très bon choix et j'ai aussi la cassette mais il y a des scènes qu'il vaut mieux que je te raconte plutôt que tu les regardes (et Dieu sait que ça me crève le cœur de te dire ça héhé) Tu sais pendant l'ère romaine les types c'était pas le genre à faire du tricotin !"  Ravie apparemment de voir que je connaissais et que je pouvais lui parler de ce que, elle, ne connaissait pas, M a retrouvé le sourire : "dis tu m'expliqueras comment avoir l'air cool, Scrib ?" ; "Mais oui mon cœur, après 4 jours avec ta tante tu seras "Bat"... Arf, non, oublie "Bat", ça se disait même plus de mon jeune temps héhé, si on essayait ces collants à pattes de squelette avec cette petite mini jupe, je suis sûre que tu seras très cool dedans !"... Et la voilà déjà repartie. A mercredi Pouic Pouic :o) mon manuscrit m'attend !

 

météo intérieure du jour : 

Jour précédent/ Jour suivant/ Il y a un an...

Revenir au sommaire

Pour m'écrire, cliquez ci dessous

Inscrivez votre e-mail pour être avisé lorsque ce site sera mis à jour.

Ajout Retrait