Dimanche 30 Septembre 2001
"La femme est un roseau dépensant."
Jules Renard
11h47 : Trois nouveaux textes sur la page anniversaire, deux mots et un excellent plasticage, heu... pastichage, pardon ;o)
Tandis que maman prépare sa fameuse blanquette de veau je me coince le pied dans mon clic clac. Outch, un doigt de pied qui fonce sous l'eau froide et moi criant "ça lance, ça lance" comme dans le père noël est une ordure... Un nouveau pastiche qui m'arrive. Je le lis avec attention... Diantre que j'ai l'impression d'être conne quand je lis vos imitations ! Y'en a que pour les fringues, Gladiator, ma mère et mes onomatopées... P'têtre que je suis bien cette jeune personne frivole sans consistance qui ne pense qu'à dépenser le moindre sou qu'elle n'a pas durement gagné... Hum. Peut être ne suis je pas que cela non plus mais que c'est plus drôle de me faire parler de ça que d'autre chose. Exercice périlleux que je prends finalement très bien puisque je ris de mes propres déconfitures. Voyez à quoi ça tient d'être un peu honnête héhé. Qu'importe, l'autodérision c'est bon pour le moral. Il faut rire de ses travers et accepter la critique, d'autant plus quand celle ci est effectuée d'une main de maître ! Merci à ceux qui se sont prêté au jeu.
Je me sens un peu gourde maintenant de vous parler de mes conditions de travail. Allez, qu'importe, restons cette Scribouilleuse qui amuse le peuple ;o) A quoi bon a eu l'œil, encore une histoire de patron. Enfin non, de collègue haut placé. Un certain Giovanni (je vous jure que ce n'est pas un pseudo !!!) qui me fait du plat au bureau. Les autres collègues m'ont prévenues que chaque "nouvelle tête" y avait droit. Il me dit que mon prénom est joli, me demande quand je déjeune avec lui. Je lui réponds le 6ème jeudi du mois. Il ri. Meeerde ! Mais qu'est ce qu'on en a à foutre de cette histoire d'abord ? Je suis en train de me caricaturer moi même ou quoi ??? Pfff... Je ne me sens pas plus de vous raconter la peine que j'ai eu de voir cette pauvre opératrice de saisie qui a 14 ans de boite, une fille qu'elle élève seule car veuve, et qui a hurlé toute la journée de vendredi contre la direction, qui a brandi haut et fort sa lettre de démission pour finalement revenir du "recadrage" douce comme un agneau parce que la direction lui a dit : "Voyons Gigi, tu ne peux pas nous quitter tu es une pièce maîtresse de l'entreprise, on a besoin de toi !". Non, je ne vous le raconterai pas. Cette fille on ne l'augmentera jamais, on l'a flattée pour qu'elle se calme mais on ne l'a considère pas... Je l'ai trouvé tellement idiote de tomber dans ce panneau simpliste ! Quand je l'entends dire à ses collègues "Alors jui ai dit comme ça... Qu'il fallait que je vouaille... S'ils me croivent pas c'est kif kif..." Je suis atterrée... Je souris bêtement et oui, A quoi bon, j'attends que les deux semaines se terminent au plus vite.
Maman est repartie voir Nona à l'hôpital. Je vais encore passer pour une lâche de dernière classe mais je ne me sens pas capable de la revoir, en milieu hospitalier, rendant tripes et boyaux. Je lui ai fait envoyer des fleurs, je lui ai écrit une carte mais je n'ai pas la force de la voir souffler et dépérir. Je m'explique. J'ai déjà souffert moi même de douleurs indicibles (notamment lorsque j'ai eu des calculs rénaux et des opérations stomatologiques effectuées par un boucher, quand j'ai donné des litres de sang, quand j'ai survécu à une urographie de plusieurs heures...) Quand je vis ces expériences je résiste, je serre les dents (quand je peux) et je me plains rarement. Seulement quand il s'agit de voir les autres souffrir je n'oppose aucune résistance, mon cœur bondit, mes jambes tremblent je suis au bord de l'évanouissement, blanche comme un linge. Parce que je ne suis pas la personne qui vit la chose. Je ne peux pas juger de ses limites, je ne sens pas ce qu'elle sent et je sais que n'importe quoi peut arriver, surtout des choses auxquelles je ne saurai sans doute pas faire face. Je préfère vivre ce qu'elle vit que devoir la regarder le vivre en étant impuissante. Je suis plus traumatisée de voir le samu ramasser quelqu'un dans la rue que d'être moi même cette personne. Je n'arrive pas à m'expliquer cela !
La pire chose que vous puissiez me faire subir serait de m'emmener aux urgences à 5h du matin. Je l'ai déjà vécu et j'ai cru mourir. ça sent la pisse, le reste... Les clochards dernier stade envahissent les toilettes, des grands blessés arrivent et vous, vous regardez ça les yeux grands ouverts comme autant de claques dans la gueule. Quand j'y suis moi même allée la dernière fois, je faisais une crise suite à une injection de morphine. J'avais une nausée irrépressible, je tremblais comme une feuille, j'étais toute verte (pour de bon, c'est très impressionnant) mais j'ai tenu le coup et je me suis évanouie plutôt que de voir ce spectacle. A peine réveillée et suite aux examens j'ai pris mes jambes à mon coup et me suis jurée de ne plus jamais avoir à revivre ça. Non pas la douleur, les vertiges, la morphine et le reste mais ce spectacle de la souffrance et de la déchéance humaine. La dernière fois que j'ai pénétré dans un hôpital c'est quand mon père a eu son attaque... J'ai fait face parce que c'était lui, et personne d'autre. Vous comprenez pourquoi je ne suis même pas foutue de regarder un épisode d'Urgences. Arf... Mais que va t on faire de moi ?
17h56 : Préparatifs
Ma tenue de working girl est prête pour la grande journée qui m'attend demain (Bien entendu que je mets mes nouvelles bottes ! Quelle drôle de question !) Mon book est prêt également. Mon ongles sont as perfect as possible (je ne me les ronge plus depuis 5 mois ! Applause...), mes cheveux rougeoient de mille rouges automnaux et dans ma besace j'ai préparé ma convocation de "jurée" et mon contrat de travail. J'ai fait toutes mes lessives, ai repassé et plié mon linge dans l'armoire (je n'ai pas le clic clac assez profond comme Miss Loomi) et j'ai bien entendu fait mon petit ménage dominical qui confère à ma chambre, outre un aspect habitable, un parfum Vanille Lys tout à fait indigne de la grosse fumeuse que je suis. Je n'ai pour ainsi dire, plus qu'à me coucher. Bien entendu j'ai des rendez vous à assurer avant de plonger dans le sommeil : ma tantine doit me téléphoner à 19h, je me dois de ne pas louper le E=M6 où Pikachu fera sa première apparition télé et également vider aussi quelques unes de mes vieilles cassettes vidéo qui traînent depuis 8 jours en attendant d'être vues. Devant cet agenda de ministre, je me vois dans l'obligation de vous laisser. Que les grands malades se fassent soigner et que les petits boivent de la tisane au miel. C'était le mot de la fin. Bien le bonjour chez vous !
P.S : Un nouveau petit mot sur la page anniversaire :o)
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