Dimanche 14 Octobre 2001

"Quand une femme accorde un rendez-vous, elle ne sait jamais si elle consentira ou

 si elle ne consentira pas. C'est même pour le savoir qu'elle donne le rendez-vous."
Tristan Bernard 

 

11h14 : Tempête sous un crane

Couchée à 2h30 après avoir passé une heure au téléphone avec Carry qui me coach pour ce rendez vous à venir. "Ne te renie pas Scrib, reste comme tu es, ne change pas ton attitude, c'est ce qui fait que tu es toi ! Ne joue pas la comédie, dissimule un peu, mais surtout pas trop... Laisse le t'embrasser s'il faut..." ; "Mais voyons Carry, on ne s'embrasse pas au premier rendez vous ? Si ?" J'ai une terrible boule au creux de l'estomac. Il va appeler vers 13h et j'ai peur que les mots sortent tout seul : "on annule..." Cela fait si longtemps que je n'ai pas fait cela. Je ne sais plus comment on fait ! At first i was afraid, I was petrified... Est ce que j'ai la force, tout compte fait, de tout recommencer ? Je suis fatiguée de ces jeux là. Je me trouve des excuses : il est trop direct, il ne sera là que les week end, qui me dit qu'il n'a pas une fille dans chaque port ? (bien qu'aux dernières nouvelles Munich ne soit pas, à proprement parlé près de la mer), il travaille en allemand (et cela plus que tout m'intimide ;o). Qu'attend il de moi ? Se dit il que c'est du "tout cuit" parce que je lui ai donné mon numéro ? Je ne sais même pas recevoir un compliment, comme vais je supporter une après midi entière de séduction exacerbée ? Je me rassure aussi, un peu, il faut bien : il m'a connu en position de winneuse avec plusieurs personnes me faisant la cour, j'étais habillée comme pour un mariage (d'ailleurs c'était un mariage, damned !) je lui plu dès le premier regard, il a rappelé... Et si ce n'était qu'un rebound, hein Mireille ? C'est comme ça que je dois le prendre ? Je me sens si petite, si timide : je vais être ridicule !!! Une grande fille comme moi qui glousse et rougis à chaque mot c'est pas moi ça !! Et pourtant si, c'est moi aussi. Olala mes pauvres amis... Déjà je ne recrée plus son visage en pensées, je l'ai oublié. Je l'avais jusqu'hier et je l'ai perdu. Il s'est volatilisé à mesure qu'il me parlait.  J'étais pas si emballée que ça finalement si je me souviens bien. Si ? Ah bon. ça me stresse qu'il soit si sûr de lui, je sais que c'est ce qui me plait aussi... Vous allez voir qu'il sera scorpion lui aussi. Arf. Je me décomposerai sur le champs ! Je me demande si j'assumerai les bottes finalement... En vérité, j'ai envie de me cacher au fond d'un sac de toile... Un jean fera très bien l'affaire... Mais c'est pas possible ! En plus d'être gourde je ne vais pas me rendre moche ! Mon Dieu, déjà 11h30... Olalala...

 

20h06 : Bene, bene...

Papa est rentré peu de temps après moi vers 19h avec un prometteur : "comment va ma grande fille ?" Ils me font chier ces parents à changer d'humeur plus que de chemises ! Il m'a demandé de mes nouvelles et j'ai expliqué dans les grandes lignes mon dilemme de ces derniers jours concernant les karatékas. Pas de réflexion désagréable... Je suppose qu'il n'en mène pas large à cause de ses deux rendez vous à l'hôpital demain (révision des 30 000 km du pace maker...) Je l'ai fait jouer à un super test "cochon", comme maman d'ailleurs que Clotilde m'avait envoyée (merci m'dame c'était terrible !!) Comme c'est trop drôle, voici nos petits dessins :

Seuls ceux qui connaissent sauront les décoder :o) Désolée je ne donne pas le truc. Tout que j'ai à dire c'est qu'on a tous mis de grandes queues aux cochons ;o) Bon, je ne vous fait pas languir plus longtemps... Voici le résumé de ma sortie avec Manu :o))

 

Il m'a appelé à 14h15. Il s'était levé vers 10h mais s'est rendormi après le petit dèj et il était tout paniqué de se réveiller à cette heure là. Arf. Quant à moi, à l'heure de son appel, je me faisais brusher les cheveux par une maman attentive et aux petits soins. Maquillage parfait, tenue extra. J'attendais son appel comme une désespérée (wow, c'est bon de l'avouer ici ;o) Bien entendu je lui ai fait croire que je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était et que je sortais à peine de table. (Morte de rire... Maman et moi avons mangé un bout de lapin sur un coin de table toutes seules, l'oreille tendue pour guetter le téléphone...) Il m'a donné rendez vous à 15h près du QG. J'arrive un quart d'heure avant, histoire de me remettre de mes émotions et appelle Carry pour un dernier raccord... Trop cool, elle attends au téléphone avec moi (je suis une véritable assistée :o) Je suis assise sur une petite chaise en fer, les jambes très fémininement croisées... Il arrive à l'heure, il est toujours plutôt pas mal, je le reconnais tout de suite. Il est au téléphone et moi aussi. On raccroche, je me lève Sccccrrrrriiiitch... La boucle de ma botte vient de faire un énorme acro à mon collant résille. Je suis maudite. A me voir je suis sûre qu'on dirait que je viens d'avaler du poison. On se fait la bise. 2. Il a mis un chouette parfum (vraiment pas le genre "scorpio" voyez ? ;o) On va s'asseoir à une table dehors. Bien entendu deux secondes plus tard il se met à pleuvoir. Il met une heure à se commander un plat. Pire que Sally dans "Quand Harry rencontre la fameuse Sally". Finalement il choisi de prendre un truc très risqué "des oeufs brouillés sur muffins avec saumon fumé". Il n'a pas pris le truc à l'ail et aux beans... Olala pourquoi n'a t il pas pris ça ? Il compte sûrement m'embrasser alors ?

 

Je suis totalement et tragiquement coincée... Il en profite. Il parle fort, de manière à souligner le fait qu'il est à l'aise, fait de grands moulinets de bras et paaaaaffff... Le verre de la voisine explose littéralement, renversant son contenu sur le pantalon de la dite voisine, des bris de verre clairesèment son assiette. Alors Manu ? Héhé on fait moins le mariole là ? Rouge et confus il s'excuse, courre chercher le serveur, bafouille mille maladresses et se rassoit. Là, y'a 1 partout, on peut reprendre sur de bonnes bases. Héhéhé... En vrac, on a parlé de Nini (Il a le même nom de famille qu'elle et je l'ai toujours trouvé génial, alors forcément je veux bien me marier avec lui ;o) on a évoqué le concert de luth, bataillant sur le fait que c'était du baroque ou un lai médiéval, on aborde Mozart (avec l'accent autrichien s'il vous plait) Beethoven, Stanley Kubrick, Sade (forcément après Eyes Wide Shut) Quand il me dit que Sade c'est de la gnognotte je lui récite un passage apprit par cœur quand j'avais 15 ans. Il est choqué et je me marre terriblement. Je marque des tas de points et la balance s'inverse... Il insiste pour que j'aborde mon travail et il a l'air soufflé par mes maigres capacités. On s'en vient enfin au cœur du sujet... Je lui explique que contrairement aux apparences (le numéro sur le petit mot qu'il garde religieusement dans son portefeuille, maintes et maintes fois ouvert et fermé) je ne suis pas une fille facile. (pdr) Il m'explique qu'il n'a jamais vécu de véritable histoire d'amour, à peine quelques historiettes de peu. Il aimerait bien comprendre tous ses amis en couple et n'attend qu'une chose : le vivre à son tour. Je lui fais comprendre que c'est bien mon genre... ;o) Je reprends un thé et un peu de poil de la bête. Je suis encore terrorisée quand il me regarde. Ses yeux bleus sont pénétrants. Il observe ma bouche quand je parle et j'ai l'impression d'être vraiment toute nue quand il fait ça. C'est très grisant. On ri énormément mais je me demande quand et comment tout cela va finir. Nous quittons le café pour faire un tour dans le parc. Je suis ravie de voir que mes cheveux s'accordent parfaitement avec les feuilles qui jonchent les pelouses et les plans d'eau. Dieu que je suis futile ! On s'assoie sur un banc et je me mets à flipper comme une malade en chantant dans ma tête : "les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics, bancs publics, bans publics..." Je lui demande d'une manière pathétique quelles sont, grosso modo, ses intentions... Il me donne son numéro de portable, son adresse email et m'explique quand je peux le joindre LES semaines à Munich et LES semaines à Poitiers. Façon de dire, je suppose, que notre histoire durera at least quelques semaines.

 

Je finis par trouver que la torture a assez duré. C'est terrible sa très franche façon d'aborder les choses. Un exemple ? Ok. Il me dit que les rencontres sont très fréquentes aux mariages. Je lui réponds que c'est mon premier. Il me dit qu'il en a fait plusieurs. Je pense "Et il drague toujours comme ça aux mariages ?" Il dit : "et à chaque fois je tchatche une minette..." Je suis atterrée ! Il ne cache même pas son jeu... Pourtant je pense que ce n'est pas un "puant" comme dit Carry. Derrière ce bagou je sens pointer le sensible, le grand timide qui se maîtrise... ça me plait pas mal ce petit combat intérieur... Non, non, il est chou, vraiment. Mais quand même, j'ai ma dose d'émotions. Je lui propose de rentrer. Il est en moto. Celle de son père apparemment. Après une minute interminable il me fait la bise. 2. Je m'enfuis très vite et mets un point d'honneur à ne pas me retourner. Je sais que cette après midi j'ai soufflé en experte le chaud et froid et de manière très anodine je lui ai raconté une anecdote où j'avais dragué un gars pour le planter au moment du baiser. Voilà qui, pensais je, m'assurerait un bon moyen de me carapater sans que nos bouches se touchent... Ce fut donc le cas. Je sais que je me serais au moins évanouie et ça aurait fait trop désordre... On verra ça au prochain rencard. Parce que oui. Je suis confiante, il y aura un autre rencard, le week end prochain je pense... Il doit me rappeler ce soir ou cette semaine depuis Munich et puis on a aussi prévu de s'écrire un mail. Mes sentiments sont très mitigés. J'ai grandement besoin d'être secouée. Figurez vous que je regrette énormément de ne pas avoir reçu un baiser et qu'en même temps il m'apparaissait parfaitement aberrant d'un fabriquer un le moment voulu. Arf. Les femmes, ces êtres au cœur insondable ! Je suis rentrée pendue au téléphone avec Chiara et me voici. Un peu dîné, on a bien ri à table, maman était très impatiente de savoir et je lui ai fait l'aumône de quelques détails ;o) Papa qui a tout de suite demandé "et que font ses parents ?" Arf. En tout cas on ne pourra pas dire que je n'ai pas suivi le conseil de mon ami Aramis qui me disait encore ce matin : "je suis sûr que Manu n'attend pas trouver quelqu'un d'autre que toi sinon ce n'est pas ton numéro qu'il aurait composé" Très juste n'est ce pas ?

 

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