Mardi 17 Juillet 2001

Montréal : J-14 !

"Voir, entendre, aimer. La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin, au réveil."
Christian Bobin

" Rien n'est plus beau, plus pur, plus vrai que le réveil du jour. Tout est jeune et fier.

Le ciel, les arbres, les terres, tout a une couleur particulière."
Jean-Michel Wyl

"Le réveil commence comme un autre rêve."
Paul Valéry 

 

07h43 : Levée depuis 5h50 ;o)

Phénoménal ! A 7h43 mardi dernier j'étais dans mon bus, douloureusement meurtrie par un réveil toujours trop matinal. Ce matin c'est totalement différent. C'est mon premier vrai jour de vacances et j'ai passé un week end idyllique. A l'aube, quand le réveil a sonné, Russel a foncé sous la douche et je suis partie préparer le petit déjeuner. Nous avons parlé d'hippopotames, de GW Bush et de l'actualité politique française en mangeant nos céréales. Flamboyant, le soleil se levait rendant toutes roses nos joues. Comme c'était naturel de croquer dans nos tartines en riant ! Je vais vous dire un secret : ça change de maman au réveil ;o) Je ne me suis pas recouchée, je suis venue mettre Franck Sinatra sur la platine et j'ai fait ma revue de presse online et répondu à des mails en sirotant mon thé pollué de miettes. A 10h j'ai rendez-vous avec Chiara pour faire les boutiques. Mais comment la vie peut elle être si merveilleuse et si gracieuse pour moi ? C'est fantastique d'avoir la chance de vivre ce que je vis à cette heure !

 

Russel est arrivé vers 18h45 au vidéo club (il était temps, j'allais devenir championne de body building ;o). Nous avons trouvé à la dernière minute Scary movie ce qui, vous l'imaginez, m'a grandement fait plaisir. Après avoir fait un rapide tour sur le net nous nous sommes préparés à dîner. Voulant profiter à fond de la soirée j'ai légèrement activé le service de table. Russel en étouffait, arf. Houmous et blinis, pâtes bolognaises, tartelettes aux framboises et pop corn devant le film que nous avons vu juste après. Je crois que Russel ne s'attendait pas à un film aussi graveleux, ça me tord de rire de la voir s'offusquer des blagues salaces quand moi "la fille", j'en rigole comme une âne. Il m'a dit "ça m'étonne que tu te marres à ça !?" (je crois qu'il me prends pour une fille délicate et distinguée héhé) C'étais bon enfant quoi :o) Nous avions plus ou moins abordé le sujet de sa copine pendant le repas mais le thème le blesse tellement que j'avais du mal à imaginer comment le réconforter. Ce type est aussi coincé dans sa situation amoureuse que j'ai, sans le vouloir, coincé Silvio. Ces garçons ont un besoin vital d'indépendance et de liberté et nous les avons étouffés. Quand je l'entends me dire : "tu sais c'est une fille si gentille, je ne peux pas lui faire ça, mais en même temps je ne l'aime plus" j'entends Silvio parler de moi... Je dois admettre qu'inconsciemment on a dû leur faire un tel chantage affectif, les pousser, les forcer tellement à nous aimer qu'ils n'ont même pas eu le choix. Le plus triste dans ces situations c'est que personne ne veut faire de mal à l'autre et que pourtant on fait des ravages terribles. Je m'en rends bien compte à écouter Russel. Bref, elle est tellement sur son dos qu'il l'a appelé hier soir et qu'il lui a menti. Je me sens mal d'assister à ça, mais pas pour les raisons qu'il croit. Je ne culpabilise pas je pense à ce qu'avec tout l'amour du monde elle a fait de lui : un menteur. Après le film on a fait de nombreux parallèles entre son histoire et la mienne. Il voyait Silvio comme un salaud je lui ai montré que finalement il ne l'était pas tant que ça et qu'elles avaient été nos fautes à sa copine et moi. Finalement il a un peu mieux compris et il sait que plus il attends avant de casser plus dure sera la chute pour elle. Je lui ai fait prendre conscience que l'amour ce n'est pas de la pitié mêlée de tendresse et que dans la vie amoureuse comme au quotidien il ne faut pas fuir les responsabilités, toutes douloureuses qu'elles soient, elles sont inévitables. La rupture, un phénomène inéluctable ? hum ça devrait être un sujet au bas ! "Parce que ce n'était pas elle, parce que ce n'était pas moi" aurait-il pu dire à la fin de la conversation.

 

S'en est suivi une conversation très profonde sur la perte de son papa l'année dernière, ses problèmes existentiels et les miens, nos doutes quant à l'avenir, l'amour, les responsabilités et le douloureux état que c'est d'être "un adulte autonome". Bien sûr nous avons abordé le sujet d'une éventuelle reconversion au Québec mais nous sommes perclus d'angoisses et nous nous sommes insufflés le courage nécessaire pour y réfléchir. C'est déjà ça. Monter un projet. Dans ces cas là, ça dérape vite : "tour du monde en sac à dos", "collocation ensemble dans un gras appart", "cyber philo café en ville" etc... Ah, c'est beau de rêver... Et bien sûr comme on est pas capables, grands gamins que nous sommes de parler sérieusement plus d'une heure, nous avons allumé Internet pour chercher du boulot vers minuit et avons terminé par un chat endiablé avec Madame Lune, présente sur la toile au même moment. On s'est chamaillé au dessus du clavier, lui m'empêchant d'écrire, moi riant à perdre haleine en rattrapant ses phrases "toutes croches" héhé. Cool moment. Vers 1h, finalement nous nous sommes couchés. Lui prenant mon lit et moi celui des parents. J'ai lu un peu pendant qu'il livrait une guerre sans merci contre l'insomnie (son "heure de sommeil" étant passée) et accessoirement contre un moustique rebelle et nous nous sommes retrouvés quelques heures plus tard devant un bon café. Quelle soirée pleine de richesse. Quel bonheur de le retrouver tel que je le connais, d'entendre ses confidences, de lui faire les miennes et de rire ensemble autant que de presque pleurer. 

 

15h22 : Corvée de grand mère

J'ai des feux de signalisation à la place des yeux, malheureusement ils ne sont pas près de passer au vert. Je suis claquée comme une chambre à air et j'ai envie de passer le permis dodo. En direct du ciel, Scrib vous écrit pour vous dire qu'elle est morte de fatigue ! Je reviens de ma promenade sous la pluie avec Chiara. Quel beau mois de Novembre nous avons tout de même... Je suis trempée jusqu'aux os, je tremble comme une vache folle et mes pieds sont tétanisés par le froid (j'exagère à peine) Il faut dire que ce matin je marchais au radar (c'est sans doute pour cela que l'entrée précédente est si nulle, enfin d'après ce que m'a fait savoir Henri qui me croit de mauvaise (foi) humeur ;o) je me suis laissée aller à discuter sur le net avec une collègue diariste et à 9h30 j'ai réalisé que j'allais être grandement en retard... Ce que j'étais d'ailleurs. Avec Chiara j'ai parcouru le Marais, la rue de Rivoli, ai fait quelques emplettes de première nécessité chez Mark & Spencer (provisions de guerre) telles que : des scones, des berry pies, des tranches de pains aux 5 céréales, des bonbons liquorice, du jus orange banane et bien sûr la salade de mon déjeuner que j'ai dégusté sur le bord d'une fontaine et sous une pluie battante. Chiara m'a gentiment traîné avec tous mes paquets à travers H&M et Gap et moi chez Più et Muji. C'est fou le nombre de petites conneries inutiles que j'avais envie d'acheter et que dont pourtant je n'ai pas fait l'acquisition. Une petite halte jusqu'à deux heures devant l'hôtel Dieu où Chiara effectue son stage d'infirmière en chimiothérapie. Nous avons bataillé entre les hommes sandwich, les pigeons voyageurs et les touristes en short et sandales que j'ai été forcé de prendre par deux fois en photo devant notreu dame de péris. Arf. Bientôt moi aussi je jouerai les touristes, moquons nous donc à voix basse :o) Et me voilà, les yeux meurtris de nouveau devant l'écran, attendant l'heure fatidique où je devrai me rendre chez Nona (ordre formel de passer chez elle à la fin des feux de l'amour) Elle me fera du mauvais thé et m'offrira un immonde brownie industriel. Je l'écouterai ensuite, les pensées dans les vagues (il pleut vous dis-je !) me parler du temps ou de la dernière vieille dame qu'elle aura rencontré la veille chez son coiffeur. Telle est ma vie. Par pitié plaignez moi... ;o)

 

P.S : Loomi, ma p'tite Loomi, je ne t'oublierai pas non plus, t'en fais pas, on va vite se revoir au QG :o)

 

météo intérieure du jour : 

Jour précédent/ Jour suivant

Revenir au sommaire

Pour m'écrire, cliquez ci dessous

 

Inscrivez votre e-mail pour être avisé lorsque ce site sera mis à jour.

Ajout Retrait